Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Centrafrique : calme précaire dans la capitale, violences en province

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Au Cameroun, la population se mobilise pour l'éducation

En savoir plus

#ActuElles

Canada : les mystérieuses disparitions des femmes autochtones

En savoir plus

REPORTERS

Le meilleur des grands reportages de France 24 en 2014

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Retour sur les temps forts de l’année 2014

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Un troisième Bush à la Maison Blanche ?"

En savoir plus

DÉBAT

CAN-2015 : un défi pour le continent africain

En savoir plus

L'ENTRETIEN

"Il faut que Pékin réévalue ses politiques dans les régions tibétaines"

En savoir plus

CAP AMÉRIQUES

Uruguay : la vie après Guantanamo

En savoir plus

FRANCE

Le Défenseur des droits dénonce les utilisations irrégulières des Taser en France

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 28/05/2013

Le Défenseur des droits a présenté mardi plusieurs propositions visant à encadrer davantage l'utilisation des Tasers et Flash-ball par les forces de l'ordre, citant des chiffres inédits qui témoignent notamment d'une hausse de l'usage du Taser.

Il s'agit d'armes non létales, c'est-à-dire de nature à neutraliser un individu mais non susceptibles d'entraîner la mort dans le cadre d'une utilisation normale, mais cela reste des armes. Dans un rapport sur ces "moyens de force intermédiaire" rendu public mardi 28 mai, le Défenseur des droits rappelle que le Flash-ball et le "LBD 40X46" (version à plus longue portée) ont occasionné plusieurs blessures graves, le plus souvent aux yeux, ces dix dernières années, dans le cadre de leur utilisation par les forces de l'ordre. Son rapport cite des chiffres inédits qui témoignent notamment d'une hausse de l'usage du Taser. Il avance aussi plusieurs propositions visant à encadrer l’usage de ces armes.

Utilisations abusives par "confort"

Les chiffres compilés par le Défenseur des droits font état d'une nette augmentation de l'usage du Taser en 2012, tant par la police (+26 %) que par la gendarmerie (+30 %). Dans le cas de la gendarmerie, le Défenseur dénonce le développement d'un usage de confort des Taser en mode "contact" (+48 %) pour faciliter les interpellations et les menottages.

Quant au Flash-ball, son utilisation par la police ne cesse de décroître (-18 % de munitions utilisées en 2012 après -26 % en 2011), alors que celle du LBD 40X46, à plus longue portée, augmente dans des proportions très importantes (+52 % de munitions utilisées en 2012 après +107 % en 2011). En revanche, dans le cas de la gendarmerie, l'usage du flash-ball et du LBD 40X46, déjà modéré, est devenu "marginal" (90 munitions utilisées pour 1 601 armes affectées).

Les lanceurs de balles de défense (Flash-ball et "LBD 40/46") ont été mis à disposition de certaines unités spéciales de police et de gendarmerie dès 1995. Leur utilisation a ensuite été progressivement généralisée à partir de 2001, notamment sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur de 2002 à 2004 (puis de 2005 à 2007). Quant au Taser, il a été déployé dans les services rattachés au ministère de l'Intérieur à partir de mi-2006.

Zones corporelles interdites

Interrogée par le Défenseur, la direction générale de la police nationale (DGPN) a indiqué que le Flash-ball "superpro", modèle actuellement utilisé par les forces de l'ordre, semblait "appelé à disparaître courant 2014". Cette évolution est saluée par le Défenseur des droits, qui avait régulièrement souligné le manque de précision du Flash-ball.

À l'analyse des données et des usages, le Défenseur émet plusieurs recommandations concernant l'utilisation du Taser, du Flash-ball et du LBD 40X46.

Pour le Taser, il suggère notamment d'augmenter la durée de formation initiale, de restreindre l'usage en mode contact (à bout touchant) et d'étendre aux policiers l'interdiction d'utilisation pour des opérations de maintien de l'ordre qui vaut déjà pour les militaires de la gendarmerie. En cas d'utilisation, il recommande de "porter la plus grande attention à la prise en compte de l'état de santé de la personne" visée, après qu'elle a reçu une décharge.

En ce qui concerne le Flash-ball, il propose d'élargir à la région du cœur et au triangle génital les zones corporelles interdites. L'interdiction porte actuellement sur la zone située au-dessus de la ligne des épaules.

Formation à parfaire

Le Défenseur des droits recommande aussi un encadrement strict du port du Flash-ball lors des contrôles routiers et des contrôles d'identité, le porteur devant se placer à au moins sept mètres du point de contrôle. Tout comme pour le Taser, le Défenseur réclame que les personnes dépositaires de l'autorité publique habilitées à utiliser ces armes reçoivent une session de formation continue chaque année. Il demande aussi que soit amélioré le contenu de cette formation.

Pour les trois armes dite de "force intermédiaire" (Taser, Flash-ball et LBD 40X46), le Défenseur reconnaît que les formations initiale et continue ont "déjà connu des améliorations sensibles", mais estime qu'elles "pourraient être encore (optimisées)".

Avec dépêches.

Première publication : 28/05/2013

  • POLICE

    La "dangerosité" du flashball pointée du doigt

    En savoir plus

  • ARMES

    Taser reconnaît que son pistolet peut provoquer des troubles cardiaques

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)