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Afrique

Grève dans les centres d'appels du géant français Téléperformance

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 02/04/2013

Téléperformance, le géant français des centres d’appels, essuie un vaste mouvement de grève en Tunisie, où l’entreprise emploie quelque 5 400 personnes. Le pays est en proie, depuis plusieurs mois, à des conflits sociaux d’ampleur.

La colère couvait depuis fin février en Tunisie chez les employés de Téléperformance, le leader mondial des centres d'appel. Elle a finalement éclaté. Une grève de trois jours a été décrétée lundi à Tunis chez le géant français qui compte parmi ses clients Orange, SFR ou bien encore Numericable. En cause : les salaires, des licenciements jugés abusifs et le dernier accord sur l’évolution des carrières non respecté, selon les syndicats.

La grogne a commencé fin février, lors du licenciement d’un téléopérateur. Aux dires des syndicats, il s’agissait du dernier exemple en date d’une longue liste de renvois abusifs. Le 26 février, six syndicalistes s’enferment plusieurs jours durant dans une salle de réunion du siège de Téléperformance. Trois s’y trouvent toujours. Puis des grèves de la faim sont décrétées, suivies de manifestations…

Mongi Ben Mbaret, qui dirige la section poste et télécommunications de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), le principal syndicat du pays, affirmait lundi, au premier jour de la grève, que le mouvement était suivi par 80 % des 5 400 salariés tunisiens du groupe. Selon la direction en revanche, 53 % se sont déclarés grévistes.

"Pression psychologique"

"Beaucoup d’employés sont des gens dans le besoin qui ont des crédits sur le dos ou font manger leurs enfants grâce à ce salaire, explique un employé intérimaire, non-gréviste, souhaitant garder l’anonymat. Donc les responsables jouent beaucoup sur la pression psychologique en brandissant la menace d’un licenciement si les employés ne font pas ce qu’ils demandent…"

En moyenne, pour une quarantaine d’heures de travail, un téléopérateur gagne entre 450 et 500 dirhams tunisiens par mois, primes comprises, soit 220 à 244 euros. Qu’ils travaillent depuis dix ans ou quelques mois, le salaire reste, selon les syndicats, pratiquement le même, sans évolution possible au sein de l’entreprise. "Il y a un sentiment d’injustice, poursuit l’employé. Le groupe gagne des milliards, bénéficie d’exonérations fiscales, mais paye une misère ses téléopérateurs, ceux qui rapportent de l’argent".

La direction du groupe en France affirme quant à elle "rester particulièrement attentive au respect de ses obligations sociales et sociétales". Elle assure également avoir accordé des augmentations de salaires en 2012 et 2013 supérieures à ce qui était prévu dans l’accord signé en 2010. "Des contacts ont lieu avec les grévistes, les autorités, la centrale UGTT et la direction de l’entreprise pour aboutir à une solution", a assuré Téléperformance à l’AFP.

Le groupe français n'a donné aucune indication sur les perturbations enregistrées par ses clients et leurs usagers en raison de ce conflit social.

Les grèves et mouvements sociaux, certains violents, se sont multipliés ces derniers mois en Tunisie, sur fond de mécontentement face à la hausse des prix et au chômage, plus de deux ans après la révolution qui a abouti, en janvier 2011, à la fuite de Ben Ali.

 

Première publication : 02/04/2013

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