Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

REVUE DE PRESSE

Vers une offensive terrestre sur Gaza ?

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"La guerre spectacle"

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

Montebourg veut s'attaquer aux professions règlementées

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Hollande solidaire avec Netanyahou

En savoir plus

DÉBAT

Israël - Hamas : à qui profite la guerre ? (partie 2)

En savoir plus

DÉBAT

Israël - Hamas : à qui profite la guerre ? (partie 1)

En savoir plus

L'INVITÉ DE L'ÉCO

Gérard Mestrallet, président de Paris Europlace et PDG de GDF Suez

En savoir plus

SUR LE NET

Mondial 2014 : le match Allemagne-Brésil inspire le Net

En savoir plus

FOCUS

Le scandale des bébés du "péché" traumatise l'Irlande

En savoir plus

  • Vidéo : à Gaza, entre pénuries et guerre psychologique

    En savoir plus

  • Vidéo : à Tel-Aviv, les habitants vivent dans la peur des tirs de roquettes

    En savoir plus

  • Obama face à la "crise humanitaire" des mineurs clandestins au Texas

    En savoir plus

  • Lancement de la “première application de télékinésie pour Google Glass"

    En savoir plus

  • L'armée ukrainienne avance vers Donetsk, toujours aux mains des pro-russes

    En savoir plus

  • Ces missiles que le Hamas utilise pour "terroriser" Israël

    En savoir plus

  • Allemagne : le chef des services secrets américains expulsé

    En savoir plus

  • Un raid israélien tue neuf spectateurs de la demi-finale du Mondial à Gaza

    En savoir plus

  • Le scandale des bébés du "péché" traumatise l'Irlande

    En savoir plus

  • Le conflit israélo-palestinien change le sens de l'application Yo

    En savoir plus

  • Vidéo : ramadan sous tension pour les musulmans de Pékin

    En savoir plus

  • L'Argentine rejoint l'Allemagne en finale du Mondial

    En savoir plus

  • Un concours lancé en Suisse pour dépoussiérer l'hymne national

    En savoir plus

  • Lunettes danoises de François Hollande : les opticiens français voient rouge

    En savoir plus

  • Chikungunya aux Antilles : "une épidémie majeure" pour Marisol Touraine

    En savoir plus

asie

Le gouvernement Karzaï et "l'argent fantôme" de la CIA

© AFP

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 29/04/2013

Le président afghan admet que la CIA a, durant 10 ans, livré des millions de dollars à l’administration Karzaï, alimentant de fait le crime organisé dans le pays. Une corruption que dénonce l'ex-ambassadeur de France en Afghanistan.

Fini la langue de bois. Alors que l’ex-ambassadeur de France à Kaboul, Bernard Bajolet, a ouvertement critiqué, mardi 23 avril, la corruption gangrenant le système politique en Afghanistan, le "New York Times" (NYT) a révélé, dans le même temps, que la CIA avait secrètement "arrosé" à coups de valises de millions de dollars l’administration Karzaï depuis 2004.

Une information choc, confirmée par Hamid Karzaï lundi 29 avril. "Oui le CNS, [le Conseil national de sécurité, un organisme dépendant de la présidence] a reçu de l'argent de la CIA au cours des dix dernières années. Le montant n'est pas très important", s'est-il néanmoins justifié.

Le quotidien américain, pourtant, évoque un vaste réseau. "Depuis l'invasion en 2001, la CIA s'est offert en cash les services de nombreux chefs de guerre, comme Mohammed Fahim Khan, l'actuel premier vice-président", peut-on lire dans l'article. "Les États-Unis ont été la plus grande source de corruption en Afghanistan", a même déclaré, sous couvert d'anonymat, un responsable américain au NYT.

