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EUROPE

Le nouveau président du Conseil italien, Enrico Letta, présente sa feuille de route

© Photo AFP

Vidéo par Claire BONNICHON

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 15/07/2013

Enrico Letta, le nouveau président du Conseil italien qui a formé un gouvernement associant des personnalités issues de la gauche, de la droite et du centre, doit prononcer son discours de politique générale, ce lundi, devant le Parlement.

C’est un discours très attendu que doit prononcer ce lundi 29 avril aux alentours de 14h le nouveau chef du gouvernement italien, Enrico Letta, devant le Parlement italien. Le palais de Montecitorio (la Chambre des députés) est placé sous haute surveillance, après que la cérémonie durant laquelle le gouvernement a prêté serment, dimanche, a été entachée par les coups de feux tirés par un chômeur désespéré.

Enrico Letta doit présenter son programme devant le Parlement, qui sera notamment attentif à sa politique économique. Le nouveau Premier ministre demandera ensuite au Parlement de voter la confiance à son gouvernement, né d’une alliance inédite entre la droite et la gauche italiennes.

Ce discours de politique générale est très attendu par les partenaires européens de l’Italie mais aussi par les marchés, inquiets de voir la troisième économie européenne s'enfoncer dans la récession. Dès son ouverture, la Bourse de Milan a bondi de 1,68 %, signe d'une confiance dans la capacité du gouvernement à assainir la situation.

Ce gouvernement "semble être une très bonne nouvelle pour l'Italie", s'est félicité lundi Erik F. Nielsen, chef économiste de la banque Unicredit. L'arrivée d’Enrico Letta "symbolise à la fois un changement générationnel et une approche moins partisane de la politique".

Gouvernement d’union nationale

La composition du nouveau gouvernement a effectivement surpris car il s’agit d’une alliance jamais vue jusque là entre la droite et la gauche : 9 ministres issus de la gauche, 5 de la droite et 3 du centre ont été nommés. Le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo, tout comme la Ligue du Nord, ex-alliée de Berlusconi, n'y participent pas. Les professions et catégories représentées dans le gouvernement ont aussi étonné les Italiens.

Il en va ainsi de la championne de kayak d'origine allemande Josefa Idem, 48 ans, une légende du sport mondial pour ses 38 médailles et sa longévité avec sa participation à huit olympiades. Elle n’est pas pour autant sans expérience politique, puisqu'elle est responsable des sports pour le PD (Parti démocrate, principale force de gauche) d'Émilie Romagne (nord-est) et qu'elle a été élue sénatrice aux dernières législatives.

Le choix de Cecile Kyenge, originaire de la République démocratique du Congo et première ministre de couleur de l'histoire italienne, pour le ministère de l'Intégration, a aussi défrayé la chronique. Cette ophtalmologue de 49 ans, arrivée en Italie en 1983 et entrée en politique avec la gauche en 2004 en Émilie Romagne, est très engagée dans les campagnes pour les droits des immigrés. Elle veut notamment changer la législation italienne basée sur le droit du sang. "Un enfant, fils d'immigrés, qui est né ici et qui se forme ici doit être un citoyen italien", explique-t-elle.

La nomination au ministère du Travail du patron de l'Institut des statistiques Istat, Enrico Giovannini, 56 ans, a agréablement surpris. Cet homme de chiffres est en effet connu pour son attention pour les jeunes chômeurs, les précaires et la nouvelle classe des employés de call center.

Le chômage, premier défi du gouvernement

Parmi ses objectifs, Enrico Letta a promis de s'attaquer en particulier au chômage qui touche près de 12 % de la population active et plus d'un tiers des jeunes. "Le gouvernement Letta sera jugé sur sa capacité à répondre à l'urgence sur le marché du travail et à freiner l'hémorragie qui frappe le secteur manufacturier italien", avec la fermeture de milliers de PME, a averti Fabrizio Forquet, éditorialiste du "Sole 24 Ore".

Le nouveau ministre de l'Économie et jusque-là directeur de la Banque d'Italie, Fabrizio Saccomanni, a promis dimanche dans le journal "La Repubblica" une "recomposition des dépenses" publiques pour stimuler la croissance à travers un "pacte" entre les banques, les consommateurs et les entreprises.

Ce banquier central, décrit comme sensible à la précarité et au chômage des jeunes, a dit vouloir soutenir "les entreprises et les couches les plus faibles" de la population au moment où les Italiens ploient sous l'effet des plans d'austérité adoptés par les gouvernements Berlusconi et Monti.

A contrario, sur son aile droite, le gouvernement Letta fait l'objet de fortes pressions venant du camp de Silvio Berlusconi pour alléger la pression fiscale en abolissant la taxe sur la résidence principale, au risque de priver le budget de l'État de 4 milliards à 8 milliards d'entrées fiscales qu'il faudrait trouver ailleurs. Pour diriger ce gouvernement d'union nationale, Enrico Letta va donc devoir concilier des personnalités et des idées jusque là en complète opposition.

Avec dépêches

Première publication : 29/04/2013

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