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FRANCE

Mariage homosexuel : fin du débat à l'Assemblée après une séance tendue

© #DirectAN

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 19/04/2013

Après deux jours de débat, les députés ont achevé tôt vendredi matin l'examen du projet de loi autorisant le mariage homosexuel, dont le vote est prévu mardi prochain. La nuit a été agitée puisque l'hémicycle a échappé à une bagarre.

7h35, ce vendredi matin à l'Assemblée nationale : les débats sur le projet de loi sur le mariage pour tous viennent de s'achever. Aucun amendement n'a été adopté et le vote définitif du texte pourra avoir lieu mardi prochain.

Mais on retiendra surtout que les débats ont dérapé dans la nuit. Il est minuit passé quand les députés UMP demandent des comptes au gouvernement sur l'action de la police face aux manifestants des anti. S'ensuit alors une scène digne du "Parlement russe", selon le président de la commission des lois, Jean-Jacques Urvoas (PS).

Excédés par une mimique d'un collaborateur de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, plusieurs députés UMP se sont approchés des bancs du gouvernement en criant "Dehors, dehors" et "Ce n'est pas le lobby LGBT qui gouverne !". Des huissiers et le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, se sont interposés pendant plusieurs minutes. "Des coups de poings sont partis", affirme Bernard Roman (PS). Une huissière a reçu un coup, selon des sources parlementaires.



"Je n'ai jamais vu ça"

"Ça fait trente ans que je siège dans cet hémicycle, je n'ai jamais vu cela", a réagi Alain Vidalies, tandis que le président de l'Assemblée, Claude Bartolone (PS) a déclaré que "rien ne peut justifier la descente qu'il y a eu pour menacer un membre du cabinet de la garde des Sceaux". Bartolone, qui regrette qu'il n'y ait pas d'images de la scène car les caméras se coupent aux suspensions de séance, prévoit de prendre des sanctions

Juste après l'incident, Hervé Mariton (UMP) a expliqué qu'"à plusieurs reprises, des collaborateurs se sont mis à rigoler et se foutent de la figure de l'opposition". Le patron des députés UMP, Christian Jacob, a plaidé "la fatigue" et fustigé "l'attitude pas acceptable de la part de collaborateurs". "Les nerfs lâchent, ils cherchent toutes les occasions inimaginables pour tendre l'atmosphère. (...) Ils ont pris prétexte d'un soupir d'un collaborateur, qui sans doute comme nous était un peu fatigué, pour créer un incident dans un climat qui rappelait plus le Parlement russe", a raconté pour sa part Jean-Jacques Urvoas (PS).

"Si vous en êtes à foncer en masse contre des fonctionnaires...", a lancé la garde des Sceaux, Christiane Taubira, en prenant le soin de préciser que le collaborateur n'était pas un membre du cabinet mais un fonctionnaire, Laurent Vallée, directeur des affaires civiles et du sceau et futur secrétaire général de Canal+. "Vous n'êtes jamais responsable de rien", a-t-elle ajouté.


Des dizaines d'interpellations à Paris

À l'extérieur de l'Assemblée nationale, près de 3 000 personnes ont manifesté jeudi soir contre le projet de loi sur le mariage et l'adoption par les couples homosexuels, selon les chiffres de la préfecture de police. Après l'appel à la dispersion lancé vers 21h40 par les
organisateurs, plusieurs centaines de manifestants sont restés sur place, indique la préfecture de police, qui a fait état de jets de projectiles par certains militants en direction des CRS.

La préfecture de police indique qu'il n'y a eu aucun incident grave aux abords de l'Assemblée. Elle a fait toutefois état de 74 interpellations dans les rangs des manifestants qui ne s'étaient pas dispersés et a signalé qu'un gendarme mobile avait été légèrement blessé.

En fin de séance, Hervé Mariton (UMP) a affirmé que ces "interpellations" avaient été menées "avec brutalité" et son collègue Philippe Meunier a brandi une ballerine, rapportée de l'extérieur, pour expliquer qu'il ne s'agissait en aucun cas d'une manifestation de "'nervis d'extrême droite" qui manifestaient devant l'Assemblée.

Le député UMP Philippe Meunier a brandi une ballerine, rapportée de l'extérieur de l'Assemblée, pour expliquer que la manifestation n'est pas uniquement composée de "'nervis d'extrême droite".

Première publication : 19/04/2013

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