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SPORT

Paolo Di Canio, le nouveau manager de Sunderland, est-il fasciste ?

© AFP

Texte par Stéphanie TROUILLARD

Dernière modification : 07/04/2013

En nommant Paolo Di Canio comme entraîneur de Sunderland, les dirigeants du club anglais provoquent la polémique. L'ancien joueur italien, à la réputation sulfureuse, n'a jamais caché par le passé son admiration pour Mussolini et le fascisme.

Depuis sa nomination le 31 mars à la tête de l’équipe de Sunderland pour remplacer Martin O'Neill, Paolo Di Canio crée des remous en Premier League, le championnat anglais de football. Cet ancien attaquant italien de 44 ans, reconverti comme coach, est surtout connu pour ses positions politiques controversées. Au milieu des années 2000, alors qu’il était joueur et capitaine de la Lazio de Rome, il avait été sanctionné d’un match de suspension et de 10 000 euros d’amende pour avoir fait à plusieurs reprises un salut fasciste à l’adresse des supporters du club italien.

Celui qui porte un tatouage "DVX" sur le bras en hommage au Duce Mussolini revendiquait alors son engagement. "Je suis fasciste, mais pas raciste. Je fais le salut romain pour saluer mes camarades et ceux qui partagent mes idées. Ce bras tendu n’est pas une incitation à la violence ou à la haine raciale", affirmait-il à l’époque.

Le salut fasciste de Paolo Di Canio

"Une trahison"

Face à ce passé sulfureux, les critiques n’ont pas tardé à pleuvoir sur les dirigeants des Black Cats de Sunderland. Dès l’annonce de l’arrivée de l’entraîneur italien, de nombreux supporters et syndicats de cette région industrielle du nord-est de l’Angleterre ont manifesté leur réprobation.

L'Association des mineurs de Durham, une ville située près de Sunderland, a qualifié la nomination de Di Canio de "trahison de tous ceux qui ont combattu et ont péri dans la lutte contre le fascisme", et demandé au club de revenir sur sa décision. Le doyen de la cathédrale de cette cité minière, Michael Sadgrove, a même écrit une lettre ouverte à Paolo Di Canio pour lui demander publiquement de renoncer au fascisme.

Mais la réaction la plus cinglante est venue du vice-président du club, l'ancien ministre des Affaires étrangères David Miliband, qui a décidé de démissionner de son poste de dirigeant "au vu des déclarations politiques passées du nouvel entraîneur".

"Je ne suis pas fasciste"

En réponse à cette polémique, Paolo Di Canio a préféré garder le silence dans un premier temps, refusant de parler d’autre chose que de football. Il a finalement calmé le jeu le 3 avril dans un communiqué du club où il s’est défendu d’être fasciste : "Je suis un homme honnête, mes valeurs et mes principes viennent de ma famille. Je ne suis pas celui que certains veulent bien dépeindre. Je suis apolitique, je ne suis pas lié à une organisation, je ne suis pas raciste et je ne supporte pas le fascisme".

Pour essayer de mieux cerner le joueur, plusieurs personnalités du monde du football ont été interrogés par les médias britanniques. Son ancien coéquipier Shaka Hislop, originaire de Trinité-et-Tobago, a pris sa défense à l'antenne de la BBC : "Sans aucun doute, je peux vous dire que je ne pense pas que Paolo Di Canio soit raciste. Je peux l’affirmer car il est l’un de mes amis".

L'ancien gardien de West Ham a toutefois demandé à Di Canio d'apporter plus de précisions sur son passé fasciste : "Je voudrais avoir une explication plus claire. Je ne suis pas vraiment convaincu par son salut romain.  Le fascisme peut avoir un aspect plus modéré, mais il y a aussi des éléments extrêmes. Je voudrais savoir à quelle catégorie appartient Paolo".

"Un joueur très sympa"

D’autres joueurs se sont en revanche contentés d'un point de vue purement footballistique sur le nouveau coach de Sunderland. Le capitaine de Chelsea John Terry a loué ses qualités d'attaquant. "J’ai joué contre lui quand il était à Charlton et West Ham. Ses mouvements étaient incroyables et il était un joueur très sympa sur le terrain", a-t-il expliqué au journal "The Guardian".

L’entraîneur de Manchester United Sir Alex Ferguson a également fait part de son admiration pour l'ancien joueur italien: "Je dois avouer que j’aime bien l’homme et son approche du jeu. […] J’aime sa philosophie du football. Il veut garder le ballon au sol plutôt que de jouer dans les airs".

Des qualités qui seront nécessaires à Paolo Di Canio pour relever le défi qui l’attend avec les Black Cats. L’équipe de Sunderland est actuellement 17e du classement de Premier League à un point de la zone de relégation. Il ne lui reste que sept matchs avant la fin du championnat pour sauver la saison. Mais le coach italien est un habitué des missions délicates : en 2012, il a été élu manager de l’année de League 2 (4e division du championnat anglais) après avoir assuré la remonté de Swindon Town en League 1.

La première interview de Paolo Di Canio en tant que manager de Sunderland

Première publication : 07/04/2013

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