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Moyen-orient

Succession en vue au Qatar : l'émir "place son fils sur orbite"

© AFP | Le prince héritier du Qatar, le cheikh Tamim Ben Hamad al-Thani

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 10/06/2013

Plusieurs sources indiquent que le Qatar se prépare à entamer une transition politique qui pourrait voir l'émir actuel céder sa place à son fils Tamim (photo). Karim Sader, spécialiste des pays du Golfe, décrypte la situation.

Le prince héritier Tamim, 33 ans, devrait rapidement être promu Premier ministre du Qatar. Une nomination qui devrait lui permettre de succéder plus tôt que prévu à son père, l’émir Hamad Ben Khalifa al-Thani. Ce dernier souhaiterait voir son fils lui succéder de son vivant à la tête de l'émirat

Pour comprendre ce qui se joue actuellement à Doha, FRANCE 24 a interrogé le politologue Karim Sader, spécialiste des pays du Golfe, contributeur du récent numéro de la revue Confluences Méditerranée, intitulé "Qatar : jusqu'où ?".
 
Karim Sader, politologue spécialiste des Pays du Golfe.
 
FRANCE 24 : Comment faut-il analyser cette redistribution des cartes à la tête de l’émirat qatari ?
 
Karim Sader : La montée en puissance du prince Tamim n’est pas une surprise, puisqu’il est désigné depuis 2003 comme l’héritier du trône. L’émir Hamad Ben Khalifa al-Thani, dont la santé est plus que chancelante, veut prendre les devants en plaçant son fils sur orbite. Et ce, à la place du Premier ministre Hamad Ben Jassem al-Thani, omnipotent et doté d’un pouvoir économique plus important que le monarque, avec lequel le prince héritier ne pourra pas gouverner tant il est en concurrence avec lui. En effet, jeune trentenaire, formé dans les écoles occidentales, Tamim est le fils préféré de la cheikha Mozah, elle-même épouse préférée de l’actuel émir qui en compte trois. Or il incarne avec sa mère l’aile libérale du pouvoir, tandis que le Premier ministre est, de son côté, le chef de file d’une branche plus traditionaliste.
 
Ce n’est pas tout, il se murmure également que l’émir s’apprête à céder le trône à son fils, de son vivant.
 
K.S : Il ne faut pas oublier que Doha tente depuis des années de concurrencer l’Arabie saoudite dans ses prétentions régionales et religieuses en se démarquant de Riyad et de sa vieille gérontocratie empêtrée dans des querelles dynastiques. Ainsi, cette transition accélérée peut être motivée par la farouche volonté du Qatar d’incarner une puissance régionale moderne et dynamique dirigée par une jeune génération de princes, que l’émir Hamad avait lui-même symbolisée en 1995, après son accession au pouvoir. Aujourd’hui, c’est le prince Tamim qui incarne ce renouvellement générationnel. Il s’agit d’une stratégie bien élaborée qui s’inscrit dans le moyen et long terme. Comme un symbole, l’émir avait déjà transmis à son fils la direction des grands pôles du soft power et financier du Qatar, à l’origine de la success story du pays. Outre ses responsabilités économiques, le prince héritier, qui est à la tête du comité olympique qatari et du fonds souverain propriétaire du Paris Saint-Germain, est chargé de la politique sportive de l’émirat. C’est sous son égide que le Qatar a obtenu l’organisation de la Coupe du monde de football en 2022, et de nombreux autres évènements sportifs. Une première pour un pays arabo-musulman qui a eu un grand retentissement médiatico-diplomatique. 
 
Depuis le printemps arabe, l’image du Qatar, acteur-clé au cours de cette période, s’est brouillée dans la région. Faut-il y voir un lien avec cette passation de pouvoir annoncée ?
 
K.S : Il n’y a pas de lien direct, mais le monarque est peut-être désireux de redorer son blason, compte tenu des nombreuses critiques qui ont terni l’image du Qatar. Notamment son rôle controversé qui l’a conduit à trahir les aspirations progressistes et laïques d’une partie de la rue arabe, au profit des partis islamistes qu’il finance et qui ont finalement pris le pouvoir dans les pays concernés par les révoltes arabes. Ainsi, l’émir Hamad Ben Khalifa al-Thani veut montrer une nouvelle fois qu’il est avant-gardiste et qu’il est capable de passer la main plus tôt que prévu par opposition à l’archétype du monarque inamovible.
Le Premier ministre qatari, le cheikh Hamad Ben Jassem al-Thani © AFP
 
Quel impact peut avoir cette décision sur le pouvoir qatari, et notamment sur l’avenir politique du Premier ministre actuel Hamad Ben Jassem al-Thani ?
 
K.S : En réalité, peu de changements sont à attendre. Même si des interrogations demeurent quant à son avenir politique, le Premier ministre Hamad Ben Jassem al-Thani qui reste un pilier du régime, continuera à jouer un rôle clé dans les coulisses du pouvoir. Car si jamais sa mise à l’écart s’avère au final totale, cela pourrait engendrer de graves frictions à l’intérieur de la dynastie. En outre, il n’y aura pas plus de rupture sur le plan politique. Le Qatar continuera à jongler avec ses contradictions, à savoir cultiver cette image moderniste qui plaît tant à ses amis occidentaux tout en respectant les sensibilités et le traditionalisme des couches bédouines du pays, et en finançant des mouvances islamistes. Ainsi, le prince Tamim ne risque pas de rompre la nette connivence qui existe entre Doha et la confrérie des Frères musulmans, dont l’émirat est le principal sponsor.

 

Première publication : 10/06/2013

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