Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Yémen : des milliers de réfugiés affluent à Djibouti

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

"Christianophobie" : un mots qui fait peur..

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Hillary Clinton entre en piste pour 2016 - Les élections législatives au Royaume-Uni

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Naufrages de migrants : l'Europe passive ou impuissante ?

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Manuel Valls contre le racisme et l'antisémitisme

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Présidentielle américaine 2016 : l'économie dans la campagne

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Nokia s'offre Alcatel-Lucent : les emplois menacés ?

En savoir plus

BILLET RETOUR

Afrique du Sud : les familles des mineurs de Marikana réclament justice

En savoir plus

REPORTERS

Les Arméniens cachés de Turquie en quête d’identité

En savoir plus

Moyen-orient

Les rebelles syriens ont-ils utilisé des armes chimiques ?

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Perrine MOUTERDE

Dernière modification : 06/05/2013

Les rebelles syriens ont fait usage de gaz sarin, accuse Carla del Ponte, membre de la Commission d'enquête de l'ONU sur les violations des droits de l'Homme en Syrie. Une affirmation à prendre avec prudence en l'absence de preuve "incontestable".

La magistrate Carla del Ponte, membre de la commission d'enquête de l'ONU sur les violations des droits de l'Homme en Syrie. © AFP

"Selon les témoignages que nous avons recueillis, les rebelles ont utilisé des armes chimiques, faisant usage de gaz sarin." Alors que l'opposition et le régime syrien s'accusent mutuellement d'avoir employé des armes chimiques, Carla del Ponte, membre de la Commission d'enquête de l'ONU sur les violations des droits de l'Homme en Syrie, pointe clairement du doigt les insurgés.

Dans une interview à la radio suisse italienne, dans la nuit du 5 au 6 mai, elle a toutefois reconnu ne pas disposer de preuve irréfutable. Ses accusations reposent sur des témoignages de victimes et de médecins recueillis dans les pays voisins de la Syrie. "Nous avons des suspicions fortes, concrètes, mais pas de preuve incontestable de l'utilisation de gaz sarin [une substance toxique considérée comme une arme de destruction massive par l'ONU, ndlr], a précisé l'ancienne procureure du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. Cet emploi serait le fait des rebelles et non des forces gouvernementales."

Un arsenal placé sous haute surveillance par le régime

Ces dernières semaines, différentes sources occidentales, dont le président américain Barack Obama, ont admis avoir "des preuves" que des armes chimiques avaient bien été utilisées. Sans toutefois dire par qui.

Alors que la mission d'experts de l'ONU constituée pour enquêter sur ce dossier s'est vue refuser l'accès au territoire syrien, les accusations de Carla del Ponte restent à pendre avec prudence. Aucun élément n'indique pour l'instant que les rebelles ont réussi à prendre le contrôle des sites où est stocké l'arsenal chimique syrien, placé sous haute surveillance par le régime. Ni qu'ils aient la capacité, ensuite, d'en faire usage.

"Le régime peut utiliser des armes chimiques, indique Olivier Lepick, spécialiste des armes chimiques et chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique. Il dispose d'obus, de lance-roquettes, de missiles Scud qui auraient été équipés de têtes chimiques... Les rebelles en revanche n'ont probablement pas les moyens d'utiliser de telles armes, à part s'ils ont mis la main sur quelques obus déjà chargés en sarin. On parle donc de très faibles quantités."

"Il y a beaucoup de manipulations"

Selon cet expert, les témoignages ou les analyses qui pourraient être effectuées sur des victimes ne sont en outre pas suffisants pour déterminer de façon certaine l'utilisation de gaz sarin. Si les insurgés ont bien tiré des obus chargés en sarin, quel était leur objectif ? Sans doute de faire croire aux pays occidentaux que ce sont les forces de Bachar Al-Assad qui en avaient fait usage et que la fameuse "ligne rouge" avait été franchie. Et donc de provoquer une réaction internationale, telle que la livraison d'armes aux rebelles.

"Cette histoire d'armes chimiques et de ligne rouge est une pantalonnade, réplique Olivier Lepick. Il y a déjà 85 000 morts en Syrie [le dernier bilan de l'ONU fait état de 70 000 morts, NDLR] et on se perd en digressions pour savoir si oui ou non la ligne rouge a été franchie... La communauté internationale se cache derrière son petit doigt. Il y a beaucoup de manipulation sur ce sujet, même de la part des chancelleries occidentales. Elles disent avoir des preuves mais se gardent bien de les publier."


 

Première publication : 06/05/2013

  • SYRIE

    Le gaz sarin, une arme de destruction massive

    En savoir plus

  • SYRIE

    Obama confirme avec prudence l'emploi d'armes chimiques en Syrie

    En savoir plus

  • Armes chimiques en Syrie : pas de certitude mais une nouvelle donne ?

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)