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FRANCE

Le taux de chômage atteint un niveau historique en France

© AFP

Vidéo par François GOULIN

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 26/04/2013

La France comptait 3 224 600 demandeurs d'emploi sans aucune activité au mois de mars, selon les chiffres du gouvernement publiés ce jeudi. Le précédent record en la matière, 3,195 millions de chômeurs en janvier 1997, a été battu.

Après l'Espagne, c'est au tour de la France de battre un triste record en matière d'emploi : au mois de mars, le ministère du Travaila, en effet, recensé 3 224 600 demandeurs d'emploi sans aucune activité dans le pays, soit plus que le précédent seuil, établi à 3,195 millions de demandeurs d'emplois, en janvier 1997. 

Il y a seize ans, la situation était toutefois bien pire, puisque la population en âge de travailler était moins nombreuse : 25,6 millions de personnes à l'époque contre 28,3 millions en 2012, selon les plus récentes données de l'Insee. Le taux de chômage, qui rapporte le nombre de chômeurs à la population active, tourne ainsi autour de 10,2 % aujourd'hui, alors que les records enregistrés à deux reprises, en 1994 et en 1997, l'établissait à 10,8 % en métropole.

"Il faudrait au moins 1 % de croissance pour créer des emplois en France"

Il s'agit, par ailleurs, du 23e mois consécutif de hausse. Depuis mai 2011, le chômage a ainsi augmenté sans interruption de 22 300 personnes en moyenne chaque mois dans cette catégorie. Face à cet afflux, un nouveau renfort de 2 000 CDI à Pôle emploi d'ici à septembre a été décidé par le gouvernement, comme en 2012. Le nombre de demandeurs d'emploi incluant une activité réduite s'établit, lui, à 4,74 millions pour le mois de mars. 

"Lutter contre cette forme d'inertie"

"Aujourd'hui plus que jamais le rassemblement du pays doit se faire sur ce qui est attendu par beaucoup de nos compatriotes : l'emploi, le redressement, la confiance", a déclaré le président de la République, mercredi, à l'Elysée. Depuis Pékin, où il est arrivé ce jeudi, François Hollande a de nouveau élevé l'emploi au rang de "cause nationale" et a estimé que "le développement des investissements en Chine, à certaines conditions, peut être un développement de la croissance en France et de l'emploi... au moment où nous affrontons un chômage élevé, très élevé, trop élevé, où nous devons lutter contre une forme d'inertie, de stagnation".

Tous les outils sur les rails

En dépit de ces mauvais chiffres, le chef de l'État maintient toutefois son "objectif" d'inverser "à la fin d'année" la courbe du chômage. Dans son "programme de stabilité" présenté le 17 avril, le gouvernement prévoit - malgré une prévision de croissance quasi nulle de 0,1% en 2013 - une légère reprise des créations d'emplois au second semestre et un recul du taux de chômage au dernier trimestre de 2013. Même si les économistes estiment eux que, pour renverser la courbe, une croissance d'au moins 1,5 % est nécessaire.

L'engagement du président sera tenu "grâce, notamment, à la reprise progressive de l'activité et aux premiers effets des nombreux dispositifs de soutien à l'emploi mis en place depuis dix mois", affirme Bercy. Fin mars, François Hollande déclarait que "tous les outils" étaient sur les rails pour la "bataille" contre le chômage : emplois d'avenir, contrat de génération, crédit d'impôt compétitivité et emploi (CICE) et loi sur la sécurisation de l'emploi.

Six mois après leur lancement, les emplois d'avenir peinent pourtant à décoller : 20 000 environ devraient avoir été signés fin avril, sur un objectif de 100 000 fin 2013. Malgré des subventions élevées (75 % du Smic dans le secteur non-marchand), les employeurs restent frileux face à des candidats pas ou peu diplômés.

Le CICE devrait, quant à lui, permettre de sauver 15 000 emplois au premier semestre de 2013, selon l'Insee. Enfin, le contrat de génération, qui vise à favoriser l'embauche des jeunes et le maintien des seniors dans l'emploi via des incitations financières est, lui, opérationnel depuis début mars. Le gouvernement en espère 500 000 embauches de jeunes en CDI en cinq ans et autant de seniors maintenus à leur poste.

Première publication : 25/04/2013

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