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Législatives au Pakistan : Washington craint l'anti-américanisme des candidats

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 10/05/2013

À la veille des législatives au Pakistan, les États-Unis savent qu'ils devront préserver leur entente avec Islamabad quel que soit le vainqueur. Mais les deux favoris du scrutin, Imran Khan et Nawaz Sharif, n'ont jamais caché leur anti-américanisme.

Malgré des années de crise et de défiances réciproques, les États-Unis n’ont pas le choix : ils doivent préserver coûte que coûte leur entente cordiale avec Islamabad. En jeu, la lutte anti-terroriste dans la région mais aussi le retrait des troupes américaines d’Afghanistan, pays voisin, sans compter le poids stratégique du Pakistan, puissance nucléaire. "Nous sommes engagés avec Islamabad pour toujours", a d’ailleurs prédit l'expert américain Daniel Markey, analyste au centre de réflexion Council on Foreign Relations (CFR).

Et pourtant, l’avenir s’annonce maussade. Si du temps de la présidence de Asif Ali Zardari (2008-2013) Washington pouvait compter sur quelques personnalités politiques pro-américaines, avec les élections législatives du 11 mai la donne pourrait être différente.

L’anti-américanisme, un argument électoral

Les deux principaux prétendants au pouvoir, l'ex-Premier ministre et favori Nawaz Sharif – dont le parti est allié aux islamistes - et l'ancienne gloire du cricket Imran Khan, n’ont jamais caché leur anti-américanisme. Dans un pays où le taux d’opinion favorable aux États-Unis plafonne à 11% d’après l’institut de sondage américain Pew, cultiver la haine des Américains auprès des électeurs pakistanais fait plutôt office d’argument électoral.

Les États-Unis préfèrent, eux, faire la sourde oreille. Le porte-parole du département d'État Patrick Ventrell a simplement assuré que Washington "s'impliquerait avec le prochain gouvernement démocratiquement élu", quel que soit le vainqueur.

Pour Richard Wike, directeur de l’enquête mené par l’institut de sondage Pew, l’impopularité des États-Unis provient en grande partie des attaques de drones menées par les Américains dans les zones tribales pakistanaises contre des Taliban et des combattants d'Al-Qaïda. Et le raid mené à Abbottabad, dans le nord du Pakistan, pour débusquer et tuer Oussama Ben Laden en mai 2011 n’a rien arrangé. La cote de popularité du président Barack Obama est aussi mauvaise au Pakistan que celle de son prédécesseur George W. Bush.

"Une lune de miel" encore possible entre Washington et Islamabad

Ce dernier avait toutefois scellé fin 2001 une alliance dans la "guerre contre le terrorisme" islamiste avec Islamabad, ce qui avait rapporté en une décennie 20 milliards de dollars d'aide au Pakistan. Une somme d’argent qui devrait amadouer Nawaz Sharif, estiment les diplomates américains. C'est aussi l'avis de Simbal Khan, chercheuse pakistanaise du Woodrow Wilson Center à Washington : "La relation avec les États-Unis est de la plus haute importance pour le Pakistan", souligne-t-elle.

Selon un autre expert, Seth Jones, de l'institut Rand, il pourrait même y avoir "une période de lune de miel" entre Washington et Islamabad capable "de faire redémarrer la relation américano-pakistanaise sur des questions fondamentales comme la menace sécuritaire et l'économie".

Mais pour l'expert Daniel Markey du CFR, Islamabad cherchera avant tout à "renégocier avec les États-Unis un accord sur les routes d'approvisionnement" des troupes internationales en Afghanistan, une priorité pour les Américains qui veulent se retirer militairement de ce pays d'ici à la fin 2014.

FRANCE 24 avec dépêches

Première publication : 10/05/2013

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