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EUROPE

Élections législatives sous tension en Bulgarie

© Photo AFP

Texte par Dépêche

Dernière modification : 12/05/2013

Après des soupçons de fraude la veille, les Bulgares doivent voter pour les élections législatives ce dimanche. Le parti conservateur est donné au coude-à-coude avec les socialistes, ce qui pourrait gêner la formation d'un gouvernement majoritaire.

Les Bulgares, citoyens les plus pauvres de l'Union européenne, se rendent aux urnes dimanche dans un climat tendu après les soupçons de fraude massive apparus samedi et qui risquent d'attiser les tensions dans le pays.

Les bureaux de vote ont ouvert peu après 04H00 GMT. Ils fermeront à 17H00 GMT et les premières estimations à partir de sondages à la sortie des urnes seront diffusées dans la foulée.

L'annonce samedi par le Parquet de Sofia d'une saisie de 350.000 bulletins de vote suspects dans une imprimerie chargée par le gouvernement d'imprimer l'ensemble des bulletins a provoqué un tollé dans le monde politique.

Le parti conservateur GERB de l'ancien Premier ministre, Boïko Borissov est soupçonné par ses adversaires politiques d'avoir trempé dans l'affaire, l'imprimerie appartenant à un conseiller municipal membre du GERB. Le parti a formellement démenti toute implication.

Le GERB est donné au coude-à-coude dans les sondages avec les socialistes (PSB, ex-communistes) et la victoire pourrait se jouer à peu de voix.

Mais, quel que soit le vainqueur, il n'obtiendra pas, selon les derniers sondages, de majorité pour gouverner et aura sans doute du mal à former un gouvernement, tant les possibilités de coalition semblent restreintes.

Si aucun gouvernement n'est formé après le scrutin, le gouvernement intérimaire autour du diplomate Marin Raykov resterait au pouvoir pour expédier les affaires courantes jusqu'à l'organisation de nouvelles élections, un scénario envisagé par de nombreux politologues à Sofia.

Des dizaines de milliers de Bulgares étaient descendus dans les rues des grandes villes cet hiver pour protester contre l'explosion de leur facture d'électricité, qui avait plus que doublé en janvier comparé au mois précédent. Un choc dans un pays où le salaire moyen est inférieur à 400 euros.

Le mouvement spontané s'était transformé, sous l'influence de multiples groupes de la société civile, en une vaste mobilisation contre la pauvreté chronique, le chômage et la corruption qui ronge la classe politique et les institutions du pays, membre de l'UE depuis 2007.

De plus, le désespoir a conduit sept personnes à s'immoler par le feu, un fait sans précédent en Bulgarie.

L'ancien karatéka Boïko Borissov avait alors démissionné, conduisant à la tenue de ce scrutin anticipé, deux mois avant la date prévue.

La campagne électorale, loin de répondre aux attentes de la population, a viré au règlement de comptes entre socialistes et conservateurs autour d'un scandale d'écoutes illégales.

"Le caractère très négatif de la campagne, dominée par les scandales, a beaucoup entamé la légitimité de la classe politique" aux yeux des Bulgares, indique à l'AFP Ognian Mintchev, directeur de l'Institut d'études régionales et internationales.

La déception de la population s'est traduite, dans les sondages, par une baisse attendue de la participation, une proportion importante d'indécis (autour de 20%) et une remontée de l'extrême droite (Ataka).

"Tout le monde doit comprendre que le peuple bulgare attend un changement. Ecoutez les gens, traitez leurs problèmes, proposez des solutions", a déclaré le chef de l'Etat, Rossen Plevneliev, à l'adresse des partis, dans une déclaration radiotélévisée marquant la fin de la campagne électorale.

"Je ne voterai pas. Tout est tellement pourri. Nous avons été déçus par tous les partis", déclare Evelina Angelova, 25 ans, comptable en congé maternité, venue avec ses deux jeunes enfants à Veliko Tarnovo (centre) où se tenait vendredi soir le dernier meeting de Boïko Borissov. "Je suis ici uniquement pour le concert", précise-t-elle.

Le déroulement de l'élection sera surveillé par plus de 200 observateurs de l'Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE).

Des partis d'opposition de tout le spectre politique, qui soupçonnent le GERB de vouloir falsifier les élections, ont demandé également un comptage des voix parallèle par l'institut autrichien SORA.

AFP

 

Première publication : 12/05/2013

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