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Economie

Julian Assange part en campagne pour devenir sénateur australien

© AFP

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 03/04/2013

Le fondateur du controversé site WikiLeaks veut devenir sénateur australien. Pour ce faire, il va lancer depuis son exil à l’ambassade d’Equateur à Londres un parti WikiLeaks. Coup de poker politique pour échapper à la justice ?

Julian Assange, le célèbre fondateur du site WikiLeaks, se verrait bien sénateur en Australie. Celui qui vit reclus depuis juin 2012 à l’ambassade d’Equateur de Londres s’apprête, samedi 6 avril, à lancer officiellement le WikiLeaks Party. Une nouvelle formation qui, il l’espère, lui permettra de décrocher un siège lors des élections sénatoriales australiennes du 14 septembre 2014.

“C’est un candidat sérieux au Sénat, ce n’est pas un effet de manche”, a assuré Greg Barns, un avocat partisan d'une rupture de l'Australie avec la monarchie britannique qui doit mener la campagne en lieu et place de Julian Assange. Ce dernier, qui est citoyen australien, ne peut, en effet, pas quitter son asile diplomatique sans risquer d’être arrêté par la police britannique puis extradé vers la Suède où il est sous le coup de poursuites judiciaires pour agressions sexuelles.

Même s'il devenait sénateur australien, Julian Assange ne pourrait pas pour autant quitter sa prison dorée. La protection parlementaire accordée aux élus australiens ne couvre, en effet, que leurs déclarations dans l’hémicycle du Sénat.

Mais Julian Assange espère que cette éventuelle nouvelle donne politique pourrait amener les États-Unis - qu’il accuse d’être derrière tous ses déboires judiciaro-diplomatiques - à le laisser tranquille. Washington s’en est, en effet, ouvertement pris au fondateur de WikiLeaks depuis que le site a publié, novembre 2010, des centaines de milliers de câbles diplomatiques confidentiels américains.

Les États-Unis ne voudront “pas provoquer une bataille diplomatique internationale [si je suis élu]", déclarait, en février 2013 au site d’informations australien The Conversation, le fugitif australien en évoquant pour la première fois ses ambitions politiques. Il estime que si Washington lâchait du lest, Londres ferait de même. Il pourrait ainsi quitter l’ambassade d’Equateur pour l’Australie.

Transparence et autodétermination des Aborigènes

Le chemin pour en arriver là n'est cependant pas sans embûches. Son WikiLeaks Party dispose depuis samedi 30 mars d’un site internet permettant d’y adhérer. Mais le temps presse : le mouvement doit, en effet, trouver 500 membres avant la semaine prochaine pour avoir le droit de concourir aux élections sénatoriales. Pour l’instant, aux côtés de Julian Assange et Greg Barn, le parti peut aussi compter sur John Shipton (le père biologique de Julian Assange) ou encore Omar Todd, un réalisateur australien et spécialiste en sécurité informatique. Greg Barn affirme que les inscriptions vont bon train et que l’objectif devrait être atteint avant la date limite.

Pour séduire l’électeur et l’éventuel militant, le WikiLeaks Party cherche à transposer dans sa plateforme politique les valeurs de transparence qui ont fait la renommé du site. Son objectif affiché est de faire toute la lumière sur les agissements des autres partis politiques australiens ou des grands groupes économiques. Son programme aborde également des sujets plus propres à l’Australie : ainsi le mouvement se prononce en faveur du droit à l’autodétermination des Aborigènes.

“Julian [Assange] bénéficie d’un large soutien auprès des nombreux Australiens sensibles aux problèmes de vie privée en ligne et d’activisme sur l’Internet”, croit savoir Greg Barn. Mais est-ce suffisant pour atteindre les 15% de voix dont Julian Assange, qui se présentera dans l’État de Victoria (sud de l’Australie) a besoin pour se faire élire ? 

Première publication : 02/04/2013

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