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Moyen-orient

Bassem Youssef, le plus populaire des Égyptiens, ne se taira pas

© El Bernameg

Texte par Perrine MOUTERDE

Dernière modification : 18/04/2013

De passage en France, le célèbre humoriste égyptien Bassem Youssef a répété que le sarcasme était la meilleure arme face à la répression. Il figure parmi les 100 personnalités les plus influentes de l’année du magazine américain "Time".

"L’art satirique, ce n’est pas simplement le rire. Le mot sarcasme vient du mot grec sarkasmos, qui signifie désosser, enlever la chair. Si je vous faisais rire, je vous éloignerai de la réalité, ce serait comme si je vous anesthésiais. Ce n’est pas du tout ce que je souhaite faire." Invité par l’Ecole nationale supérieure (ENS) à Paris, dans le cadre d’une Semaine arabe consacrée au rire, le célèbre humoriste égyptien Bassem Youssef a raconté, devant une salle comble, en quoi l’humour était pour lui le meilleur outil pour faire face à l’oppression.

Visé par plusieurs enquêtes, le très populaire animateur de l'émission satirique "El Bernameg" ("Le programme") a été accusé, dans son pays, de menaces à la sécurité publique, d’insulte au président Mohamed Morsi et à l’islam ou encore de propagation de rumeurs et de fausses informations.

Le "Jon Stewart" égyptien

Celui que l’on présente comme le "Jon Stewart" égyptien figure dans la liste des 100 personnalités les plus influentes de 2013, publiée jeudi 18 avril par l’hebdomadaire américain "Time". Une nomination saluée par le présentateur américain du "Daily Show" : "La seule différence entre [Bassem Youssef] et moi, écrit Jon Stewart, c’est qu’il exerce sa satire dans un pays qui continue à tester les limites de sa liberté durement acquise, et où ceux qui critiquent les puissants ont toujours des choses à craindre. Bassem Youssef est mon héros".

Ancien chirurgien cardiaque, Bassem Youssef est devenu, avec son émission, une véritable icône de la contestation au pouvoir. "On peut me traiter de clown ou de marionnette, pour moi c’est un honneur. Pendant la période ottomane en Égypte, les marionnettes étaient là pour se moquer des sultans ! La force du clown, c’est justement de rendre ridicule celui qui est puissant. Et quand on le rend ridicule, on n’en a plus peur", a-t-il expliqué.

"Les hommes de religion ne sont plus sacrés"

Il n’hésite pas à aborder dans son émission hebdomadaire les sujets les plus sensibles, comme celui du harcèlement sexuel. Il s’est moqué, par exemple, d’un célèbre téléprédicateur qui avait affirmé que les femmes pouvaient  "contrôler leur entrejambe par la force de leurs cuisses"… "Une nation qui se développe, c’est une nation où les droits des femmes progressent", a réaffirmé l’humoriste à Paris.

Selon lui, les évènements qui bouleversent son pays depuis deux ans sont positifs. "Les gens savent maintenant que ceux qui sont au pouvoir leur mentent. Les jeunes leur répondent sur YouTube. Les hommes de religion ne sont plus sacrés, et rien que pour ça, cette révolution est un succès", assure-t-il.

"L’Égypte ne tombe pas seule sous la domination des Frères musulmans. Si elle tombe, c’est parce que les gens n’agissent pas. Tant qu’on agit, rien n’est terminé. Je ne me tairai que lorsque je n’aurai pas d’autre choix", a-t-il ajouté. Avant de remercier les Frères musulmans et les religieux de toutes sortes, qui lui donnent tant d’inspiration…

L'émission de Bassem Youssef du 22 mars 2013 (en arabe)

 

Première publication : 18/04/2013

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