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Affrontements au Caire entre pro et anti-Morsi

Texte par Dépêche

Dernière modification : 19/04/2013

Des heurts entre opposants et sympathisants du président Morsi ont éclaté vendredi devant la Cour suprême où des milliers de Frères musulmans s'étaient rassemblés pour réclamer une refonte du système judiciaire.

Des affrontements ont éclaté vendredi au Caire entre opposants et partisans du président islamiste Mohamed Morsi qui réclamaient une refonte du système judiciaire, à couteaux tirés avec le chef de l'Etat.

Ces affrontements, qui ont fait au moins 39 blessés selon les services de secours, ont éclaté quand des manifestants anti-Morsi se sont dirigés vers la Cour suprême où des milliers de Frères musulmans s'étaient rassemblés pour réclamer une refonte du système judiciaire, brûlant un bus.

Des heurts violents se sont déroulés sur la place Abdel Moneim Riad, proche de l'emblématique place Tahrir. Des islamistes postés sur le pont du 6 octobre qui surplombe la place ont jeté des pierres sur les manifestants de l'opposition en contrebas, notamment des hommes portant des masques noirs appartenant au mouvement des "Black Bloc".

Les deux parties se sont lancés des pierres tandis que les opposants aux islamistes jetaient des cocktails molotov.

Un journaliste de l'AFP a vu des manifestants au pied du pont tirer des chevrotines sur des Frères musulmans, dont deux au moins ont été blessés.

Une heure après le début des affrontements, trois véhicules blindés de la police sont arrivés dans les rangs des Frères musulmans en direction de la place Abdel Moneim Riad puis de la place Tahrir, tirant des gaz lacrymogènes.

Le chef des services de secours égyptiens, Mohammad Sultan, a affirmé à des télévisions locales qu'au moins 39 personnes avaient été blessées et transportées à l'hôpital.

"Le peuple veut l'assainissement de la justice", avaient auparavant crié des milliers de partisans de M. Morsi qui, depuis son accession au pouvoir en juin, entretient des rapports tendus avec le pouvoir judiciaire.

Cette manifestation avait été organisé à l'appel des Frères musulmans alors que le Sénat dominé par les islamistes s'apprête à discuter des amendements à la loi judiciaire prévoyant notamment de ramener l'âge de la retraite des juges de 70 à 60 ans. Des juges ont accusé les islamistes d'essayer de se débarrasser ainsi de juges hostiles.

Le mois dernier, la justice avait rejeté un décret du président Morsi limogeant le procureur général Abdel Meguid Mahmoud. Nommé par le président déchu Hosni Moubarak, M. Mahmoud avait été remplacé par Talaat Abdallah.

La nomination de ce dernier, accusé d'être pro-Frères musulmans, avait provoqué une levée de boucliers chez les magistrats, qui avaient dénoncé une ingérence de l'exécutif dans les affaires de la justice.

Ce nouveau bras de fer entre les Frères musulmans et l'oppositon intervient alors que le pays vit dans l'instabilité depuis la révolte populaire de début 2011 ayant provoqué la chute de M. Moubarak.

L'Egypte est aussi confrontée à une baisse des revenus du tourisme et à un effondrement des investissements étrangers, qui contribuaient autrefois fortement à la croissance économique.

Le pays a vu fondre les réserves de devises de la Banque centrale, passées de 36 à 13,5 milliards de dollars en deux ans, et cette situation pèse sur sa capacité à importer des produits essentiels, en particulier certains carburants comme le gazole.

L'Egypte du président Morsi négocie avec peine depuis des mois un accord pour un prêt de 4,8 milliards de dollars avec le Fonds monétaire international (FMI), lié à des mesures de rigueur budgétaire potentiellement impopulaires.

Le FMI a fait état lundi de "progrès" sur un "possible soutien financier" après la visite d'une mission d'experts du Fonds au Caire, et indiqué que des discussions allaient se poursuivre.

AFP

Première publication : 19/04/2013

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