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Culture

À la Biennale de Venise, le Vatican se réconcilie avec l'art contemporain

© AFP PHOTO / GABRIEL BOUYS | L'installation "Création" du Studio Azzuro à la Biennale de Venise

Texte par Priscille LAFITTE

Dernière modification : 31/05/2013

Un pavillon du Vatican concourt pour la première fois à la compétition internationale de la Biennale de Venise. Les artistes exposés par l’Etat catholique ne sont autres que Joseph Koudelka, Lawrence Carroll et le groupe Studio Azzurro.

Quelque 600 ans après avoir commandé le tableau sur la "Création d’Adam" à Michel-Ange pour embellir la chapelle Sixtine, le Vatican se lance à nouveau dans la commande d'art. L’église catholique s’est tournée vers des artistes contemporains pour exposer à la prestigieuse Biennale de Venise (du 1er juin au 24 novembre 2013) un triptyque sur le livre biblique de la Genèse.

Les trois artistes convoqués sont le photographe Joseph Koudelka, le plasticien Lawrence Carroll et le Studio Azzurro. Le thème de la "création : au début, et puis" a été développé par ce collectif de vidéastes et de photographes, basé depuis trente ans à Milan, dans une installation vidéo interactive.

Joseph Koudelka, photographe tchèque âgé de 85 ans, célèbre pour son travail en noir et blanc, notamment sur les tziganes, expose ses œuvres sur la Grèce antique, déjà montrées à l’ouverture des festivités de Marseille - capitale européenne de la culture 2013. Ces ruines antiques représentent le deuxième volet du triptyque : la "dé-création" (allusion au meurtre d’Abel par Caïn et au Déluge, et plus généralement à la destruction éthique et matérielle par l'homme).

Enfin, le thème de la "re-création" (inspiré du nouveau départ pris par Abraham) a été confié au plasticien américain d’origine australienne Lawrence Carroll, qui s’inspire de l’arte povera et de l’art conceptuel. L’artiste a réalisé quatre tableaux dont "Wall Paintings" et "Floor Piece".

Oeuvre de Joseph Koudelka exposée à Marseille dans le cadre de l'exposition "Vestiges 1991-2012".

Rien n’est à vendre

Le Vatican se dit conscient qu’il ne peut pas prétendre commander à de tels artistes de l’art liturgique, comme pouvait le faire l’Église catholique auparavant. Il assume cependant le fait de retisser un "lien entre les messages religieux et l’art", comme le formule le président du Conseil pontifical pour la culture du Vatican, le cardinal Ravasi, qui estime que "l’art moderne s’est globalement détourné de Dieu, mais [que] Dieu ne s’est jamais détourné des artistes". Depuis 2009, le cardinal Ravasi travaille à ce projet, avec le soutien du précédent pape Benoît XVI.

Si le passé artistique grandiose du Vatican et son retour dans l’arène de l’art contemporain attirent de nombreux curieux et la presse, c’est cependant dans la rude compétition internationale de la Biennale – où les pavillons rivalisent de génie artistique mais où rien n’est à vendre - que s’inscrit le pavillon du Vatican. "L’Église a abandonné le leadership des arts depuis 200 ans (…) et n’a pas bien vécu sa relation à la modernité", explique le président de la Biennale Paolo Baratta, dans une interview au Figaro.

D’autres pays s’exposent pour la première fois à la Biennale de Venise : l’Argentine – dont le pavillon jouxte celui du Vatican, en un clin d’œil, que les organisateurs disent involontaire, à la nationalité du pape François -, l’Afrique du Sud et les Émirats arabes unis. Le royaume de la péninsule arabique a souhaité "être près du Vatican, car sa présence donne à tout l’endroit une importance majeure et garantit une certaine tenue", révèle le président de la Biennale, Paolo Baratta. À croire que dans le monde de l’art contemporain, toutes les religions se rejoignent...

 

Première publication : 31/05/2013

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