"L’argent arrivait en secret et repartait en secret"

Cet "argent fantôme", explique Khalil Roman, l'un des conseillers du président Hamid Karzaï de 2002 à 2005 interrogé par le NYT, "arrivait en secret et repartait en secret". Il s’agissait moins, pour la CIA, de maintenir Karzaï et son cercle rapproché au pouvoir que de garantir à l’agence américaine un droit de regard sur la politique du pays.

Ces agissements auraient débuté en 2004, selon le "New York Times", à l’arrivée de Karzaï à la tête de l'État. La CIA n'a pas - encore - souhaité commenter cet article.

Bernard Bajolet, ancien ambassadeur de France en Afghanistan, nommé aujourd'hui à la tête des services secrets français.

Cette corruption généralisée avait déjà été pointée du doigt par Bernard Bajolet, dans son retentissant discours d’adieu à l’ambassade, quatre jours plus tôt. S’il n’avait pas ouvertement dénoncé ces trafics d’argent, Bajolet regrettait le manque de transparence flagrant dans les finances afghanes.

"La corruption est le défi le plus important du pays. Elle est le résultat de plusieurs facteurs, dont le manque de confiance d’une partie de l’élite afghane en son propre pays. Elle a également un impact désastreux sur les investisseurs étrangers qui appréhendent cette corruption tout autant que le manque de sécurité" en Afghanistan, avait-il déclaré, sans concession.

"Des valises secrètes d’argent ? Une tradition dans la région"

Pourtant, pour Alain Rodier, ancien officier des services de renseignement français contacté par FRANCE 24, ces accusations n’ont rien d’inédit.

"[Le 'New York Times' et Bernard Bajolet] ont mis les pieds dans le plat et dit tout haut ce que tout le monde sait", explique-t-il. "Ces informations sortent aujourd’hui sur la place publique, mais elles ne sont pas inédites. Il y a toujours eu des valises secrètes d’argent. C’est même traditionnel dans cette zone géographique. L’Iran a lui aussi fait parvenir des valises de billets à Kaboul. Tout ça devient juste un peu plus officiel aujourd’hui", continue le spécialiste du renseignement militaro-industriel.

Reste que cet afflux d’argent n’aurait pas profité au seul cercle rapproché de Karzaï. En graissant la patte des hommes politiques, les États-Unis auraient, malgré eux, favorisé les chefs de guerre locaux, les trafiquants, voire les Taliban - certains d'entre eux ont des liens avec des hommes politiques afghans, rappelle le NYT.

L'Indépendance financière de l'Afghanistan

"Ces valises sont un fléau économique et politique. Économique parce que, sans traçabilité, elles profitent aux narcotrafiquants - l’Afghanistan est le premier pays producteur d’héroïne au monde. N’oubliez pas que le propre frère de Hamid Karzaï [Ahmed Wali Karzaï] est soupçonné d’être un trafiquant !", reprend Alain Rodier.

Elles mineraient aussi, à fortiori, la stratégie de retrait des troupes américaines de l’Aghanistan en 2014 dont l'un des buts était, ironiquement, de démanteler les syndicats du crime. "Quand l’Otan partira, tout le monde sait très bien qu’il faudra peu de temps aux Taliban pour reprendre le pouvoir", pronostique Alain Rodier qui se dit "pessimiste pour l’avenir du pays".

Un pessimisme partagé par Bernard Bajolet. "Soyons honnêtes : Il n’existera jamais de souveraineté effective dans le pays tant que l’Afghanistan sera dépendant financièrement [des puissances occidentales]", avait encore déclaré celui-ci dans son discours, mardi.

 

Première publication : 29/04/2013

  • AFGHANISTAN

    Double attentat en Afghanistan en marge de la visite du secrétaire américain à la Défense

    En savoir plus

  • AFGHANISTAN

    Un ex-soldat de l’Armée rouge, disparu depuis 33 ans, retrouvé en Afghanistan

    En savoir plus

  • NATIONS UNIES

    L'ONU ouvre une enquête sur les frappes de drones

    En savoir plus

Comments

COMMENTAIRE(S)