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Moyen-orient

Pour Bachar al-Assad, l'Occident paiera cher son soutien à Al-Qaïda

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 17/04/2013

Dans un discours télévisé diffusé à l'occasion de la fête nationale, le président syrien a affirmé que les Occidentaux, en soutenant la rébellion, finançaient Al-Qaïda. La victoire des rebelles signifierait, selon lui, la fin de la Syrie.

Il est apparu tranquille et détendu. Lors d'une interview de près d'une heure accordée à la chaîne syrienne al-Ikhbariya, le président syrien Bachar al-Assad a fustigé le soutien des pays occidentaux aux rebelles, qualifiés de combattants d'Al-Qaïda, dans la guerre civile en Syrie.

Le président a lié son départ à une "décision du peuple", laissant entendre qu'il pourrait se présenter à la prochaine élection présidentielle prévue en 2014, alors que son pays est ravagé depuis deux ans par un conflit meurtrier.

"Le poste (de président) n'a pas de valeur sans le soutien du peuple. Que le président reste ou parte relève de la décision du peuple", a affirmé M. Assad dans une interview à la chaîne officielle Al-Ikhbariya.

"Le poste n'est pas un objectif en soi. L'objectif est le projet que (le président) offre à la société. Les médias étrangers qui ont dit que ce président (Assad) s'accrochait au pouvoir se trompent", a-t-il ajouté.

L'Iran, allié du régime de M. Assad, avait fait savoir il y a quelque temps que le chef de l'Etat pourrait se représenter à l'issue de son mandat en 2014.

Le chef de l'Etat a attaqué l'opposition syrienne, essentiellement basée à l'étranger, doutant de son patriotisme et minimisant son appui populaire.

"Toute opposition installée de plein gré à l'étranger ne peut être patriote. Comment êtes-vous patriote si vous avez fui à l'étranger?", a-t-il demandé en référence à la Coalition de l'opposition en exil.

"C'est quoi l'opposition? S'il y a un million de Syriens qui s'oposent à l'Etat, cela veut-il dire qu'ils forment une opposition?", a-t-il dit. "L'heure n'est pas à la complaisance sur cette question-là. Un traître est un traître et un collaborateur est un collaborateur".

"Dans tous les pays du monde, l'opposition est une opposition élue et bénéficie d'une base populaire. Où sont les élections sur lesquelles se base cette opposition-là?", a encore poursuivi M. Assad.

Interrogé sur un éventuel dialogue, évoqué par le chef de l'opposition Ahmed Moaz al-Khatib, M. Assad a affirmé: "Nous dialoguerons avec tous ceux qui n'ont pas encaissé de l'argent pour vendre la patrie". Il a aussi précisé qu'il n'y aurait "pas de négociations avec ceux qui n'ont pas de base populaire".

Comme toujours depuis le début de la révolte en mars 2011, le président a assimilé le soulèvement à du "terrorisme" financé par l'étranger.

"Il n'y a pas de terroriste modéré", a-t-il insisté, en référence aux pays occidentaux qui font la différence entre les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) et les groupuscules jihadistes.

"Al-Qaïda domine (la rébellion) en Syrie", a-t-il affirmé, une semaine après l'allégeance du Front jihadiste Al-Nosra, un des groupes des plus combatifs face à l'armée régulière, au réseau fondé par Oussam Ben Laden.

Le président syrien a en outre prévenu que la guerre dans son pays pourrait gagner la Jordanie voisine, qu'il accuse d'entraîner les combattants rebelles et de faciliter leur entrée en Syrie.

"L'incendie ne s'arrêtera pas à nos frontières, tout le monde sait que la Jordanie est aussi exposée (à la crise) que la Syrie".

Avec dépêches

 


 

Première publication : 17/04/2013

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