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FRANCE

Le contrat de génération, feu de paille ou véritable aubaine ?

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 01/05/2013

À l'occasion de la Fête du travail, FRANCE 24 fait le point sur l'une des mesures phare de François Hollande pour résoudre le problème du chômage : le contrat de génération, dont le premier a été signé fin mars.

En ce 1er-Mai, Fête du travail, la thématique du chômage revient plus que jamais sur le devant de la scène à l’heure où le nombre de demandeurs d’emploi vient d’atteindre les 3 224 600 en mars, dépassant le triste record de 1997.

Depuis son élection il y a un an, François Hollande, qui a promis d’inverser la courbe du chômage d’ici à la fin de 2013, a lancé toute une série de mesures, parmi lesquelles les contrats de génération. Ces derniers proposent une aide financière à toute entreprise qui embauchera un jeune de moins de 26 ans, tout en conservant un senior de plus de 57 ans chargé de former son successeur. Au-delà de la transmission des compétences, l’objectif est de réduire le chômage des jeunes et des seniors.

"Je n’avais jamais entendu parler du contrat de génération"

Chez Opa-Opticad, à Mitry-Mory (Seine-et-Marne), où s’est rendu une équipe de FRANCE 24, le contrat de génération est une aubaine. Cette entreprise spécialisée dans l’optique de précision est la première à avoir signé un contrat de ce genre.

Lionel Lafargue, 59 ans, aurait pu prendre sa retraite en septembre 2012, mais il a décidé de rester quelques mois de plus, sur demande de son patron, afin de former la relève, Kevin Lemaire, 21 ans. "Cela ne peut être que bénéfique pour son avenir. Quant à moi, je pars soulagé en ayant fait quelque chose de bien et en transmettant que ce que j’ai appris ici en 42 ans…", explique à FRANCE 24 le futur retraité.

Ravi de pouvoir acquérir un savoir-faire de précision "qui ne s’apprend pas à l’école", Kevin Lemaire est arrivé chez Opa-Opticad sans aucune technique et après un an de chômage. Le contrat de génération, c’est sa planche de salut. Pourtant, à son embauche, il n’en avait pas eu vent. "Je n’étais pas du tout au courant de ce que c’est. C’est le patron qui m’en a parlé après avoir signé mon contrat", se souvient-il.

L’État s’engage à verser 2 000 euros par an et par salarié concerné aux entreprises qui jouent le jeu. Une somme non négligeable pour les PME comme Opa-Opticad qui touchera donc 12 000 euros sur trois ans.

"Une mesure pas à la hauteur des enjeux du chômage"

Pour l’heure, aucune statistique sur l’efficacité de la mesure n’a été rendue publique par le gouvernement. Au Centre d’études pour l’emploi, on estime que l’idée est bonne mais qu’elle constitue avant tout un pansement sur une jambe de bois : "cela ne sera pas forcément un moyen de régler le volume du chômage, c’est juste un outil qui aménage la rapidité d’accès aux emplois déjà existants", estime Annie Jolivet, chercheur au centre.

Consultant au cabinet Towers Watson, spécialiste des ressources humaines et auteur du livre "Si Senior, travailler plus longtemps en entreprise, c’est possible" (éd. Lignes de Repères), Rodolphe Delacroix salue, lui aussi, l’initiative. "Toutefois, cette mesure n’est pas à la hauteur des enjeux", nuance-t-il sur l’antenne de FRANCE 24, ajoutant que les causes du taux de chômage des seniors - parmi les plus hauts d’Europe - sont nombreuses et ne se solutionneront pas uniquement par leur maintien en entreprise.

Selon lui, il faut donc aller plus loin et intégrer plus de souplesse sur le marché du travail. Prenant comme exemple les pays d’Europe du Nord, Rodolphe Delacroix préconise un accès plus large à la formation pour les plus de 50 ans, le développement de leurs compétences, mais aussi une meilleure organisation du travail en prenant en compte la pénibilité de certaines activités. Il estime également qu’il faut revoir le coût des seniors, le système français de rémunération qui augmente avec l’âge et qui génère un surcoût en entreprise n’étant pas toujours justifié, selon lui.

Il est tout à fait concevable, pour le chercheur - favorable à une retraite à la carte -, que les cadres puissent officier jusqu’à 65 ans et que les employés soumis à la pénibilité du travail puisse partir en retraite à 58 ans, leur reconversion étant beaucoup plus délicate.

Première publication : 01/05/2013

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