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Culture

L'auteur d'un documentaire sur les Juifs d'Égypte gagne sa bataille contre la censure

Texte par Priscille LAFITTE

Dernière modification : 26/03/2013

Un bras de fer médiatique et juridique a eu raison du bureau de la censure égyptienne qui rechignait à autoriser la diffusion d’un documentaire d'Amir Ramses sur les juifs d’Égypte. Le film sera projeté dans trois salles au Caire et à Alexandrie.

En plus des blockbusters américains tels que "G.I. Joe : Retaliation" et "Fast and Furious 6", les spectateurs égyptiens pourront voir "Jews of Egypt" ("Juifs d’Égypte"), un documentaire signé Amir Ramses, à partir du mercredi 27 mars, au Caire et à Alexandrie. Qu’un long métrage de type documentaire arrive sur les grands écrans égyptiens est déjà un événement en soi : cela n’était effectivement pas arrivé depuis la sortie de "Tahrir 2011, The Good, the Bad and the Politician" portant sur les 18 jours d’occupation de la place Tahrir, courant 2011.

Le destin des juifs égyptiens

Forte de 80 000 personnes au début du XXe siècle, la communauté juive a massivement émigré en Europe, aux États-Unis et en Israël après 1948. Dans les années 1950, les juifs socialistes et communistes ont, eux, été expulsés de force : leurs biens ont été confisqués, des personnes ont été emprisonnées puis embarquées sur un bateau, leurs passeports ont été confisqués par les autorités. Ces expulsions forcées ont concerné l’ensemble de la communauté juive, quelles que soient ses opinions politiques, de février 1956 à octobre 1957. La guerre de Suez entre Israël et l’Égypte avait alors envenimé les relations intra-communautaires au Caire et à Alexandrie. Aujourd’hui, seuls une dizaine de représentants de la communauté juive vivent encore en Égypte.

La question des juifs émigrés en Israël a été reposée dernièrement par un député des Frères musulmans, Essam el-Erian. Celui-ci a lancé un appel aux juifs immigrés en Israël pour qu’ils reviennent en Égypte afin de montrer ainsi leur désaccord vis-à-vis d’un gouvernement israélien "brutal, raciste et oppressif". Les Frères musulmans seraient-ils prêts à rendre leurs passeports aux juifs d’origine égyptienne et à réparer le tort que leur a causé les autorités cairotes dans les années 1950 ? Le cabinet de Mohamed Morsi s’est empressé de prendre ses distances avec les déclarations d’Essam el-Erian.

Reste que le destin de "Jews of Egypt" qui exhume le passé trouble des expulsions de juifs hors d’Égypte et la fermeture progressive du pays à toute cohabitation judéo-musulmane dans les années 1950, est particulier. Début mars, l’équipe du film s’est heurtée aux réticences de la Sécurité nationale, organe de renseignement du ministère de l’Intérieur, qui a nourri des a priori sur le film, rapporte le réalisateur Amir Ramses. "Le mot ‘juif’ équivaut aujourd’hui à ‘espion israélien’ dans la bouche de la plupart des Égyptiens, dans les manuels scolaires et dans la tête des agents de la Sécurité nationale. Du coup, personne n’imaginait que je pouvais montrer, dans ce documentaire, que des juifs égyptiens n’ont pas été d’accord avec la politique israélienne", explique ainsi le jeune réalisateur Amir Ramses, qui fut l’assistant du célèbre cinéaste égyptien Youssef Chahine.

La peur des émeutes

Lorsqu'il dépose une demande d’autorisation de projection pour le 13 mars, il s’attend pourtant à ce que ses démarches ne soient qu’une formalité. Depuis trois ans, ses rapports avec le bureau de la censure, au ministère de la Culture, sont au beau fixe. Autorisations de tournage, projection en avant-première, participation à des festivals internationaux : il ne se heurte à aucun refus. Mais cette fois, l’administration se montre moins conciliante. "Chaque jour, le bureau de la censure avait une excuse pour ne pas me délivrer le permis : il manquait un timbre, une pièce au dossier… et ainsi de suite jusqu’à la veille de la date de projection", explique Amir Ramses.

Le producteur du documentaire, Haitham el-Khamissi, est quant à lui convoqué par Abdessattar Fathi, le directeur de la censure. De l’entretien entre les deux hommes, il ressort qu’un agent de la sécurité travaillant au ministère de la Culture a demandé à voir le film, craignant que - ne serait-ce que par son titre - il n’engendre des émeutes en cette période troublée politiquement et socialement, comme cela avait été le cas avec le court-métrage "L’Innocence des musulmans", en septembre 2012.

Le documentaire arrive par ailleurs sur les écrans à un moment où les relations entre l’Égypte et Israël sont en pleine redéfinition avec l’arrivée au pouvoir de Mohamed Morsi, le président issu des Frères musulmans.

"Nous n’avons pas de lien avec la Sécurité"

Amir Ramses juge, pour sa part, illégale la démarche de la Sécurité nationale. "Cet organe n’a rien à faire au sein d’un autre ministère que celui de l’Intérieur et n’a pas le pouvoir de censurer un film. Mais le ministre de la Culture veut entretenir de bonnes relations avec les renseignements…", affirme le réalisateur.

Officiellement, le ministère de la Culture nie toute tergiversation et reconnaît encore moins entretenir des liens avec les services de renseignement. "Nous n’avons pas de lien avec la Sécurité. Dès que les papiers sont complétés, le permis est accordé", a affirmé à l’AFP Abdessattar Fathi.

Sur ce désaccord s’engage une semaine de bras de fer. Amir Ramses orchestre une campagne médiatique et engage une procédure judiciaire contre le ministère de la Culture. Le 20 mars, le cinéaste obtient gain de cause : il décroche une autorisation de diffusion pour le 27 du mois.

Avec la projection de son film, le jeune réalisateur espère que les Égyptiens s’intéresseront à une part sombre de leur pays. Lui s’y est penché, non pas par atavisme – il est né en 1979 de parents catholiques, et se dit peu religieux – mais parce qu’il y voit une problématique humaine et historiographique passionnante. L’avant-première du documentaire, en octobre 2012, et les discussions qui ont suivi ont fait tellement de bruit que l’équipe de "Jews of Egypt" est confiante sur l’accueil qui sera réservé au film. Les Égyptiens ont là l’occasion de prouver que, depuis la révolution, un débat sur l’histoire du pays devient possible.

Amir Ramses

Première publication : 25/03/2013

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