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Afrique

Témoignage exclusif d'un ancien prisonnier "personnel" de Bozizé

© DR

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 31/03/2013

Incarcéré durant cinq mois hors de tout circuit judiciaire dans la prison spéciale Camp de Roux, Le Centrafricain Mackpayen témoigne de ses conditions de détention sous l’ex-président François Bozizé.

Dans une prison baptisée Camp de Roux, en plein cœur de l'état-major des forces armées centrafricaines, ont été incarcérés les prisonniers "personnels" du chef de l'État déchu, François Bozizé. Pendant des mois, voire des années, des hommes y ont été détenus hors du circuit judicaire.

Aujourd’hui libéré par la Séléka, Le Centrafricain Mackpayen témoigne : "J’ai de la chance d’être encore en vie, beaucoup n’ont pas eu cette chance". Cet homme âgé de 41 ans, ancien diamantaire, a vécu cinq mois dans l’enfer du Camp de Roux.

Conditions d’hygiène déplorables

"On vivait à six ou plus, dans une cellule prévue pour une personne", poursuit Mackpayen. Pour nourriture, un café noir le matin et un repas unique servi en milieu de journée. "C’était immangeable", se souvient-il. Pour se laver, les prisonniers se servaient de l’eau des toilettes. "Il faisait très chaud, donc on perdait la peau."

Les geôliers "étaient nos bourreaux, ils faisaient ce qu’ils voulaient. Ils tapaient les gens à coups de crosse de Kalachnikov, même dans les cellules. Les prisonniers étaient blessés. On ne les amenait pas à l'hôpital."

L’entraide au sein de la cellule a permis aux prisonniers de survivre. "On priait tous dans les cellules pour que la rébellion entre à Bangui. Et ils sont venus. Ils ont cassé la porte. Et quand on est sortis, les gens courraient de partout. Certains prisonniers n’avaient pas vu la lumière du jour depuis deux ans !"

Depuis dimanche dernier, la prison est restée en l’état

30/03 Invité Afrique MACKPAYEN LECENTRAFRICAIN
(04:21)

Mackpayen s’était retrouvé dans le collimateur de François Bozizé en raison de son métier de diamantaire, dont le commerce est à l’origine de crises politiques et d’affaires de trafic en Centrafrique. "En 2008, le président de la République avait pris un décret pour fermer les bureaux d’achat de diamants. Il avait organisé un braquage sur le plan national. On a écrit une lettre demandant où étaient partis nos diamants saisis", raconte Le Centrafricain Mackpayen à RFI.

En 2012, quand ce dernier reprend son activité de diamantaire, il est arrêté pour "atteinte à la sûreté de l’État". Bozizé le soupçonne d'avoir fomenté un coup d'État. L'homme reconnaît avoir eu des liens avec la rébellion : "Ce sont des anciens diamantaires, des opérateurs économiques, bien sûr qu’on était en contact". Mackpayen estime cependant que son emprisonnement n'a rien à voir avec la rébellion, puisque celle-ci "n'existait pas encore en tant que telle quand [il a] été arrêté" il y a cinq mois.

Aujourd’hui, Mackpayen "souffre un peu" et dit "avoir mal partout dans le corps", témoigne-t-il sur RFI. C’est avec émotion qu’il revient sur les lieux de sa détention où tout est resté intact, une semaine après sa libération par la Séléka. Les murs portent encore les stigmates de la détention - parce qu'ils pensaient ne jamais en sortir, les prisonniers avaient gravé leurs noms sur les murs.

Première publication : 31/03/2013

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