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Economie

Des cyber-espions chinois accusés d'avoir fait leur marché au Pentagone

© AFP

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 28/05/2013

Alors que le président américain et son homologue chinois doivent discuter la semaine prochaine des questions de cybersécurité, le "Washington Post" affirme que des cyber-espions chinois ont eu accès aux détails de programmes d'armement américains.

Cette fois-ci, ce sont les plans de systèmes d’armement, d’avions de chasse ultra-sophistiqués ou encore de missiles américains qui étaient visés par une opération de cyber-espionnage rendue publique, mardi 28 mai, par le "Washington Post", qui s'est procuré une liste de ces secrets militaires éventés. Les officiels américains contactés par le journal accusent, sous couvert d’anonymat, des pirates informatiques chinois d’être à l’origine de cette nouvelle attaque. Hasard du calendrier ou pas, le président américain Barack Obama doit évoquer les questions de cybersécurité avec son homologue chinois Xi Jinping lors d'une rencontre la semaine prochaine en Californie.

La Maison Blanche a refusé de préciser si les révélations du "Washington Post" seraient au menu de la discussion entre les deux responsables politiques. Le document consulté par le journal est en fait la partie restée jusqu'alors confidentielle d’un rapport rendu public par le ministère de la Défense en janvier 2013. Les auteurs y soulignaient simplement que le Pentagone n’était pas “en mesure de résister à des attaques informatiques sophistiquées”.

À la lumière de l’ampleur des fuites, c’est peu de le dire. Les cyber-espions, qu'ils soient chinois ou non, ont mis la souris sur un veritable trésor de guerre militaire. Ils ont eu accès, entre autres, aux détails de la dernière version du missile Patriot, de l’appareil hybride mi-avion mi-hélicoptère de transport militaire v-22 Osprey ou encore du F-35 Lightning II, le chasseur de combat - actuellement en cours de développement - le plus cher de l’histoire militaire américaine.

“C’est choquant, ce sont tous des systèmes d’armement critiques pour notre sécurité nationale”, souligne Mark Stokes, directeur du Project 2049 Institute, un cercle américain de réflexion spécialisé dans les questions militaires en Asie. Si la piste chinoise venait à se confirmer, Pékin s’est payé à peu de frais un grand bond en avant technologique. “Ces secrets valent plusieurs milliards de dollars et représentent près de 25 ans de recherche et développement pour un pays comme la Chine”, s’insurge un officiel américain cité par le "Washington Post".

Des preuves pour étayer le “bla-bla”

Cette opération de cyber-espionnage met aussi en lumière les carences du système de sous-traitance dans le secteur de la défense. Certes, rien n’exclut que les pirates informatiques ont pu s’infiltrer dans les serveurs même du Pentagone, mais les officiels interrogés ont été prompts à rejeter la faute sur les sous-traitants qui ont accès à ces documents ultra-sensibles. “Souvent, ces sociétés ne savent même pas qu’elles ont été piratées jusqu’au jour où le FBI vient frapper à leur porte”, explique l’un d’eux.

De leur côté, Lockheed Martin, Northrop Grumman ou encore Boeing se sont défaussés, à leur tour, sur leurs propres partenaires commerciaux. “Pour l’instant nos défenses sont suffisamment fortes contre ces menaces et nous passons surtout du temps à aider nos sous-traitants à faire face à des attaques informatiques”, s’est ainsi défendu le groupe Lockheed Martin.

Ces révélations au sujet d’une supposée nouvelle attaque informatique chinoise arrivent alors que, début mai, le Pentagone avait affirmé que les cyber-soldats à la solde de Pékin s’intéressaient de très près aux programmes de défense des États-Unis. La Chine avait alors balayé ces accusations, les qualifiant de “bla-bla”. Les informations obtenues par le "Washington Post" précisent donc ces précédentes mises en cause.

Première publication : 28/05/2013

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