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FRANCE

Christiane Taubira veut rendre des terres aux descendants d’esclaves

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 12/05/2013

La ministre de la Justice, qui est à l'origine de la loi de 2001 faisant de l'esclavage un crime contre l'humanité, envisage désormais la mise en place de "politiques foncières" pour réparer les "confiscations" de terres outre-mer.

Il ne s’agit pas d’une compensation financière mais seulement d’une "politique foncière". La ministre de la Justice, Christiane Taubira, appelle ce dimanche, dans une interview accordée au "Journal du Dimanche", à corriger les "confiscations des terres" dans les territoires d’outre-mer durant la période de l’esclavage.

"D’une façon générale, les descendants d'esclaves n'ont guère accès au foncier", rappelle la ministre de la Justice, à l'origine de la loi de 2001 qui reconnaît l'esclavage comme un crime contre l'humanité. "Il faudrait donc envisager, sans ouvrir de guerre civile, des remembrements fonciers, des politiques foncières. Il y a des choses à mettre en place sans expropriation, en expliquant très clairement quel est le sens d'une action publique qui consisterait à acheter des terres", affirme Christiane Taubira.

Mais cette politique est difficile à mettre en place, explique la ministre de la Justice, du fait qu'il n'y a pas d'harmonie dans la propriété du foncier dans les collectivités d’outre-mer. Loin de là. "En Guyane, l'État avait accaparé le foncier, donc là, c'est plus facile. Aux Antilles, c'est surtout les descendants des 'maîtres' qui ont conservé les terres, donc cela reste plus délicat à mettre en œuvre", reconnaît-elle.

Pas de compensation financière

Christiane Taubira a, en revanche, pris ses distances avec la demande de compensation financière de l’esclavage réitérée vendredi 10 mai par le Conseil représentatif des associations noires (Cran) à l'occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions. L’association a ainsi annoncé qu’elle assignait en justice la Caisse des dépôts (CDC) pour avoir tiré profit de la traite négrière.

"Je sais qu'il y a des demandes de compensation financière, mais c'est un débat dans lequel je n'ai jamais souhaité m'inscrire", ajoute-t-elle, précisant qu'elle maintient, "à cet égard, une position constante depuis une quinzaine d'années".

Une demande également rejetée par le président François Hollande, vendredi, lors d’une cérémonie organisée dans les jardins du Luxembourg, à Paris. Soulignant "l'impossible réparation" des ravages de l'esclavage, un "outrage fait par la France à la France", le chef de l’État a rappelé qu’il ne pouvait faire "l'objet de transactions au terme d'une comptabilité qui serait en tous points impossible à établir". "Le seul choix possible, le plus digne, le plus grand, le plus responsable, c'est celui de la mémoire, c'est la vigilance, c'est la transmission", a-t-il insisté.

Avec dépêches

Première publication : 12/05/2013

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