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Moyen-orient

Victoire stratégique de l'armée syrienne dans la bataille de Qousseir

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 30/05/2013

Les forces du régime syrien continuent de gagner du terrain. L'armée a annoncé, mercredi, avoir pris possession de l'aéroport de Dabaa, sur le front nord de Qousseir, ville stratégique tant pour Damas que pour les insurgés.

L'armée syrienne, épaulée par le Hezbollah libanais, a annoncé s'être emparée, mercredi, de la base aérienne de la localité de Dabaa, prémice d'une offensive de tous les côtés contre les rebelles à Qousseir, alors que les États-Unis ont exigé que la

Les premiers missiles russes sont déjà arrivés sur le sol syrien, selon Assad

L'armée gouvernementale syrienne a reçu une première livraison de missiles russes S-300, rapporte jeudi le journal libanais "Al-Akhbar" citant une interview télévisée du président Bachar al-Assad, accordée à la chaîne de télévision du Hezbollah, Al-Manar, qui devrait être diffusée dans la journée.

L'interview, prévue à 21 h heure de Damas (18 h GMT), sera diffusée simultanément sur les chaînes officielles syriennes, a annoncé la page Facebook de la présidence syrienne.

milice chiite libanaise se retire immédiatement du conflit.

Al-Manar, la télévision du Hezbollah, a diffusé des images de l'intérieur de cet ancien aéroport montrant des chars postés près des hangars et des soldats tirant vers l'extérieur.

Les forces loyales au président Bachar al-Assad contrôlent désormais toutes les issues de Qousseir et peuvent lancer une offensive sur tous les fronts contre le dernier carré d'insurgés dans cette ville du centre-ouest de la Syrie. "Nous pouvons désormais nous diriger vers le quartier nord de Qousseir", où sont retranchés les insurgés, a déclaré un officier à Al-Manar.

Le contrôle de la ville de Qousseir, autour de laquelle la bataille fait rage depuis une semaine, est essentiel pour la rébellion, car cette ville se trouve sur le principal point de passage des combattants et des armes en provenance et en direction du Liban, mais aussi pour le pouvoir car la cité est située sur la route reliant Damas au littoral, sa base arrière.

Cette avancée fait suite à l'envoi vers la ville, dans la matinée d'hier, de renforts du Hezbollah libanais et des forces spéciales de la garde républicaine, les mieux entraînées des troupes syriennes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Genève 2"

Sur le plan diplomatique, la Russie, soutien de Damas, a estimé que la levée par l'Union européenne de l'embargo sur les livraisons d'armes aux insurgés posait "de sérieux obstacles" à la conférence internationale de paix sur la Syrie baptisée "Genève-2", qu'elle prépare pour juin avec les États-Unis.

Les États-Unis, la Russie et l'ONU n'ont toujours pas résolu de nombreuses questions relatives à la future conférence internationale sur la Syrie, y compris la date précise de cette réunion, a indiqué mercredi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Le régime a donné son accord de principe à cette conférence, et l'opposition, rongée par ses divisions, peine à prendre une décision, alors que les violences ont fait plus de 94 000 morts depuis mars 2011 selon une ONG, et ont poussé à la fuite plus de cinq millions de Syriens.

La Coalition de l'opposition syrienne a indiqué qu'elle "accueille favorablement les efforts internationaux destinés à favoriser une solution politique au conflit", dans une déclaration publiée mercredi soir après sept jours d'âpres discussions à Istanbul.

Elle continue à exiger le départ du pouvoir du président syrien Bachar al-Assad et de ses chefs militaires mais n'en fait pas un préalable à une participation à une conférence de paix, selon un porte-parole qui s'est refusé à préciser si l'opposition participerait ou non à une telle réunion.

Comme ils l'avaient déjà fait, les opposants syriens ont formulé à nouveau mercredi trois exigences : "les massacres et destructions commises par le régime doivent cesser ; les forces révolutionnaires doivent bénéficier d'armes pour se protéger; l'invasion de l'Iran et de la milice (chiite libanaise) du Hezbollah doit être arrêtée".

Outre sa participation à la conférence de Genève, la Coalition doit encore se prononcer sur son élargissement, le choix d'un nouveau président et la composition d'un gouvernement provisoire.

La France "ment" sur l’utilisation des armes chimiques, selon Damas

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a répété mercredi que le président Assad resterait à son poste jusqu'en 2014 et se présenterait pour un troisième mandat "si le peuple le veut". Il a, par ailleurs, qualifié la France de "menteuse" à propos des accusations de Paris sur l'utilisation par Damas d'armes chimiques. "L'arme chimique n'a été utilisée qu'une seule fois, à Khan al-Assal", par les rebelles, a déclaré le chef de la diplomatie syrienne à la chaîne de télévision arabe al-Mayadeen.

Le pouvoir syrien accuse la rébellion d'avoir eu recours à des armes chimiques le 19 mars à Khan al-Assal, près d'Alep (nord).

L'ONU condamne les combattants étrangers

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a estimé que le Hezbollah, fer de lance de l'assaut lancé le 19 mai contre Qousseir, avait déployé 3 000 à 4 000 combattants en Syrie. "Nous exigeons que le Hezbollah retire immédiatement ses combattants de Syrie" a déclaré une porte-parole du département d'État, Jennifer Psaki, dénonçant "une escalade inacceptable".

À Genève, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a condamné l'intervention de "combattants étrangers" aux côtés des forces armées syriennes à Qousseir, et a demandé une enquête de l'ONU sur les violences dans cette ville.

Une résolution en ce sens, présentée par les États-Unis, le Qatar et la Turquie, a été adoptée par le Conseil, par 36 voix contre 1 (le Venezuela). Huit pays se sont abstenus.

Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a estimé que "le nombre croissant de soldats étrangers qui traversent la frontière de part et d'autre ne fait qu'encourager la violence confessionnelle".

Selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, "des combattants sunnites libanais" se battent en outre du côté des rebelles, donnant au conflit "de plus en plus une dimension confessionnelle".

Le pouvoir en Syrie est tenu par la communauté minoritaire alaouite, une branche du chiisme, tandis que la majorité de la population syrienne et des rebelles sont des sunnites.

Avec dépêches

Première publication : 30/05/2013

  • UNION EUROPÉENNE

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  • SYRIE

    Abou Hamza, un milicien libanais parti défendre Bachar al-Assad

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