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Asie - pacifique

Nouvelles tensions sino-japonaises à propos des îles Senkaku

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 23/04/2013

Une flottille chinoise a pénétré, mardi, dans les eaux territoriales japonaises des îles Senkaku, provoquant un regain de tension entre Pékin et Tokyo.

Une flottille chinoise est entrée mardi dans les eaux territoriales des îles Senkaku administrées par le Japon dont le Premier ministre a prévenu qu'il repousserait toute tentative de débarquement.

Cette brusque remontée de tension est intervenue au moment même où près de 170 parlementaires japonais visitaient le sanctuaire Yasukuni de Tokyo, symbole pour Pékin du militarisme nippon.

Selon les garde-côtes japonais, huit navires de surveillance maritime chinois ont pénétré vers 08H00 (lundi à 23H00 GMT) dans la zone de 12 milles (22 km) entourant ces îlots de mer de Chine orientale, revendiqués par Pékin sous le nom de Diaoyu.

C'est la première fois qu'autant de bateaux officiels chinois se rendent en même temps dans les eaux territoriales de cet archipel inhabité, depuis que ce différend territorial s'est aggravé en septembre.

La tension entre Pékin et Tokyo est montée lorsque le Japon avait acheté trois de ces cinq îles à leur propriétaire privé nippon. Depuis lors, la Chine envoie régulièrement des navires, et parfois des avions, dans cette zone. Ils y restent habituellement quelques heures avant de repartir.

"Nous protestons vigoureusement auprès de la Chine", a réagi le porte-parole du gouvernement nippon, Yoshihide Suga. L'ambassadeur de Chine à Tokyo a été convoqué.

Au parlement japonais, le Premier ministre Shinzo Abe a été interrogé sur sa réponse à un éventuel débarquement chinois. "Il serait normal que nous les repoussions par la force si d'aventure ils débarquaient", a-t-il prévenu, évoquant les garde-côtes nippons qui assurent la protection de cette zone.

L'archipel est situé à 200 km au nord-est de Taïwan, qui le revendique également, et 400 km à l'ouest de l'île d'Okinawa (sud du Japon). Outre sa position stratégique, il recèlerait des ressources énergétiques dans ses fonds marins.

Malgré leur différend sur la souveraineté, le Japon et Taïwan ont signé début avril un accord qui va permettre aux pêcheurs taïwanais d'opérer autour des Senkaku, ce qui a suscité l'inquiétude de la Chine.

Un mouvement nationaliste japonais, Ganbare Nippon, a annoncé parallèlement avoir envoyé neuf bateaux de pêche près de l'archipel pour y appuyer la souveraineté japonaise.

Selon un responsable de ce groupe à Tokyo, ces navires pourraient arriver sur place ce mardi.

L'incursion des navires gouvernementaux chinois près des Senkaku a coïncidé avec une visite massive de parlementaires japonais au sanctuaire shintoïste de Yasukuni au coeur de Tokyo.

Pas moins de 168 parlementaires se sont rendus dans ce lieu de culte où sont honorés 2,5 millions de soldats japonais morts pour la patrie, dont 14 Japonais reconnus coupables de crimes de guerre par les Alliés après la Seconde Guerre mondiale.

Ces députés et sénateurs, issus majoritairement du Parti libéral-démocrate (conservateur) au pouvoir, sont allés au sanctuaire dans le cadre du festival de printemps de ce lieu de mémoire.

C'est la plus importante visite de ce type depuis 1989 au Yasukuni, dénoncé par les Chinois, mais aussi par les Coréens, comme un symbole du passé militariste nippon.

En fin de semaine dernière, trois ministres japonais, dont le Premier ministre adjoint et ministre des Finances Taro Aso, se sont rendus à ce sanctuaire, ce qui a été dénoncé par Pékin et Séoul.

Lundi, la Corée du Sud a décidé par mesure de rétorsion d'annuler un déplacement au Japon du ministre des Affaires étrangères.

M. Abe s'est abstenu pour sa part de se rendre au Yasukuni, mais y a dédié dimanche un objet en bois utilisé pour des rituels, appelé masakaki.

Les relations du Japon avec ses voisins restent marquées par les souvenirs douloureux de la colonisation de la Corée (1910-1945) et de l'occupation d'une partie de la Chine des années 1930 à 1945.

AFP

Première publication : 23/04/2013

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