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Asie - pacifique

"Femmes de réconfort" : la passe d'armes nippo-américaine se poursuit

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 17/05/2013

Critiqué par les Américains pour ses propos sur la "nécessité" des esclaves sexuelles lors de la Seconde Guerre mondiale, le maire d'Osaka, Toru Hashimoto (photo), accuse les GI d'avoir violé des Japonaises pendant l'occupation de l'archipel.

C’est la réponse du berger à la bergère. Après avoir provoqué un tollé, notamment aux États-Unis, en évoquant "la nécessité" des "femmes de réconfort" enrôlées de force dans les bordels de l'armée impériale japonaise durant la Seconde Guerre mondiale, le maire d’Osaka, Toru Hashimoto, accuse, ce vendredi, les troupes américaines d'avoir violé des Japonaises durant l’occupation de l’archipel.

"Que je sois bien clair : lorsque les Américains occupaient le Japon (1945 -1952), n'ont-ils pas fait usage de femmes japonaises ?", a tweeté Toru Hashimoto. Considéré comme l’une des figures de proue du Parti de la restauration du Japon, un mouvement nationaliste de droite qui a fait une entrée remarquée à la chambre des députés lors des élections législatives de décembre dernier, le maire d’Osaka est suivi par un million de personnes sur le célèbre site de microblogging. "Je ne peux m'empêcher de dire que c'est injuste que l'Amérique critique le Japon en passant sous silence des actes qu'elle a elle-même commis", a poursuivi le maire d’Osaka, principale métropole de l’ouest du pays, connu pour son nationalisme. Les États-Unis "devraient assumer ce que des soldats américains ont fait à des femmes, en particulier à Okinawa", a-t-il ajouté.

L’impérieux "besoin d’un système de femmes de réconfort"

Toru Hashimoto entend ainsi répondre aux vives critiques suscitées par les propos qu'il a tenus le 13 mai, lors de la célébration du 41e anniversaire de la rétrocession d'Okinawa au Japon. Celui-ci a alors affirmé devant les caméras de télévision que les 200 000 Coréennes, Chinoises et Philippines réduites en esclavage sexuel par l'Empire japonais pour travailler dans des bordels militaires de campagne était un mal pour un bien. "Quand les soldats risquent leur vie sous la mitraille et que vous voulez leur procurer du repos quelque part, c’est clair que vous avez besoin d’un système de femmes de réconfort", a-t-il déclaré sans ambages.

"Ce qui est arrivé à l'époque à ces femmes victimes d'une traite sexuelle est lamentable et constitue clairement une très grave violation des droits de l'Homme (...). Nous espérons que le Japon continuera de collaborer avec ses voisins pour régler cela", avait alors fustigé la porte-parole du département d'État, Jennifer Psaki.

Toru Hashimoto prêt à faire son mea culpa

Une colère et un embarras partagés par la Chine et la Corée du Sud, deux pays qui ont souffert d'exactions japonaises durant la Seconde Guerre mondiale. "Nous sommes profondément déçus qu'une personnalité officielle défende de tels crimes inhumains", avait déclaré à l'AFP une porte-parole du ministère sud-coréen des Affaires étrangères. "Choqués et furieux", avait pour sa part réagi la porte-parole de la chancellerie chinoise, Hong Lei. "De la façon dont il abordera son passé dépendra l'avenir pour le Japon", avait-elle ajouté.

Toru Hashimoto est-il allé trop loin ? C’est en tout cas l’avis de 25 associations de femmes d'Okinawa qui ont publié le 15 mai un communiqué pour exiger des excuses publiques. "Peu importe que ce soit en temps de guerre ou non, utiliser les femmes comme un outil (pour apaiser la frustration sexuelle) est intolérable", a déclaré Masako Ishimine, membre d'un groupe féminin local, citée par le journal "Okinawa Times".

En 1993, le Japon avait présenté des excuses pour ces "crimes" tout en niant toute responsabilité officielle dans la conduite de ces maisons closes. Acculé, Toru Hashimoto s’est dit prêt à rencontrer d'anciennes "femmes de réconfort" pour s'excuser. "Je vais leur dire que je suis désolé qu’un tel système ait existé, qu’elles aient été contraintes ou pas, a déclaré le maire. C’était honteux et cela ne doit jamais se reproduire".

Avec dépêches

Première publication : 17/05/2013

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