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Asie - pacifique

Les Chinois font une indigestion face à la multiplication des scandales alimentaires

Vidéo par Henry MORTON , Joris Zylberman

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 14/05/2013

Après l'affaire des cadavres de porcs déversés dans un fleuve, les autorités chinoises ont arrêté 900 personnes accusées d'avoir vendu de la viande de rat. Face à ces scandales, les Chinois changent leur manière de consommer.

Un mois après le scandale des 10 000 cadavres de porcs flottant dans une rivière près de Shanghai, les autorités ont arrêté, début mai, plus de 900 personnes soupçonnées de fraude alimentaire. Ces vendeurs estampillaient leurs produits "viande de bœuf" et "mouton", alors qu’ils s’agissait en réalité de rat, de renard ou de vison.

Alors que le pays est encore sous le choc de précédents scandales, comme celui de l’huile alimentaire recyclée ou du lait en poudre pour bébé volontairement contaminé avec des produits chimiques dangereux, la classe moyenne chinoise tente désormais de gérer la sécurité de ses aliments.

Des marchés bio

À Pékin, une association de consommateurs a ainsi décidé de créer son propre marché biologique itinérant. Les membres de cet organisme se rendent régulièrement dans des élevages pour vérifier la qualité de la viande.

Dans celui de Ding Zhiming, qui élève plus de mille têtes de porcs, les consommateurs peuvent être rassurés. "Notre ferme porcine dégage beaucoup moins de puanteur que les autres fermes. Certains agents toxiques comme l'oïdium ou l'oligose sont totalement éliminés", explique l’éleveur.

Ancien ingénieur agroalimentaire dans le public, Ding Zhiming a été écœuré par la surutilisation d'antibiotiques, d'hormones et par le mauvais contrôle de la qualité : "Nous faisons naître tous nos cochons à la ferme et nous n'en achetons aucun à l'extérieur. Cela permet de contrôler la transmission éventuelle de maladies. Nous contrôlons aussi la structure de l'alimentation de nos porcs. Nous avons planté près de cette ferme des champs de gros grains pour les nourrir."

Mais pour bénéficier de cette qualité, les consommateurs chinois doivent sortir leur porte-monnaie. La viande de Ding Zhiming coûte trois à cinq fois plus cher que la moyenne.
Pour Chang Tianle, la responsable du marché bio, le prix est un gage de sécurité sanitaire : "Les prix de la viande sont trop bas, du coup les producteurs n'arrivent plus à gagner leur vie et certains basculent dans la contrefaçon pour faire du profit. À travers nos marchés biologiques, nous créons des rencontres entre les consommateurs et les producteurs et nous espérons contribuer au changement du système alimentaire."

Retour à la terre

D'autres Chinois ont fait un choix plus radical. Alors qu’ils ne font plus confiance aux produits des marchés, ils ont choisi de développer leur propre potager et d’éviter le plus possible de consommer de la viande.

"Ils ajoutent beaucoup de catalyseurs dans l'alimentation des volailles. Au final, les poulets grandissent vite mais la viande n'est plus bonne. Du coup, les gens mangent de moins en moins de viande", témoigne Zhu Yognian, un retraité.

Entre l’agriculture bio naissante et le retour à la terre, les Chinois essaient de trouver la bonne voie pour échapper aux scandales alimentaires. Mais pour calmer leurs peurs, il reste surtout un travail énorme au gouvernement contre les mauvaises pratiques et les fraudes en série.

Première publication : 14/05/2013

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