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Fermer Guantanamo, l'impossible promesse de Barack Obama

© AFP

Texte par Gaëlle LE ROUX

Dernière modification : 02/05/2013

Depuis 2008, Barack Obama promet de fermer la prison militaire de Guantanamo. Mais confronté à l’opposition du Congrès et à une situation juridique et diplomatique complexe, le président américain n’est toujours pas parvenu à tenir sa promesse.

"J’ai dit à plusieurs reprises que j’avais l’intention de fermer Guantanamo et je le ferai." En novembre 2008, Barack Obama, alors candidat démocrate à la Maison Blanche, affichait une détermination sans faille au sujet de la prison située sur la base navale américaine érigée dans la baie de Guantanamo à Cuba. De cette promesse, il ne reste pas grand-chose : cinq ans et un mandat plus tard, 166 personnes sont toujours arbitrairement détenues à Guantanamo. 

Une centaine de prisonniers sont aujourd'hui en grève de la faim, rappelant au bon souvenir des autorités américaines l’inextricable problématique de la prison militaire, symbole persistant de l’ère Bush. L’état de santé de certains grévistes a ainsi contraint Barack Obama à sortir du silence. "Je pense qu’il est très important de réaliser qu’il n’est pas nécessaire de maintenir Guantanamo ouverte pour préserver la sécurité des États-Unis", a déclaré mardi 30 avril le président américain au cours d’une conférence de presse. "Guantanamo coûte cher, est inefficace et ruine l’image de notre pays […]. C’est un outil de recrutement pour les terroristes", a-t-il poursuivi. Puis de répèter son engagement : "Il faut fermer Guantanamo".

Douche froide au Congrès

Pourquoi est-il si difficile de tenir cette promesse vieille de cinq ans ? C’est pourtant l’un des premiers dossiers que Barack Obama a pris à-bras-le-corps. Le 22 janvier 2009, deux jours après sa prestation de serment, le tout nouveau chef de l’État promulgue un décret ordonnant la fermeture de la base dans un délai d’un an et stoppant, pour quatre mois, le fonctionnement des tribunaux militaires d’exception.

Le 14 avril 2009, les nouvelles autorités américaines franchissent une nouvelle étape dans la fermeture de Guantanamo. Lors d’une réunion à la Maison Blanche, la libération de huit des 22 Ouïghours, des Chinois musulmans jugés non-coupables et non-dangereux, est actée. Ils doivent être intégrés progressivement dans la communauté ouïghoure de l’État de Virginie.

Mais quelques mois plus tard, en mai 2009, le Congrès, pourtant majoritairement démocrate, inflige une douche froide à Obama. Les députés, craignant de voir s’éroder leur base électorale en cautionnant une mesure impopulaire, refusent de débloquer les 80 millions d’euros nécessaires au transfèrement des prisonniers. "Les Américains ne veulent pas que quelques-uns des hommes les plus dangereux du monde puissent vivre ici", argue alors le sénateur Mitch McConnel.

Le projet d’intégration aux États-Unis des huit Ouïghours est écarté - la plupart d'entre eux seront libérés entre 2010 et 2012 et tranférés au Salvador, en Suisse, aux Bermudes, en Albanie et à Palau dans le Pacifique. Par la suite, le Congrès réitère à plusieurs reprises son opposition à la fermeture de Guantanamo, et va même jusqu’à interdire, en décembre 2010, l’acheminement des détenus vers des prisons situées dans l'un des 50 États américains.

Peu de coordination à la Maison Blanche

Selon une longue enquête du "Washington Post" consacrée à ce dossier, publiée en avril 2011, la Maison Blanche ne s’est montrée ni très coordonnée ni très persuasive pour faire adopter par le Congrès cette promesse-phare du candidat démocrate. "S’il y a quelque chose que je ne suis jamais parvenu à découvrir, c’est qui était en charge du dossier Guantanamo", témoigne, sous le sceau de l’anonymat, un élu au Congrès. "Tout le monde semblait en contrôler quelques parties, mais personne n’était véritablement en charge de ce dossier", ajoute-t-il.

Un autre élu explique également aux journalistes du "Washington Post" que le camp démocrate n’a pas mis de pression sur le Congrès : "Ils n’étaient pas là à respirer dans nos cous pour nous pousser à voter en faveur du texte ou exiger une action unie".

Quels pays pour accueillir les détenus ?

D’autre part, Barack Obama, à son arrivée au pouvoir, avait promis de juger les détenus de Guantanamo dans des tribunaux civils afin de pouvoir décider de leur sort : détention dans des prisons de droit commun ou réintégration dans les divers - et rares - pays qui se sont portés volontaires à leur accueil. La mission s’est finalement avérée bien plus complexe que prévu. La plupart des 166 détenus de la prison militaire ont été arrêtés dans des conditions ne respectant ni le droit national ni international. Hors de question pour les autorités américaines de risquer la remise en liberté d’individus considérés comme dangereux. Les tribunaux militaires ont donc repris de l’activité. En mars 2011, Obama fait un nouveau renoncement : il signe un décret ordonnant le maintien en détention - et pour une durée indéterminée - de 47 prisonniers, jugés dangereux mais contre lesquels aucune preuve suffisante n’a été apportée.

Aujourd’hui, l’administration américaine considère que 55 des 166 prisonniers encore détenus à Guantanamo sont libérables. Aucune preuve n’a été retenue contre eux et ils ne sont pas considérés comme dangereux. Mais que faire d’eux ? "La plupart viennent du Yémen, d’Afghanistan et d’Arabie saoudite. La solution la plus logique serait de les renvoyer chez eux, mais ces pays ne sont pas particulièrement enthousiastes à l’idée d’accueillir ces détenus soupçonnés d’avoir été proches de terroristes", explique Virginie Herz, spécialiste de politique internationale à FRANCE 24. La journaliste poursuit : "Et même s’ils acceptaient de les accueillir, il reste de sérieuses préoccupations quant à leur sécurité ou quant à l’éventuelle reprise d’activités terroristes. La solution serait de les envoyer dans des pays tiers, comme ceux de l’Union européenne, mais ils se montrent rétissants à l’idée d’accueillir d’anciens détenus de Guantanamo."

Première publication : 01/05/2013

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