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FRANCE

La journaliste Caroline Fourest "traquée" par des anti-mariage gay

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 14/04/2013

Des manifestants hostiles au mariage homosexuel ont hué la journaliste indépendante Caroline Fourest lors d'un colloque sur l'islam samedi, à Nantes. Ils ont ensuite bloqué son train avant que d'autres encore ne la conspuent à son retour à Paris.

Elle les appelle les "enragés". La journaliste indépendante Caroline Fourest a été poursuivie toute la journée de samedi par des opposants au mariage homosexuel qui ont perturbé à Nantes un débat auquel elle participait, avant de bloquer son TGV et de l'attendre à son retour gare Montparnasse, à Paris. La journaliste a expliqué à l'AFP qu'elle avait été "traquée du matin jusqu'au soir".

À son arrivée à Nantes où elle devait animer un débat sur l'islam dans le cadre des journées du Nouvel Observateur - une série de colloques -, elle a été accueillie par "une centaine de personnes" collées contre les vitres de sa voiture, "hurlant et vociférant", l'obligeant à quitter la gare en courant sous la protection d'un cordon policier, a-t-elle raconté.

Le Premier secrétaire du Parti socialiste a dénoncé cette "traque" menée contre Caroline Fourest, n'hésitant pas à qualifier le comportement de ces manifestants "d'actes de terreur idéologique".

Il faut dire que ce ne sont pas moins de 400 militants qui s'étaient rassemblés en début d'après-midi devant la Cité des Congrès à Nantes, selon une correspondante de l'AFP. Quelque 70 militants, âgés de 20 à 25 ans, ont ensuite tenté de forcer le barrage de CRS afin d'entrer dans l'enceinte du bâtiment.

Une dizaine d'opposants sont finalement parvenus à entrer dans la salle de conférence où la journaliste animait le débat. Ils l'ont sifflée dès qu'elle a pris la parole, avant d'être évacués par le service de sécurité au bout d'une dizaine de minutes. "La salle s'est retournée contre eux et leur a crié dehors, dehors", a raconté Caroline Fourest.


À la fin du débat, le public et les intervenants ont dû être escortés par les forces de l'ordre pour éviter les manifestants qui criaient des slogans comme "Hollande nazi", "Hollande fasciste", a constaté une correspondante de l'AFP.

Quelque 200 militants, selon la police, se sont ensuite rendus à la gare de Nantes où ils ont bloqué pendant 40 minutes, en s'allongeant sur le ballast, le TGV à destination de Paris où avaient pris place les intervenants.

À son arrivée gare Montparnasse, à Paris, Caroline Fourest a été de nouveau "accueillie" par 200 manifestants. Elle a dû être encadrée par des fonctionnaires de police pour quitter le bâtiment, selon une autre source policière.

"Ils arrivaient à pousser les CRS, malgré un déploiement policier important. Il y avait un curé en soutane qui brandissait un immense drapeau français", a raconté Caroline Fourest, qui a finalement réussi à quitter la gare. Selon elle, les manifestants étaient des ultra-nationalistes et des intégristes qui avaient été appelés à cette journée d'action sur les réseaux sociaux.

"J'incarne une forme d'intellectuelle engagée qui se bat pour l'égalité. Même si cela ne change rien pour eux, cela les met en rage", a-t-elle noté. Elle a jugé cette action "délirante et hors de proportion. C'est au-delà du happening. Si j'avais été seule, je ne sais pas comment cela se serait terminé".

Avec dépêches

Première publication : 14/04/2013

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