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FRANCE

Polémique autour du "mur des cons" du Syndicat de la magistrature

© AFP

Vidéo par France 3

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 25/04/2013

La découverte d'un "mur des cons" dans les locaux parisiens du Syndicat de la magistrature, sur lequel sont épinglées les photos de différentes personnalités publiques pour la plupart classées à droite, a suscité l'indignation de la classe politique.

Nicolas Sarkozy, Jacques Attali, Nadine Morano, Michèle Alliot-Marie, Alain Minc ou encore David Pujadas… Le point commun de toutes ces personnalités ? Elles figurent toutes sur le "mur des cons", un trombinoscope fait maison dans l’enceinte du Syndicat de la magistrature (SM).

Les photos de dizaines de personnalités politiques, surtout de droite, mais aussi d’intellectuels et de journalistes sont ainsi épinglées sur le mur de ce syndicat classé à gauche. Certains ont même été rebaptisés de petits noms peu affectueux : l'ex-ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux (UMP), affublé d'un autocollant du Front national sur le front, est "l'homme de Vichy", quand le magistrat Philippe Courroye est qualifié de "Fossoyeur du 92". Et, non sans ironie, parmi les photos collées pêle-mêle, une inscription prévient les syndiqués : "Avant d'ajouter un con, vérifiez qu'il n'y est pas déjà."

Le "mur des cons" filmé en caméra cachée par Atlantico



C’est le site d’information, Atlantico, classé à droite, qui a diffusé mardi une vidéo, filmée en caméra cachée, du panneau de photos installé dans les locaux parisiens du syndicat, ce qui a provoqué un déchaînement de protestations.

Copé demande à Taubira de diligenter une enquête

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, a demandé à la ministre de la Justice de "diligenter une enquête". "C'est indigne, c'est un scandale absolu, nous sommes tous scandalisés d'apprendre que nous étions, pour la quasi-totalité des hommes de droite, et des journalistes plutôt classés à droite, sur un mur sur lequel apparaissaient nos photos avec des insultes de la part d'un grand syndicat de la magistrature", a-t-il déclaré.

Comme on lui faisait remarquer qu'il s'agissait d'un local syndical, Jean-François Copé a fait valoir que le "syndicat de la magistrature n'[était] pas un syndicat comme les autres, c'est un syndicat de magistrats", avant de souligner que le SM montrait ainsi "un engagement politique" assorti de "mises en cause personnelles extrêmement graves".

"Ce mur a été fait à une ancienne époque, sous l'ère Sarkozy, où les magistrats étaient attaqués de toutes parts", a tenté de relativiser la présidente du SM, Françoise Martres, interrogée par l'AFP. "Ce sont des images prises à notre insu dans un lieu privé, notre local syndical, qui n'est pas accessible au public", a-t-elle ajouté, en qualifiant ce mur de "défouloir" et d'action de "potache".

Christian Jacob veut la saisine du Conseil supérieur de la magistrature

Dans la matinée, le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, a écrit à François Hollande pour lui demander ce qu'il comptait faire pour que le Conseil supérieur de la magistrature soit saisi. "Cette pratique n'est pas tolérable. Elle constitue à mes yeux une injure publique, une menace et vraisemblablement une violation du serment des magistrats", écrit Christian Jacob, qui y voit "un manquement grave au principe d'impartialité de la justice".

Sur Twitter, l'ex-ministre UMP Nadine Morano, estime que le "mur des cons" illustre "le déshonneur et le vrai visage" du Syndicat.



Pour le vice-président du FN Louis Aliot, "se pose clairement aujourd'hui la question de la dissolution de ce syndicat subversif contraire aux principes démocratiques élémentaires".

L'Institut pour la justice (IPJ), association classée à droite, dont le secrétaire général Xavier Bébin est également placardé sur le mur, demande "la dissolution" du SM. L'IPJ "n'a pas de mots pour qualifier l'indécence morale de la présence" sur ce mur du "père de Pascale, violée et assassinée par Guy Georges", ajoute l'association.

Des plaintes déposées

La police n'est pas épargnée non plus. Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat Synergie-Officiers, dénonce "l'existence d'un tableau de chasse établi par les magistrats" et s'interroge sur "l'impartialité de la justice". "Je me réserve de porter plainte pour injure", annonce-t-il.

Robert Ménard, ex-président de Reporters sans frontière, a lui aussi indiqué qu'il porterait plainte pour "injures" après avoir découvert son portrait. "Comme citoyen, je ne peux que m'alarmer à l'idée de pouvoir me retrouver un jour face à un magistrat appartenant à un syndicat qui m'aura donc qualifié de 'con' et l'aura, en l'affichant dans ses locaux, fait savoir à ses adhérents", dénonce-t-il dans son communiqué.

FRANCE 24 avec dépêches

Première publication : 24/04/2013

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