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Afrique

Le président Goodluck Jonathan décrète "l'état d'urgence" dans trois États

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 14/05/2013

Le président nigérian Goodluck Jonathan a déclaré ce mardi l'état d'urgence dans trois États (Borno, Yobe et Adamawa) du nord du pays, théâtres d'une série d'attaques menées par le groupe islamiste extrémiste Boko Haram.

Le président nigérian Goodluck Jonathan a déclaré ce mardi l'état d'urgence dans trois États frappés par les attaques du groupe islamiste Boko Haram. "Je déclare l'état d'urgence dans les États de Borno, Yobe et Adamawa", a-t-il annoncé dans un discours télévisé, indiquant qu'il fallait adopter des "mesures extraordinaires" en réponse à la violence.


Le président a présenté les dernières attaques revendiquées par le groupe comme "une déclaration de guerre" contre son pays. Dans une vidéo reçue lundi par l'AFP, le chef présumé de Boko Haram avait en effet revendiqué deux attaques particulièrement meurtrières : celle de Baga, le 16 avril, qui avait été suivie d'une violente répression par l'armée, ayant fait au total 187 morts, et celle de Bama menée le 7 mai, qui s'était soldée par au moins 55 morts.

Le président, au pouvoir depuis trois ans, avait déjà déclaré l'état d'urgence en janvier 2012 à la suite d'une vague de violences perpétrées par les extrémistes de Boko Haram, mais le décret s'appliquait alors seulement à certaines zones dans quatre États.

En cherchant à imposer cette mesure dans la totalité de certains États, Goodluck Jonathan doit d'abord obtenir l'autorisation des parlementaires nigérians, ce qu'il a promis de faire. Pour l'instant, les conséquences concrètes de l'état d'urgence n'ont pas été clairement présentées.

Quand l'ancien président Olusegun Obasanjo avait déclaré l'état d'urgence par deux fois, en 2004 et 2006, il avait révoqué des gouverneurs d'État démocratiquement élus et les avait remplacés par d'anciens officiers militaires, nommés administrateurs pour gérer ces territoires. Mais le président Goodluck Jonathan s'est engagé à ne pas user d'une telle méthode. "Les gouverneurs et les autres membres de la direction politique dans les États concernés continueront à s'acquitter de leurs responsabilités", a-t-il déclaré.

Boko Haram entend instaurer un État islamique dans le nord du pays à majorité musulmane. L'insurrection que le groupe a lancée, et sa répression par les forces de sécurité, ont fait quelque 3 600 morts depuis 2009.

Avec dépêches

Première publication : 14/05/2013

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