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Asie - pacifique

Dacca ordonne la fermeture de 18 usines après l'effondrement d'un immeuble

© AFP

Vidéo par Florence THOMAZEAU

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 08/05/2013

Le ministre bangladais du Textile a annoncé la fermeture de 18 usines à Dacca et à Chittagong pour des raisons de sécurité. Une mesure préventive qui vise à rassurer les industriels occidentaux échaudés par la catastrophe du Rana Palaza.

Deux semaines après l'effondrement d'un immeuble abritant des ateliers de confection, dont le bilan encore provisoire dépasse les 800 morts, le ministre du Textile du Bangladesh a annoncé, mercredi 8 mai, la fermeture de 18 usines du textile pour des raisons de sécurité. "Seize usines ont été fermées à Dacca et deux à Chittagong", la deuxième ville du pays, a annoncé à la presse le ministre, Abdul Latif Siddique, précisant que de nouvelles usines seraient fermées dans le cadre du renforcement des mesures de sécurité.

Il s'agit des premières fermetures décidées par les autorités depuis le drame, le plus meurtrier de l'histoire industrielle du pays. "Nous avons constaté que ceux qui prétendent avoir les usines les plus aux normes au Bangladesh n'ont pas totalement respecté les règles de construction", a ajouté le ministre.

Les autorités craignent le départ des marques occidentales

Le Bangladesh est le deuxième pays exportateur de textile au monde, après la Chine. Cette industrie représente plus de 40 % de la main d'œuvre du pays et 80 % de ses exportations.

Craignant que les marques occidentales se détournent de leurs fournisseurs bangladais, le gouvernement a annoncé, lundi, la mise en place d'une nouvelle commission d'enquête devant inspecter les quelque 4 500 usines textiles à la recherche d'éventuels défauts de construction. Le ministre du Textile a été nommé à la tête de cette commission.

Le gouvernement avait fait une annonce similaire après un incendie dans une usine textile près de Dacca en novembre dernier, qui avait déjà fait 111 morts. Mais les inspections avaient été jugées nettement insuffisantes pour faire progresser les conditions de sécurité déplorables dans ce secteur industriel.

Effondrement du Rana Palaza, les recherches se poursuivent

Une douzaine de personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête, dont le propriétaire de l'immeuble et les propriétaires des ateliers de confection.

Un porte-parole de l'armée en charge des secours, le lieutenant Mir Rabbi, a indiqué à l'AFP mercredi que "le bilan s'élève désormais à 803 morts", dont 790 personnes retrouvées dans les ruines et 13 décès de blessés ayant succombé à l'hôpital. Selon les autorités, 2 437 personnes ont été secourues vivantes.

Le brigadier général Siddiqul Alam Sikder a indiqué à l'AFP que les grues et les bulldozers déblayaient désormais les gravats correspondant au troisième étage du Rana Plaza et que l'odeur nauséabonde émanant de ce qu'il reste des étages inférieurs suggérait que des corps étaient encore pris au piège.

"Nous pensons que nous allons trouver d'autres corps parce que nous n'avons pas encore atteint les étages inférieurs. Nous avons fini le travail à 70 %", a-t-il ajouté.

Il a toutefois précisé que le nombre de victimes aux rez-de-chaussée, premier et deuxième étages pourrait ne pas être très élevé car ces niveaux abritaient des magasins et des banques ouvrant à 9h00, environ l'heure du drame, et que les employés n'étaient peut-être pas tous arrivés.

Quelque 150 corps ont été retrouvés dans les escaliers de l'immeuble, les ouvriers ayant tenté de fuir les étages où ils se trouvaient. Mais le Rana Plaza s'est effondré en cinq minutes, rendant toute fuite vaine.

Selon des responsables des secours, certains corps extraits des décombres n'avaient plus tous leurs membres, d'autres étaient dans un état de décomposition avancée, rendant leur identification difficile. L'odeur obligeait les secours à porter des masques et à utiliser des désodorisants.

Ce drame a braqué les projecteurs sur les "ateliers de misère" du secteur textile, pilier de l'économie du Bangladesh, où des ouvriers payés parfois moins de 30 euros par mois travaillent à des cadences infernales.

Avec dépêches

Première publication : 08/05/2013

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