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Les musulmans du Sri Lanka pris pour cible par des bouddhistes intégristes

© AFP | La devanture de la boutique attaquée le 28 mars

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 04/04/2013

Les agressions contre la communauté musulmane se multiplient ces dernières semaines. Les autorités attribuent ces actions à des moines bouddhistes extrémistes. Signe d'un bouleversement idéologique en Asie du Sud-Est ou simple crise ponctuelle ?

La scène se déroule le soir du 28 mars dans la banlieue de Colombo, la capitale du Sri Lanka. Alors qu’il s’apprête à fermer boutique, un commerçant musulman voit son magasin mis à sac par quelque 500 Cinghalais. La foule, qui jette des pierres contre l’enseigne, insulte également le propriétaire, raconte le correspondant de la BBC Charles Haviland. Plusieurs personnes, dont des journalistes, sont blessées durant la bousculade.

Ces derniers mois, le Sri Lanka, à très grande majorité bouddhiste (70 %), a vu se multiplier le nombre d’agressions à l’encontre de la communauté musulmane, qui représente moins de 10 % de la population de l’île. Outre l’attaque de leurs commerces, les musulmans sri-lankais déplorent des actes de vandalisme de plus en plus fréquents contre les mosquées et dénoncent le boycott de nombre de leurs boutiques.

Autant d’agressions qui ont conduit le principal partenaire du gouvernement de coalition du président Mahinda Rajapakse, le Congrès des musulmans du Sri Lanka (SLMC), à dénoncer des "campagnes d'attaques et de haine" contre les musulmans, tandis que les autorités ont attribué ces actions à des moines bouddhistes extrémistes.

Des bouddhistes s'en prennent à un magasin tenu par des musulmans, le 28 mars

L’islam, un "envahisseur"

Comment expliquer ce regain de violences interreligieuses alors qu’en Occident le bouddhisme renvoie l’image d’une religion tolérante ? Selon Raphaël Liogier*, spécialiste du bouddhisme et directeur de l’Observatoire du religieux à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, la colère des bouddhistes est avant tout liée à un sentiment de concurrence religieuse. Même s’il n’est encore qu’ultra-minoritaire dans le pays, le "succès" de l’islam auprès des classes populaires sri-lankaises fait ressurgir un sentiment de "danger" chez les Cinghalais.

"Le Sri Lanka a construit toute son identité autour du bouddhisme. Il faut bien comprendre que, sur l’île, le bouddhisme n’est pas une simple religion mais une identité culturelle profonde, une idéologie d’État", explique à FRANCE 24 le chercheur. Or, depuis quelques années, un "élément conjoncturel" vient bousculer cette institution : l’islam. "Si je devais vulgariser, je dirais que les moines bouddhistes fanatiques considèrent les musulmans comme des envahisseurs qui menacent l’identité même du Sri Lanka. Ces bouddhistes ont donc le sentiment qu’ils doivent résister à l’envahisseur", poursuit-il.

Une résistance qui s’organise autour d’un mouvement politique particulièrement radical : le Bodu Bala Sena (BBS). Considérée comme un groupe "fasciste" selon le diplomate sri-lankais Dayan Jayatilleka ou encore "pernicieux" selon l’"Asian Tribune", cette formation, créée il y a dix mois, connaît un succès populaire "inquiétant", explique Raphaël Liogier.

Des Cinghalais en campagne pour le retrait du label halal

Retrait du label halal

Surfant sur l’idée d’une crise identitaire inéluctable, le BBS a réussi à étendre son influence sur le terrain politique. Mieux : le 11 mars, il a obtenu le retrait du label halal sur les viandes commercialisées dans le pays. Les industriels de l'alimentation au Sri Lanka fabriquent en effet depuis longtemps tous leurs produits en utilisant des méthodes halal, pour une question de coût principalement.

Les moines bouddhistes ne comprenaient pas pourquoi la minorité religieuse contraignait la majorité de la population à consommer des aliments préparés selon les préceptes de l'islam. Après une longue campagne de boycott, ils ont donc fait plier la "All Ceylon Jamiyyathul Ulama" (ACJU), la principale organisation islamique de l’île, qui a justifié cette décision historique au nom de la paix entre les religions. "Comme dans toutes les croyances, on s’aperçoit qu’il existe dans le bouddhisme une frange ultra-radicale qui va à l’encontre du fantasme collectif selon lequel seuls les musulmans peuvent connaître ce degré d’extrémisme", précise Raphaël Liogier.

Reste à savoir si cette radicalisation reflète une crise ponctuelle ou est le symptôme d’un bouleversement idéologique plus profond en Asie du Sud-Est. "Ce qui me préoccupe, c’est que ces tensions s’étendent en Birmanie où l’on constate des similitudes avec les violences au Sri Lanka. Et je crains, en fait, que la crise d’identité que traverse le pays n’en annonce une bien plus profonde, qui touchera dans les prochaines décennies tous les pays d’Asie du Sud-Est", conclut Raphaël Liogier.

* "Le mythe de l'islamisation", Raphaël Liogier, éd. du Seuil, 2012.

Première publication : 03/04/2013

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