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Moyen-orient

Le régime syrien nie toute responsabilité dans l'attentat de Reyhanli

© AFP

Vidéo par Cécile GALLUCCIO

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 12/05/2013

Damas dément toute implication dans l'attaque qui a fait 46 victimes dans la ville turque de Reyhanli, non loin de la frontière syrienne. Mais, pour Ankara, le régime de Bachar Al-Assad tente d'entraîner la Turquie dans un "scénario catastrophe".

Qui est responsable du double attentat qui a fait 46 morts, samedi, dans la ville turque de Reyhanli, près de la frontière syrienne ? Pointé du doigt par Ankara, le régime de Damas nie, ce dimanche, toute implication.

"La Syrie n'a pas commis et ne commettra jamais un tel acte, non pas parce que nous n'en sommes pas capables, mais parce que nos valeurs ne nous le permettent pas", a déclaré le ministre syrien de l'Information, Omrane al-Zohbi.

Neuf activistes turcs interpellés

Pour Damas, Ankara est directement responsable de cette attaque meurtrière. "C'est le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qui doit être questionné sur cet acte, a dénoncé Omrane al-Zohbi. Il doit démissionner en tant qu'assassin, il ne peut pas bâtir sa gloire sur le sang des Turcs et des Syriens."

"C'est sans doute sur le plan diplomatique qu'Ankara va agir"

La Turquie a annoncé l'arrestation de neuf personnes soupçonnées d'être impliquées dans le double attentat à la voiture piégée qui a eu lieu devant la mairie et la poste centrale de Reyhanli. Selon le vice-Premier ministre turc, Besir Atalay, ces neuf personnes, toutes de nationalité turque, appartiennent à "une organisation terroriste en contact avec les services de renseignement syrien". Certaines auraient fait des "aveux".

Plusieurs journaux turcs évoquent, de leur côté, la piste d'un groupuscule clandestin turc de gauche, les Acilciler, dont le chef, Mihraç Ural, aurait trouvé refuge en Syrie à la fin des années 1970.

"Scénario catastrophe"

Pour le Premier ministre turc, le régime syrien tente d'entraîner la Turquie dans un "scénario catastrophe". Alors qu'une partie de la presse et l'opposition critiquaient la politique étrangère d'Ankara et son soutien à la rébellion syrienne, Recep Tayyip Erdogan a appelé, ce dimanche, la population à "garder son sang froid face à chaque provocation visant à attirer la Turquie dans le bourbier syrien".

Cet appel sera-t-il entendu par la population de Reyhanli ? Les premières victimes ont été enterrées dans la journée dans cette ville de 60 000 habitants qui accueille, depuis le début du soulèvement, un grand nombre de réfugiés syriens. Au lendemain de l'attaque, de nombreux habitants réclament leur départ et la tension est vive.

"On veut juste qu'ils partent. Rien de tout cela ne serait arrivé s'ils n'étaient pas là", a par exemple affirmé à l'AFP un habitant, Ahmet Keskin, charpentier. "Certains d'entre eux vendent des cartouches sur des étals dans la rue. On n'avait jamais vu ça avant dans cette ville paisible", a-t-il ajouté.

Samedi, la police a dû tirer en l'air pour disperser des groupes de jeunes qui cherchaient à agresser des Syriens.

"Ces attentats attisent la rancoeur vis-à-vis des réfugiés syriens"

Erdogan à Washington

Depuis Berlin, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a quant à lui dénoncé le "silence" de la communauté internationale. "Le dernier attentat montre comment une étincelle se transforme en incendie lorsque la communauté internationale reste silencieuse et que le Conseil de sécurité de l'ONU est incapable d'agir", a-t-il déclaré.

Selon la correspondante de FRANCE 24 en Turquie, Ankara devrait donc continuer à faire pression sur la communauté internationale pour qu'elle s'implique davantage dans le dossier syrien.

"Il faut rappeler que la Turquie, qui est membre de l'Otan, avait demandé l'installation de missiles Patriot sur son territoire pour riposter en cas d'attaque syrienne, explique Fatma Kizilboga. Pour l'instant, on se s'attend pas à une réaction d'une telle ampleur, même si cela reste un option envisageable. Mais il y aura deux rendez-vous politiques importants pour la Turquie : la semaine prochaine à Washington, lorsque Erdogan va rencontrer Barack Obama, et le second lors de la conférence internationale sur la Syrie qui doit se tenir dans les prochaines semaines."

Avec dépêches

 

Première publication : 12/05/2013

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