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Asie - pacifique

Nawaz Sharif, le "Lion du Penjab", favori des législatives au Pakistan

© AFP

Vidéo par Julien FOUCHET

Texte par Perrine MOUTERDE

Dernière modification : 11/05/2013

Le leader de la Ligue musulmane pakistanaise obtiendra-t-il un troisième mandat de Premier ministre ? À la veille des législatives, les sondages placent Nawaz Sharif en tête des intentions de vote, devant son rival Imran Khan. Portrait.

La rumeur a enflé sur les réseaux sociaux. Sandy, la tigresse blanche, a succombé. À force d'être trimballée aux meetings du candidat Nawaz Sharif sur le toit brûlant d'une voiture, la fatigue et la chaleur l'auraient tuée. Mais les partisans de l'ancien Premier ministre, présenté comme le favori des législatives du 11 mai, peuvent être rassurés : selon la BBC, Sandy va bien.

Le tigre - ou le lion, suivant les occasions - est le symbole de la Ligue musulmane pakistanaise (PML-N), le plus vieux parti du Pakistan. Son chef de file, Nawaz Sharif, est lui-même un vétéran de la politique. À son actif, deux mandats de Premier ministre dont il n'a jamais vu le bout, une peine de prison et de longues années d'exil, avant un retour au pays. Et à 63 ans, il n'entend pas en rester là.

"Nawaz Sharif représente l'aristocratie industrielle"

L'affiche de campagne de Nawaz Sharif.

"Barbar Sher" - le lion, son surnom - naît en 1949 dans une famille industrielle originaire du Cachemire. Suivant la voie paternelle, il débute dans le secteur de l'acier. L'entreprise fondée par son père, Ittefaq Foundries, qui comprend notamment une aciérie et des usines de production de sucre, pèse aujourd'hui plusieurs milliards d'euros.

La famille, elle, est devenue l'une des plus influentes du Penjab, l'une des provinces les plus riches et les plus peuplées du pays. C'est là que Nawaz Sharif entame sa carrière politique au début des années 1980. En 1985, il dirige le gouvernement local. Il rejoint l'année suivante les rangs de la Ligue musulmane, un parti conservateur sur le plan social et libéral au niveau économique.

Depuis son bastion, Nawaz Sharif s'oppose alors au gouvernement fédéral de Benazir Bhutto, la dirigeante du Parti du peuple pakistanais (PPP). La rivalité entre les deux clans - les Bhutto sont implantés dans la province du Sindh - perdure jusqu'à aujourd'hui et structure la vie politique du pays. "En termes d'appartenance sociétale, Nawaz Sharif représente l'aristocratie industrielle alors que le clan Bhutto représente plutôt l'aristocratie terrienne", précise Karim Pakzad, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques.

Nawaz Sharif accède au poste de Premier ministre en 1990, jusqu'à ce que son gouvernement soit dissous trois ans plus tard. Il revient aux manettes en 1996, succédant pour la deuxième fois à Benazir Bhutto.

"Développement, infrastructure, économie, religion"

En 1999, il est de nouveau écarté du pouvoir mais dégringole cette fois jusqu'à une cellule du fort d'Attock, au Pendjab. L'armée voit en effet d'un mauvais œil ses ouvertures de paix en direction de l'Inde et, en plein conflit du Kargil entre les deux pays, le général Pervez Musharraf organise un coup d'État. Accusé entre autres de détournement d'avion [pour avoir tenter d'empêcher l'atterrissage de l'avion de Musharraf de retour de l'étranger] et de terrorisme, Nawaz Sharif est emprisonné jusqu'à ce qu'il obtienne le droit de partir en exil en Arabie saoudite.

De retour au pays depuis 2008, Nawaz Sharif a remis en état de marche son parti, affaibli pendant son absence, et fait le plein de sièges dans son fief lors des législatives de 2008. Devenu chef de file de l'opposition, il n'hésite pas à dénoncer les échecs du PPP. Tout en vantant les "succès" de ses propres années au pouvoir : l'autoroute qui relie Lahore à Islamabad ou les premiers essais nucléaires effectués en 1998.

Lors de la campagne des législatives, Nawaz Sharif insiste aussi sur l'économie. Moins charismatique qu'un Imran Khan, l'ancienne star de cricket devenue son principal opposant politique, il se présente comme un homme d'action pour tenter de séduire les plus jeunes. "Développement, infrastructure, économie, respect, religion. C'est l'essentiel du message de Sharif", résume le journaliste Jason Burke, auteur de "Les guerres du 11-Septembre".

Nawaz Sharif a au moins un exemple à avancer pour appuyer son propos : celui du Metrobus, un tout nouveau réseau de transports mis en place à Lahore par son frère Shahbaz Sharif, qui a passé les cinq dernières années à la tête de la province du Penjab. Très influencé par le Golfe, Nawaz Sharif imaginerait le Pakistan du futur à l'image de Dubaï.

"Le Pakistan n'a pas eu tous ces problèmes [de chômage, de sécurité, d'énergie..., ndlr] lorsque j'étais Premier ministre, assurait Nawaz Sharif à la chaîne Al-Jazira début mai. Nous avions accompli beaucoup de choses. Nos résultats ont été les meilleurs de ces dernières décennies."

Anti-américanisme et dialogue avec les Taliban

D'autres font pourtant une lecture différente du passé. Selon Karim Pakzad, les mandats de Nawaz Sharif ont été marqués par la corruption, une gestion catastrophique de l'économie et une incapacité à structurer les institutions. Des proches, cités par le quotidien américain "The Washington Post", décrivent l'homme, à cette époque, comme "obsédé par le pouvoir, arrogant, impulsif et incapable de faire des compromis".

Comme les autres acteurs de la vie politique, il affirme aujourd'hui qu'il s'opposera aux États-Unis pour mettre un terme à la guerre des drones qu'ils mènent au Pakistan. Une stratégie payante, l'anti-américanisme étant prégnant parmi la population. Parfois accusé d'être trop tolérant à l'égard des extrémistes religieux, il est favorable à l'ouverture de négociations avec les Taliban pakistanais. Ceux-ci, qui ont multiplié les attaques contre les candidats indépendants et les partis laïcs lors de la campagne pour les législatives, ont épargné son parti.

Quid de ses relations avec l'armée, qui reste le véritable "homme fort" du Pakistan ? Les experts assurent que Nawaz Sharif n'a pas leurs faveurs. Car le "Tigre du Penjab" voudrait rétablir la prééminence du pouvoir civil sur le militaire."Ma relation avec les militaires est ok, explique-il. Je veux que l'armée respecte la loi et la Constitution. [...] J'espère que les leçons du passé ont été retenues et qu'il n'y aura plus de tentatives de faire dérailler le pays de la voie de la démocratie."

 

Première publication : 10/05/2013

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