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Amériques

Nicolas Maduro officiellement investi président du Venezuela

© Photo AFP

Vidéo par Kéthévane GORJESTANI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 20/04/2013

Nicolas Maduro a été investi à la présidence du Venezuela, vendredi, pour un mandat de six ans après avoir prêté serment devant l'Assemblée nationale à Caracas. Il succède ainsi à son mentor Hugo Chavez, décédé des suites d'un cancer le 5 mars.

Un intrus perturbe le discours d'investiture de Maduro

Un intrus a perturbé vendredi le discours d'investiture du président vénézuélien Nicolas Maduro devant l'Assemblée nationale.Vêtu d'une veste rouge, l'homme a sauté à la tribune et s'est saisi du micro avant d'être neutralisé par les agents de sécurité.

Maduro, qui a dû interrompre son discours, a aussitôt dénoncé le laxisme du dispositif censé assurer sa protection.

"La sécurité a totalement échoué, ils auraient pu facilement me tirer dessus", a-t-il dit devant l'assemblée réunie pour l'occasion, où se trouvaient notamment la présidente brésilienne Dilma Rousseff, son homologue argentine Cristina Fernandez et le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad. (REUTERS)

Nicolas Maduro a été investi vendredi à la présidence du Venezuela, succédant ainsi à son défunt mentor Hugo Chavez, au terme d'une violente crise politique ouverte par le refus de l'opposition d'admettre sa victoire à la tête de ce riche pays pétrolier des Caraïbes.
              
L'héritier du charismatique dirigeant socialiste, élu pour un mandat de six ans, a prêté serment, en costume sombre et cravate rouge, sous un portrait géant du "Comandante" Chavez, à l'Assemblée nationale à Caracas, en présence d'une vingtaine de dignitaires étrangers.
              
"Au nom du peuple vénézuélien, au nom de la mémoire éternelle du 'Comandante' suprême, je jure de respecter la Constitution", a déclaré M. Maduro, vainqueur de la présidentielle de dimanche, avec une courte avance de 1,8%, face au chef de l'opposition Henrique Capriles.
              
Visiblement ému, cet ancien chauffeur de bus et dirigeant syndical de 50 ans à l'épaisse carrure était accompagné par son épouse Cilia Flores, une responsable influente du parti socialiste au pouvoir.
              
Revêtus de rouge, la couleur du "chavisme", des milliers de fidèles, venus de tout le pays à bord de bus bondés, ont célébré l'investiture aux alentours de l'imposant bâtiment où ont été montés une estrade et un écran géant.
              
"Chavez vit, la lutte continue ! ", a scandé la foule, certains s'étant affublés d'une moustache postiche, en hommage au nouveau président, tandis que des feux d'artifice retentissaient dans la capitale vénézuélienne.
              
"Maduro, c'est la continuité du processus révolutionnaire au Venezuela et dans le monde entier", a lancé à l'AFP Jose Rendo, un électricien de 38 ans, originaire de l'Etat d'Anzoategui (est).
              
Choisi comme dauphin peu avant sa mort par l'ancien homme fort du Venezuela, emporté le 5 mars par un cancer, le nouveau président a obtenu la reconnaissance de la quasi-totalité des pays latino-américains, réaffirmée lors d'un sommet régional extraordinaire jeudi soir à Lima .
              
De nombreux chef d'Etat ont fait le déplacement dont ceux du Brésil Dilma Roussef,   d'Argentine Cristina Kirchner, ainsi que les grands alliés du régime chaviste, à l"image du  président cubain Raul Castro, bolivien Evo Morales ou iranien Mahmoud Ahjmedinejad, des amis personnels de M. Chavez, qui s'étaient déjà déplacés pour ses funérailles.
              
Les Etats-Unis, qui ont suscité l'ire de Caracas et de ses alliés de gauche pour avoir soutenu un nouveau comptage des votes, tout comme l'Union européenne, n'ont pas annoncé de représentant.
              
Toutefois, la veille, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a baissé le ton, assurant ne pas vouloir "fermer les portes" au nouveau gouvernement qui affrontera une situation économique fragile avec une dette équivalente à la moitié du PIB et une inflation record de plus de 20%.
              
Après la prestation de serment, M. Maduro, un imposant défilé militaire était organisé sur l'"avenue des Héros", l'un des principaux axes de la capitale, le même parcours qu'avait suivi, il y a à peine plus d'un mois, le cercueil de M. Chavez.
              
Après plusieurs jours de vives tensions, le climat s'est nettement détendu après que le Conseil national électoral (CNE) a accepté in extremis, jeudi soir, de procéder à une vérification de l'ensemble des urnes, comme le réclamait inlassablement l'opposition.
              
A l'appel de M. Capriles, qui refuse toujours d'admettre sa défaite, quelques "concerts de casseroles" se sont fait entendre durant la cérémonie d'investiture, mais sans gâcher la fête "chaviste".
              
"Allons Venezuela, la lutte continue pour la vérité !", s'est exclamé le jeune gouverneur de l'Etat de Miranda (nord), un avocat élégant de 40 ans, assurant que le nouvel audit va lui permettre de démontrer les "irrégularités" qu'il dénonce depuis le soir du scrutin de dimanche.
              
"La tension est retombée. L'opposition a gagné un premier round en obtenant un audit qui n'était pas prévu grâce à la pression sur le gouvernement. Mais en même temps le gouvernement a gagné une légitimité", analyse pour l'AFP le politologue Luis Vicente Leon, directeur de l'institut Datanalisis.
              
Reste à savoir comment réagira l'opposition si le CNE, réputé proche du gouvernement, confirme la semaine prochaine la victoire de M. Maduro, l'hypothèse qui semble la plus probable.
              
"L'opposition va chercher une autre voie car ce sera très difficile de contester la légitimité d'un président investi", estime M. Leon, tout en soulignant que M. Maduro "n'a pas une grande marge de popularité" et n'a "aucune garantie que la crise soit passée, notamment vu la situation économique".
              
La justice pourrait en outre menacer de poursuites M. Capriles, qualifié par les autorités de "putschistes", en raison des récentes violences qui ont fait huit morts, plus d'une soixantaine de blessés et des dégradations matérielles importantes.

AFP

Première publication : 19/04/2013

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