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Amériques

L'ex-chef de la CIA, David Petraeus, fait son retour sur la scène publique

© AFP | David Petraeus

Texte par Anne-Diandra LOUARN

Dernière modification : 26/03/2013

Resté discret depuis sa démission fracassante de la CIA due à une affaire d'adultère, David Petraeus s'apprête à livrer son premier discours public. Au menu : de nouvelles excuses et un laïus sur l'avenir des vétérans, un thème qui lui est cher.

Pendant plus de cinq mois, David Petraeus faisait profil bas. Après avoir reconnu une relation extraconjugale avec sa biographe, Paula Broadwell, l’ancien chef de la CIA avait présenté sa démission à Barack Obama qui l’avait acceptée le 9 novembre 2012.

L’affaire, surmédiatisée outre-Atlantique, avait signé l’arrêt brutal de la brillante carrière de ce général comptant parmi les plus décorés de l’histoire des États-Unis. Considéré comme l'un des héros de la guerre en Irak après de nombreuses années passées sur le terrain, il avait été nommé en 2010 par Barack Obama chef des troupes de l'Otan et commandant de la Force internationale d'assistance et de sécurité (Isaf) en Afghanistan.

Puis il succèda, le 6 septembre 2011, à Leon Panetta à la tête de la CIA, période durant laquelle il s’employa, entre autres, à convaincre la Maison Blanche de fournir des armes aux rebelles syriens. En vain.

"La vie ne s’arrête pas avec ce genre d’erreur"

Mardi 26 mars, David Petraeus s’apprête à écrire un nouveau chapitre de son histoire. Chapitre dans lequel celui qui a souvent été pressenti pour être le candidat républicain à la présidence américaine va tenter de donner une nouvelle impulsion à sa carrière. Objectif : se tailler un rôle sur mesure en lien avec ses domaines de prédilection que sont l’économie, les énergies et la question des vétérans.

Convié par l’Université de Californie du Sud, l’ex-général donnera, pour la première fois depuis son départ de la CIA, un discours en public, dont le "New York Times" s'est procuré copie. "Je me joins à vous aujourd’hui en sachant pertinemment que vous me voyez différemment de l’homme que j’étais il y a encore un an. Je suis également conscient que ce que je viens de traverser n’est dû qu’à mon propre comportement. Alors permettez-moi de commencer en vous réaffirmant à quel point je regrette les circonstances dans lesquelles j’ai démissionné de la CIA", devra-t-il ainsi dire lors de son intervention à laquelle son épouse, Holly, n’assistera pas.

Son cheminement personnel occupera une place prépondérante dans son discours à en croire le "New York Times". "Je sais que je ne pourrai jamais dissiper, apaiser la douleur que j’ai infligée à mes proches. En revanche, je peux essayer d’aller de l’avant en gardant à l’esprit les valeurs qui étaient déjà miennes avant mes tumultes émotionnels, et réparer, du mieux que je peux, les dégâts que j’ai provoqués. La vie ne s’arrête pas avec ce genre d’erreur. Elle peut et doit continuer."

Le sort des vétérans au cœur de ses préoccupations

Au-delà de cet acte public de repentance, son allocution sera l’occasion d’attirer l’attention sur la condition des vétérans des différentes guerres américaines ainsi que sur le soutien nécessaire aux familles des soldats morts au combat. Il s’agit du thème principal qu’il abordera et qui avait motivé, à l’origine, l’invitation de l’université bien avant que le scandale n’éclate.

L’Université de Californie du Sud est réputée pour son soutien indéfectible à la cause des vétérans américains et sa participation à un programme universitaire d’entraînement des officiers de réserve. C’est donc tout naturellement que David Petraeus placera le sujet au cœur de son discours.

"On a souvent l’impression que sous prétexte qu’un individu a été un très bon soldat, lui ou elle opérera une transition naturelle et sans effort vers sa reconversion au civil. En réalité cette transition est bien souvent un vrai challenge", rappellera-t-il tout en dressant également une liste d’associations de vétérans qu’il tient à soutenir.

De multiples opportunités de reconversion

Depuis plusieurs semaines déjà, le comportement de David Petraeus laissait présager un retour sur le devant de la scène. Confiné chez lui après sa démission, il a commencé depuis peu à renouer avec l’extérieur. Sa nouvelle vie, c’est le conseiller Robert B. Barnett qui l'encadre, un éminent avocat qui compte, pour ne citer qu’eux, les trois derniers présidents américains parmi ses prestigieux clients.

Multipliant les déjeuners et dîners d’affaires avec d’anciens collègues, des responsables étrangers ou encore des membres du Congrès et des experts en politique, Petraeus a  récemment participé à un séminaire sur l’Iran organisé par un institut de recherche de Washington.

Selon le "New York Times", le chef déchu de la CIA aurait d’ores et déjà reçu plusieurs offres émanant du secteur financier. Il serait également question d’un poste académique, mais aucun nom d’université n’a, pour l’heure, filtré.

En outre, il aurait été sollicité par plusieurs grandes entreprises américaines en tant que consultant ou pour participer à des conférences rémunérées comme le font bon nombre d’anciens chefs d’État et de gouvernement, et ce malgré l'ampleur monumentale du scandale. Le signe qu'en Amérique, la voie de la confession puritaine ouvre bel et bien de nouvelles portes. Et ce n'est pas Bill Clinton qui dira le contraire.

Première publication : 26/03/2013

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