Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

L'Argentine poussée vers le défaut de paiement

En savoir plus

SUR LE NET

Chine : de faux profils Twitter démasqués

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Les cachotteries de Poutine et Merkel"

En savoir plus

CAP AMÉRIQUES

Les défis diplomatiques de John Kerry

En savoir plus

DÉBAT

Israël - Gaza : l'espoir de trêve évanoui ?

En savoir plus

DÉBAT

Virus Ebola en Afrique de l'Ouest : comment vaincre cette épidémie sans précédent ?

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Se battre pour les cendres pour étouffer la braise"

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Les peoples et le conflit israélo-palestinien

En savoir plus

FOCUS

États-Unis : les prisons californiennes surpeuplées

En savoir plus

  • Ebola : état d'urgence au Sierra Leone, l'inquiétude grandit dans le monde

    En savoir plus

  • L'armée ukrainienne suspend son offensive dans l'Est

    En savoir plus

  • Vidéo : reportage au cœur des tunnels creusés par le Hamas à Gaza

    En savoir plus

  • La clôture frontalière, nouvelle pomme de discorde entre le Maroc et l’Algérie

    En savoir plus

  • Moscou condamné à verser 1,86 milliard d'euros aux ex-actionnaires de Ioukos

    En savoir plus

  • Karim Wade, le fils de l'ex-président, jugé à Dakar pour "enrichissement illicite"

    En savoir plus

  • Mort de Paul Jean-Ortiz, conseiller diplomatique de François Hollande

    En savoir plus

  • BNP Paribas subit une perte record après l'amende américaine

    En savoir plus

  • L'Argentine de nouveau en défaut de paiement

    En savoir plus

  • Avec "Lucy", Luc Besson domine le box-office américain

    En savoir plus

  • Glissement de terrain meurtrier dans l'ouest de l'Inde

    En savoir plus

  • "Accuser la Serbie du déclenchement de la guerre est absurde"

    En savoir plus

  • Les deux derniers plus hauts responsables khmers rouges jugés pour génocide

    En savoir plus

  • Journée sanglante à Gaza en dépit d’une courte trêve humanitaire

    En savoir plus

  • Otages : la France, premier banquier des djihadistes d’Al-Qaïda

    En savoir plus

  • Moscou répond aux sanctions en menaçant l’UE et les États-Unis

    En savoir plus

  • En Chine, un scandale alimentaire chasse l’autre

    En savoir plus

  • Lille s'impose à Zurich et entrevoit la qualification pour les barrages

    En savoir plus

FRANCE

Esclavage : le Cran dénonce "les promesses bafouées" par le gouvernement français

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 10/05/2013

En rejetant l’idée de compensations financières pour l’esclavage, le président français fait, selon des associations, montre de son peu d’empressement à honorer certains de ses engagements de campagne formulés en direction de l’outre-mer.

En excluant catégoriquement, vendredi 10 mai, toute réparation matérielle de l’esclavage, François Hollande a provoqué la déception de plusieurs associations réclamant des compensations "morales et financières" pour les ravages causés par la traite négrière.

"Le seul choix possible, le plus digne, le plus grand, le plus responsable, c'est celui de la mémoire"

Lors d’une cérémonie organisée dans les jardins du Luxembourg, à Paris, à l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, le président français s’en est remis au poète antillais Aimé Césaire, dont le centenaire de la naissance sera célébré cette année. "Il y aurait une note à payer et ensuite ce serait fini ? Non ! Ce ne sera jamais réglé", a lancé le chef de l'État en citant le défunt homme de lettres martiniquais pour qui la réparation était "impossible".

"Les gens qui volent n’aiment pas qu’on les accuse et encore moins qu’on leur demande de rendre ce qu’ils ont pris, a déploré sur le plateau de FRANCE 24 Louis-Georges Tin, dont l’association qu’il préside, le Conseil représentatif des associations noires (Cran), a déposé plainte, vendredi, contre la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Selon l’organisation, ce bras financier de l’État français aurait encaissé l’équivalent de 21 milliards de dollars versés au XIXe siècle par Haïti en contrepartie de son indépendance, en 1804.

Un débat qui "n'a pas de sens"

Analyse des differences entre l'esclavagisme et le colonialisme avec Marcel Dorigny, historien

"Nous avons rencontré en octobre 2012 le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui s’était engagé à mettre en acte une politique de réparation, rappelle Louis-Georges Tin. Aujourd’hui, cette promesse est bafouée et c’est pour cela que nous avons décidé de régler ce problème politique devant les tribunaux."

L’initiative du Cran est cependant loin de faire l’unanimité au sein du milieu associatif. Pour l'historien Pascal Blanchard, ce débat "n'a aucun sens". Parler de réparations financières avant d'avoir effectué le travail de mémoire revient "à demander l'addition avant même d'avoir commencé à manger ensemble", a affirmé à l'AFP ce spécialiste de la colonisation.

"Il y a mille et une façons de réparer les choses, insiste toutefois Louis-Georges Tin. Le musée de l’esclavage serait, par exemple, une réparation morale. Nous le voulons, François Hollande s’y refuse." Dans son discours, ce dernier a néanmoins pris soin d’annoncer que l'État apporterait sa "contribution" au "projet emblématique" de "Mémorial ACTe" à Pointe-à-Pitre. Jusqu'alors porté par la région Guadeloupe, fief de son ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, ce musée, dont le coût est estimé à 70 millions d'euros, sera "le centre d'expression sur la traite et l'esclavage le plus important au monde", a garanti le chef de l'État.

La notion de "race" reste inscrite dans la Constitution

"C'est la paix des mémoires réconciliées qui permettra à la France d'être plus forte"

Malgré cette annonce, d'aucuns reprochent au président son peu d’empressement à honorer certaines de ces promesses de campagne formulées en direction de l’électorat de l’outre-mer. Alors candidat à l’Élysée, François Hollande s’était en effet engagé à faire supprimer le mot "race" de la Constitution. "Il n’y a pas de place dans la République pour la race. Et c’est pourquoi je demanderai, au lendemain de la présidentielle, au Parlement de supprimer le mot ‘race’ de notre Constitution", avait déclaré le socialiste deux mois avant d’accéder à la présidence, rappelle "Le Parisien".

Or cette modification ne sera pas inscrite dans le premier train de réformes constitutionnelles soumises aux parlementaires en juillet prochain à Versailles. Bien qu’elle assure ne pas vouloir enterrer cet engagement, la présidence semble vouloir se consacrer à d’autres sujets comme celui de la réforme du Conseil supérieur de la magistrature. Quelque peu pris de court par le mouvement anti-mariage pour tous, le gouvernement ferait bien l’économie d’un nouveau débat de société susceptible de déchaîner les passions.

 

Première publication : 10/05/2013

COMMENTAIRE(S)