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FRANCE

La justice ouvre une enquête sur les menaces à l'encontre du juge Gentil

© AFP

Vidéo par France 2

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 28/03/2013

Le parquet antiterroriste de Paris a été saisi, ce jeudi, de l'enquête sur les menaces de mort parvenues par courrier au juge Jean-Michel Gentil ainsi qu’à trois personnalités des médias accusées d’être des "gauchistes".

Les menaces de mort à l’encontre du juge Jean-Michel Gentil et de trois personnalités des médias ont été prises très au sérieux. La section antiterroriste du parquet de Paris a été saisie, ce jeudi, de l’enquête sur les courriers menaçants accompagnés de cartouches à blanc qui leurs ont été envoyés. Signe de la fébrilité des autorités, la police envisageait à mi-journée de mettre en place des mesures de protection spécifiques.

Ces lettres, dont les textes diffèrent, sont toutes signées par un groupuscule inconnu "Interaction des forces de l’ordre Paris-Melun-Rouen-Caen-Cherbourg-Rennes" (IFO), précise-t-on de sources policière et judiciaire.

Sarkozy suspend son recours dans l'affaire Bettencourt

Nicolas Sarkozy a suspendu tout recours contre sa mise en examen pour abus de faiblesse dans l’affaire Bettencourt dans l’attente d’un avis du Conseil supérieur de la magistrature, a annoncé jeudi son avocat, Me Thierry Herzog.

L’ancien chef de l’Etat avait annoncé la semaine dernière son intention de demander l’annulation de sa mise en examen par le juge Jean-Michel Gentil, tandis que ses proches mettaient en cause l’impartialité du magistrat.

Or la ministre de la Justice Christiane Taubira a saisi mercredi le Conseil supérieur de la magistrature d’un avis sur les conséquences des propos tenus sur l’instruction menée à Bordeaux sur le "bon fonctionnement de l’institution judiciaire".

Nicolas Sarkozy, "respectueux des institutions de la République, m’a demandé de suspendre tout recours, en l’attente de l’avis du Conseil supérieur de la magistrature", a indiqué Thierry Herzog dans un communiqué.
 

À Paris, les journalistes Jean-Pierre Elkabbach, d’Europe 1, et Mickaël Darmon, d’i>Télé, ainsi que le président du CSA, Olivier Schrameck, ont reçu des courriers menaçants signés par le même groupe mais avec des textes différents.

"Gauche totalitaire"

Les lettres, qui accusent sans fondement les personnes visées d’être au service de la "gauche totalitaire", étaient accompagnées de cartouches à blanc.

Le ou les auteurs disent qu’il leur sera difficile d’atteindre le juge Jean-Michel Gentil, qui a mis Nicolas Sarkozy en examen dans l’affaire Bettencourt, mais menacent de s’en prendre à un membre de son entourage ou à d’autres magistrats.

"Certes, vous êtes physiquement bien protégés, nous ne sommes pas encore en mesure d’intervenir dans le Sud-Ouest. Qu’à cela ne tienne, l’un des vôtres va disparaître dans un secteur géographique plus proche et beaucoup moins risqué", dit le texte adressé au magistrat.

"Celui-là va payer de sa vie votre volonté discrétionnaire de déstabilisation du pays par votre assujetissement à la gauche totalitaire, soixante-huitarde", poursuit le texte.

Le texte ne comporte aucune mention directe à l’affaire Bettencourt ni à Nicolas Sarkozy, mis jeudi dernier en examen dans ce dossier pour abus de faiblesse par le juge Gentil, souligne-t-on au Syndicat de la magistrature.

Toutefois, les syndicats de magistrats lient l’envoi de ces courriers au climat provoqué par les réactions virulentes des proches de l’ancien président à sa mise en examen et en appellent à la "responsabilité".

"Juges rouges révolutionnaires"

Le député UMP Henri Guaino, qui avait lancé une charge virulente contre le magistrat, a dit ne se sentir aucunement responsable des menaces de mort et a maintenu son "jugement très dur" sur l’attitude du juge Gentil.

"Les menaces de mort contre un juge ou contre n’importe qui sont insupportables, totalement condamnables", a dit l’ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy sur BFM-TV et RMC.

Le texte accuse à tort, selon une source proche de l’enquête, Jean-Michel Gentil d’être membre du Syndicat de la magistrature, qualifié de "groupuscule de juges rouges révolutionnaires".

"Vous finirez comme vos tristes prédécesseurs lorsque nous aurons pu vous atteindre personnellement ou, à défaut, un membre de votre entourage", peut-on lire.

L’IFO précise que sa lettre au juge ne comporte aucune empreinte, ni trace ADN, et que la référence de levée du courrier ne permettra pas de remonter jusqu’à lui.

L’enquête a été conjointement confiée, côté police, à la direction centrale de la Police judiciaire et à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), a-t-on précisé de source policière.

Mais la section antiterroriste de la brigade criminelle pourrait être saisie à son tour, l’affaire étant centralisée par la section antiterroriste du parquet de Paris.

Avec dépêches

Première publication : 28/03/2013

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