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Asie - pacifique

Présidentielle en Iran : au cœur de la campagne de Rohani, le modéré

Vidéo par Khalil BECHIR , Alexander TURNBULL , Pascale BOURGAUX

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 11/06/2013

À quelques jours de la présidentielle en Iran, les envoyés spéciaux de FRANCE 24 ont suivi la campagne de Hassan Rohani, conservateur modéré. Le sexagénaire, ancien négociateur sur le nucléaire iranien, promet "la paix et la réconciliation".

"Je vais adopter une politique de réconciliation et de paix. On ne peut pas continuer sur la même voie que ces huit dernières années". Hassan Rohani, conservateur modéré, candidat à l’élection présidentielle du 14 juin prochain, ne mâche pas ses critiques à l’égard du président sortant, Mahmoud Ahmadinejad. Des milliers de ses supporters, réunis ce week-end dans une immense salle de Téhéran pour l’un de ses derniers meetings de campagne, l’acclament. "Les prisonniers politiques doivent être libérés !" crie la foule, faisant circuler dans ses rangs une énorme clé en plastique, symbole de liberté.

Hassan Rohani, 64 ans, ancien chef des négociateurs sur le nucléaire iranien au début des années 2000, est désormais le grand favori du camp réformateur, après l’invalidation par les Gardiens de la révolution des candidatures de l’ex-président Hachemi Rafsandjani et d'Esfandiar Rahim Mashaïe, le dauphin d’Ahmadinejad. Dans cette course à la présidentielle largement dominée par les ultra-conservateurs proches de l’ayatollah Ali Khamenei, Rohani est le seul candidat modéré d’envergure. Il rassemble également les voix des vétérans du Mouvement vert désormais silencieux, un mouvement majoritairement composé de jeunes qui avaient contesté la réélection de Mahmoud Ahmadinejad à la tête de l’Iran en 2009.

"Ces huit dernières années… Que Dieu ne pardonne jamais au gouvernement sa politique à l’égard des jeunes !", témoigne, en marge du rassemblement de Rohani, Fahtemeh Zahra, une mère de famille, au micro de FRANCE 24. Puis, face au regard réprobateur de sa fille, elle réagit : "Pourquoi je ne peux pas dire ça ? Quel est le problème ? Le gouvernement a opprimé les jeunes ! Ils ne peuvent pas se marier, ils ne peuvent pas acheter de maison [en raison du contexte économique, NDLR]".

Le nucléaire au cœur des débats

Cependant, Rohani n’attire pas seulement les déçus de l’ère Ahmadinejad. Ce haut dignitaire religieux – il est le seul candidat à être issu du clergé – offre également de nouvelles perspectives dans les relations internationales. En 2004, à l’époque où il chapeautait les négociations dans le dossier du nucléaire pour le compte du président Mohammad Khatami, il avait conclu une interruption momentanée de l’enrichissement de l’uranium en Iran, permettant ainsi au pays de se maintenir dans le concert des nations. Depuis, les relations avec l’Occident se sont considérablement détériorées.

Cependant, cet épisode de son histoire est à double tranchant. Ces dernières semaines, les débats politiques se sont polarisés autour de la question du nucléaire. Face à Rohani, le candidat ultra-conservateur Saïd Jalili, donné grand favori, a axé sa campagne sur son opposition implacable à un compromis avec l’Occident au sujet du programme nucléaire national. Il n’a, dans ce sens, cessé d’attaquer le candidat modéré, l’accusant d’avoir "sacrifié les droits de l’Iran". La rhétorique ne laisse pas de glace une partie des Iraniens, qui nourrissent un lourd ressentiment à l’égard des Occidentaux en raison du contexte économique dégradé, et se disent favorables au développement du nucléaire militaire en Iran.

 

Première publication : 10/06/2013

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