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FRANCE

Manuel Valls pourrait interdire le Printemps français

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 24/05/2013

Deux jours avant une nouvelle manifestation des anti-mariage pour tous, le ministre de l'Intérieur dit "étudier" la possibilité de dissoudre le Printemps français. Cette nébuleuse d'opposants radicaux avait appelé à des opérations coups de poing.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a annoncé, vendredi 24 mai, qu'il allait "étudier" la possibilité d'interdire le Printemps français, une nébuleuse qui représente la frange radicale du mouvement d'opposition au mariage pour tous et qui appelle à des opérations coups de poing. Interrogé sur France Info, Manuel Valls a notamment qualifié d'"inacceptables" les propos du Printemps français publiés le 21 mai dans un virulent communiqué. Le groupe appellait à "une nouvelle résistance" face à une loi qui irait "contre les lois de la biologie et contre tout sens commun". "La France est actuellement soumise à des forces qui veulent l'asservir entièrement. La bataille ne fait que commencer. Elle se prolongera jusqu'à la victoire", peut-on encore lire.

Menacée, Frigide Barjot ne pense pas manifester le 26 mai

Frigide Barjot, porte-parole de la Manif pour tous, a déclaré vendredi 24 mai à la presse qu'"en l'état actuel des choses", elle ne pensait pas se rendre à la manifestation de dimanche contre le mariage homosexuel. "En l'état actuel des choses je ne pense pas me rendre à la manif", a dit l'égérie des opposants au mariage homosexuel, qui avait déclaré la veille "hésiter" à se rendre à la manifestation à cause du "climat de violence" et de "menaces" pesant sur elle.

"Il y a des menaces très graves qui pèsent sur moi", a-t-elle répété vendredi aux journalistes. "C'est ma personne qui est aujourd'hui contestée", a-t-elle considéré, précisant recevoir de la part de "gens violents" des SMS disant: "Tu ne parleras pas d'union civile."

"Il n'y a pas de place pour des groupes qui défient la République, la démocratie et qui s'attaquent aussi à des individus", a prévenu le ministre de l'Intérieur. Il a également indiqué que le Printemps français proférait des menaces, depuis plusieurs semaines, à l'encontre de diverses personnalités, favorables ou non au mariage pour tous, et notamment Frigide Barjot, figure de proue très médiatisée des anti-mariage pour tous. "Des menaces de mort de ce type sont passibles de la justice", a insisté le ministre.

"Inquiétude" pour la manifestation de dimanche

L'annonce de Manuel Valls intervient deux jours avant la tenue, dimanche 26 mai, d'une nouvelle manifestation des opposants à la loi sur le mariage homosexuel promulguée le 18 mai. Le ministre a exprimé son "inquiétude" concernant des groupes radicaux d'extrême droite qui "veulent venir en nombre non pour manifester mais pour créer l'affrontement et le désordre et pour s'en prendre aux symboles de la République".

À l'image du Printemps français, le groupe d'extrême droite des Jeunesses nationalistes a aussi appellé à participer au défilé pour dire "non à tout un système", un "système qu'il faut abattre". "Il est plus que temps de choisir son camp : celui du système, ou celui de la patrie", écrit Alexandre Gabriac, leader de ce groupe.

"État d'esprit"

De son côté, la porte-parole du Printemps français, Béatrice Bourges, a émis des doutes sur la capacité du gouvernement d'interdire ce qu'elle qualifie d'"état d'esprit". "Ça veut tout simplement dire que tout ce qui n'est pas politiquement correct ou conforme va être réprimé dans notre pays. Je ne pensais pas que Manuel Valls irait aussi loin", a-t-elle réagi sur i>télé. "Je suis triste que dans ce pays on arrive dans un tel déni de démocratie. Comment peut-on interdire juste quelque chose qui dérange ? Il n'y a jamais eu d'appel à la violence. Je préférerais que Manuel Valls s'attaque aux vrais sujets de sécurité dans notre pays", a-t-elle ajouté.

Par le passé, le gouvernement a déjà interdit plusieurs groupes nationalistes, tels que l'Action régionaliste corse, le 29 août 1975, et de l'Elsass Korps, mouvement néo-nazi alsacien, le 18 mai 2005.

Première publication : 24/05/2013

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