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L'épouse du Premier ministre japonais désavoue la politique nucléaire de son mari

© AFP | Akie Abe, épouse du Premier ministre japonnais

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 11/06/2013

Akie Abe, la femme du Premier ministre pro-nucléaire Shinzo Abe, a ouvertement désapprouvé jeudi dernier la politique énergétique de son mari. "Il ferait mieux de proposer de l'énergie propre" a-telle lancé, lors d'une conférence.

Les prochaines soirées du couple Abe promettent d’être animées. La femme du Premier ministre japonais, Akie Abé, a ouvertement désapprouvé, jeudi 6 juin, les ventes à l’étranger des technologies de centrales nucléaires "made in Japan" conclues par son mari. "Il ferait mieux", selon elle, "de proposer de l'énergie propre", a-t-elle indiqué lors d'un discours tenu à huis clos. L’ONG de soutien de communautés agricoles, à l’initiative de la rencontre, n’a pas manqué, par la suite, de mettre en ligne ses déclarations pour le moins divergentes.

"Je suis antinucléaire"

"Cela ne me plaît pas que le Japon essaye de vendre des réacteurs nucléaires à l'étranger car je suis antinucléaire", a poursuivi l'épouse de Shinzo Abe. Et d’enfoncer le clou, "je reconnais que le Japon possède des technologies de pointe [...] mais je pense que notre pays devrait consacrer une partie de l'argent dépensé pour le nucléaire à développer des énergies nouvelles et à les vendre à l'étranger", a déclaré l'épouse du Premier ministre.

Son mari ne fait effectivement pas mystère de vouloir redémarrer les réacteurs atomiques à l'arrêt au Japon depuis la catastrophe de Fukushima en mars 2011. Depuis qu'il est revenu au pouvoir en décembre dernier, Shinzo Abe a multiplié les voyages à l'étranger pour sécuriser et diversifier les sources d'approvisionnement du pays en énergie (gaz, pétrole), non sans promouvoir au passage le savoir-faire nucléaire nippon.

Une tradition nippone?

L’épouse de Naoto Kan, Premier ministre du Japon de juin 2010 à septembre 2011, n’avait pas non plus épargné son mari, alors tout juste élu à la tête du gouvernement. Dans son livre, au titre pour le moins évocateur, "Qu'est-ce qui va changer au juste au Japon après que tu sois devenu Premier ministre ?", la femme du Premier ministre, s’était livrée à un exercice satirique que l’opposition n’aurait pas renié.

Souhaitant rompre avec l'image de l'épouse soumise, elle n’avait pas hésité à confier les travers intimes de son mari ni à fustiger sa stature politique. "Je me demande si c'est bien que cet homme soit Premier ministre parce que je le connais parfaitement", s'interroge d'emblée Mme Kan, 64 ans. "Dans le monde politique actuel, il y a beaucoup de poids légers. Voilà ce qui arrive lorsqu'il faut choisir parmi eux."

 

Première publication : 11/06/2013

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