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Afrique

Pour le président nigérien, les otages français enlevés à Arlit "sont vivants"

© Capture d'écran FRANCE 24

Vidéo par Marc PERELMAN

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 11/05/2013

Le président nigérien Mahamadou Issoufou a accordé un entretien à FRANCE 24. Selon lui, les quatre otages français enlevés le 16 septembre 2010 sur un site d'Areva, à Arlit, sont vivants. Mais il ignore où ils se trouvent.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou a affirmé, lors d'un entretien accordé à FRANCE 24, que les otages français enlevés le 16 septembre 2010 dans le nord du Niger, à Arlit, sont toujours "vivants".  La localisation de Daniel Larribe, Thierry Dole, Marc Féret et Pierre Legrand, retenus par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), reste cependant inconnue.

Sont-ils détenus en Libye ? Ou bien au Mali, où l'armée nigérienne a envoyé un contingent dans le cadre de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) ? Mystère... Toutefois, la libération des quatre otages reste une priorité pour le président français François Hollande qui a réaffirmé vendredi, lors d'une conférence de presse conjointe avec Mahamadou Issoufou, que "l'intervention militaire au Mali n'avait rien changé".

Dans cet entretien, le président nigérien revient également sur la première attaque suicide dont les troupes nigériennes ont été victimes, vendredi 10 mai, dans la ville de Ménaka, située à environ 300 km à l'est de Gao.

 

FRANCE 24 : Que pouvez-vous nous dire de l’attaque contre la ville de Ménaka survenue vendredi ?

Mahamadou Issoufou : Le Niger est présent au Mali à Ansongo, à Gao et à Menaka. À 5 heures du matin, il y a eu une attaque suicide contre le camp du contingent nigérien de Ménaka et, fort heureusement, nos éléments ont pu réagir et neutraliser le kamikaze. Il n'y a pas eu de victimes du côté des soldats nigériens.

Est-ce qu’on en sait plus sur les commanditaires de cette attaque ? Ménaka est située dans une zone sous l'influence du Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao)...

M. I. : C'est vrai que Ménaka fait partie de la zone d'influence du Mujao, mais on ne sait pas avec précision si c'est le Mujao, Aqmi ou Ansar Dine qui est à l'origine de cette tentative d'attentat-suicide contre le contingent nigérien. C’est une zone traditionnellement contrôlée par le Mujao.

Cette attaque illustre une question qui se pose depuis le début du retrait des troupes françaises, à savoir la possibilité d’un vide sécuritaire dans le Nord du Mali.

M. I. : Comme le prouve ce qui s’est passé à Ménaka, l’ennemi conserve encore des capacités de nuisance assez importantes et va certainement poursuivre des actions asymétriques. Il va donc falloir maintenir des forces au Mali qui puissent permettre le maintien de la paix et de la sécurité, surtout dans la perspective des élections qui doivent intervenir très prochainement. C’est pour cela que le Niger appuie l’idée de transformer la Mission internationale de soutien au Mali en mission des Nations unies. Nous souhaitons que cette mission ne soit pas comme les missions classiques et qu’elle ait un mandat fort, y compris avec la possibilité pour les Casques bleus de mener des actions offensives.

Craignez-vous que cette force de l’ONU se déploie trop doucement et qu’elle ait un mandat ambigu qui mette en danger les armées ?

M. I. : Nous sommes tous conscients de la nécessité de mettre en place une force avec un mandat clair et offensif. La transition entre la situation actuelle, où il y a la Misma et les Français, et la mise en place de cette force-là sera faite de telle sorte qu’il ne puisse pas y avoir de vide préjudiciable aux acquis obtenus à travers l’opération Serval et l’action des Tchadiens et des autres contingents africains. Je crois qu’il y aura une bonne coordination.

Quel message adressez-vous à la communauté internationale qui doit se réunir à Bruxelles ?

M. I. : Le message, c’est la poursuite de l’objectif politique. Il faut que la communauté internationale continue de soutenir le Mali pour que l’intégrité du territoire malien soit restaurée de manière effective et que l’on puisse organiser des élections démocratiques et transparentes sur l’ensemble du territoire, y compris à Kidal où l’armée malienne et l'administration ne sont pas présentes. Il faut que la communauté internationale sache que s’il n’y a pas d’élections à Kidal, nous n’aurons pas atteint l’objectif politique pour lequel nous sommes présents au Mali : la restauration de l’intégrité territoriale du pays. Et puis, on aura privé une partie des citoyens maliens de leur droit de vote.

Je suis optimiste. Je pense que les conditions seront réunies d’ici là et que les élections auront lieu à la date prévue. Tous les partenaires sont mobilisés dans cette perspective.

Faut-il que le cas du capitaine putschiste Sanogo soit résolu ?

M. I. : Bien sûr. Je ne vais pas rentrer dans le détail. Toutes les dispositions vont être prises afin que le capitaine Sanogo ne parasite pas le déroulement des élections, que la junte n’ai pas d’influence sur l’issue du scrutin.

Où sont les combattants chassés par les troupes françaises du Nord du Mali ?

M. I. : Les djihadistes qui ont quitté le Mali ne sont pas au Niger. Je le sais parce que le Niger contrôle assez bien son territoire. Quand la crise libyenne a été déclenchée avec ses conséquences sur le Mali, le Niger n’a pas été affecté parce que nous avons pris les dispositions à temps pour assurer la sécurité du territoire. Il est aujourd’hui très sûr. Nos éléments de sécurité et de défense sont partout afin d’assurer la sécurité des personnes et des biens et l’intégrité du territoire.

On y trouve même des drones américains et français…

M. I. : La présence de pays amis au Niger en matière du renseignement est très utile. Sans elle, nous aurions été aveugles. Les drones auxquels vous faites allusion permettent au Niger d’anticiper, d’avoir des informations qui lui permettent de réagir.

Avez-vous des nouvelles des otages français enlevés à Arlit ? Où sont-ils ?

M. I. : Jusqu'ici les informations que nous avons permettent de dire qu'ils sont en vie. Mais où sont-ils ? Il est extrêmement difficile de le dire. Ils peuvent être au Mali, dans l'extrême nord, près de la frontière avec la Mauritanie. Ils peuvent être en Libye ou ailleurs mais on n'a pas d'informations précises sur le lieu où ils sont détenus.

Vous avez eu récemment des preuves de vie ?

M. I. : On n’a pas eu d’information contraire. Ils sont vivants.


 

 

Première publication : 11/05/2013

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