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FRANCE

Pas de Noirs ni d'Arabes pour accueillir Shimon Peres à Paris

© AFP | S. Peres le 8 mars, lors d'une conférence de presse avec F. Hollande

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 15/04/2013

Le protocole entourant l’arrivée du président israélien Shimon Peres à la Gare du Nord à Paris, le 8 mars dernier, fait polémique depuis que le syndicat Sud-Rail a révélé que les salariés arabes et noirs avaient été écartés.

Le 8 mars dernier, le président israélien Shimon Peres arrive à Paris pour une visite de travail de quatre jours, au cours desquels il doit rencontrer son homologue François Hollande, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius ainsi qu’une délégation d’imams français. Son train Thalys, partant de Bruxelles, arrive à la Gare du Nord à 10h35. Aucune photo de presse n’atteste des conditions de cette arrivée. Mais le syndicat Sud-Rail l’affirme et le quotidien britannique DailyMail le relaye dimanche : il y a eu un "étrange marché excluant les Noirs et les Arabes", au sein du personnel d’ITIREMIA, prestataire bagagiste pour le compte de la SNCF.

Le management de cette société aurait réorganisé le planning de son personnel dès le 6 mars, afin qu'aucun salarié potentiellement musulman ne se retrouve au contact de la délégation israélienne, selon les informations complémentaires du site lepoint.fr. "Pour cette mission, les consignes ont été très claires : il ne fallait ni Noirs ni Arabes", renchérit Zachée Lapée, représentant du personnel au conseil d'administration, qui s’est confié au Point.fr.

"Principe de précaution"

Lors d’une réunion extraordinaire du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), le 25 mars, le directeur général du prestataire ITIREMIA aurait confirmé que le choix des trois porteurs de bagages de la délégation israélienne s’était fait en fonction de l’apparence des salariés, rapporte le représentant syndical Bruno Vergerolle dans une interview à l’AFP. Le directeur aurait tenté de se justifier en invoquant un "principe de précaution" pour "protéger les salariés de vexations qu’ils auraient pu subir de la part du Service de protection des hautes personnalités et/ou du corps diplomatique".

Mais les discriminations ne se sont pas cantonnées à ITIREMIA, ajoute le communiqué publié par Sud-Rail. "Un des contrôleurs du Thalys, qui est métis, s’est également vu interdire de contrôler la voiture où se trouvait Shimon Peres. Enfin, un conducteur d'origine maghrébine n'a pas pu aller chercher son train en gare du Nord, car il devait traverser la zone où se trouvait Shimon Peres."

Enquête en cours

Si les témoignages concordent sur les faits, la chaîne de responsabilité est en revanche floue. Cherchant à démêler le fil, le syndicat Sud-Rail a été renvoyé à la direction de la Gare du Nord, puis à l’Ambassade d’Israël, puis au ministère de l’Intérieur... "Il semble en fait que ce soit bien la SNCF qui ait transmis, par courriel, des instructions au responsable de site ITIREMIA que celui-ci souhaite dissimuler", avance Sud-Rail.

Le 10 mars, le président israélien Shimon Peres (au centre) rencontre des imams français. Parmi eux, le président de la conférence des imams de France, Hassen Chalghoumi. © AFP

De son côté, l’ambassade d’Israël réfute catégoriquement avoir effectué une telle demande auprès de la SNCF. "Nous n'avons pas eu besoin de faire appel à une société de bagages, ces derniers ont été acheminés par camion depuis Bruxelles. Shimon Peres est venu à Paris aussi pour dialoguer avec des musulmans", justifie Yaron Gamburg, porte-parole de la chancellerie israélienne, interrogé sur lePoint.fr.

La SNCF nie toute implication dans le dossier. "La SNCF n’a reçu aucune demande des services du président israélien, ni du ministère français des Affaires étrangères (…) et n’a, en aucun cas, émis de telles instructions auprès de son prestataire bagagiste ITIREMIA", déclare la société publique dans une réponse publiée par l’AFP ce lundi 15 avril.

Une enquête interne est en cours, a simplement admis la SNCF, elle déterminera si l’ordre est venu d’un ministère, de l’entreprise SNCF, ou par simple décision personnelle d’un chef de la filiale ITIREMIA.
 

Première publication : 15/04/2013

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