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Afrique

Qui pour succéder au président Bouteflika ?

© FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 11/06/2013

L’absence du président algérien Abdelaziz Bouteflika, hospitalisé en France depuis le 27 avril, soulève la question de sa succession. Plusieurs clans se dessinent. Reportage à Alger de nos envoyés spéciaux, Kamel Zaït et Adel Gastel.

Alors que le secret demeure autour de l’état de santé du président algérien Abdelaziz Bouteflika, ses 46 jours d’absence suscitent de multiples interrogations quant à sa succession. Les assurances du gouvernement sur une amélioration de l'état du président ne convainquent plus en Algérie et les appels se multiplient pour déclarer l’état d’empêchement du président en raison de maladie grave et durable, comme le stipule l'article 88 de la Constitution.

Arrivé en France à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce le 27 avril, à la suite d'un AVC mineur selon les autorités algériennes, le président Bouteflika, 76 ans, a été transféré le 21 mai à celui des Invalides "afin d'y poursuivre sa convalescence" selon le ministère français de la Défense.

"Bouteflika doit prolonger son mandat jusqu'en 2016"

Face à cette situation sans précédent, l’Algérie s’interroge sur la succession de Bouteflika, d’autant que son mandat prend fin en 2014. Plusieurs partis politiques proches du président prônent un quatrième mandat, à l’image l'Union pour la démocratie et les libertés (UDL). "Notre président est en bonne santé et reviendra bientôt en Algérie pour poursuivre sa mission. Nous appelons à prolonger le mandat actuel jusqu'en 2016", affirme ainsi Amar Douifi, le secrétaire général de l’UDL.

Mais après 14 années au pouvoir, Abdelaziz Bouteflika a déçu certains de ses plus proches alliés, comme le Mouvement de la société pour la paix (MSP), issu de la mouvance des Frères musulmans. "Tout le monde est d'accord sur le fait que le président ne doit pas rester après 2014. Nous avons le sentiment qu'un clan essaie de monopoliser la scène politique même après Bouteflika. C'est insupportable", a ainsi réagi Abderrezak Mokri, le président du MSP.

Dans la course à la présidentielle de 2014, des noms commencent à circuler. Parmi eux, d'anciens Premiers ministres, comme Ahmed Ouyahia (2008-2012), Abdelaziz Belkhadem (2006-2008) et Ali Benflis (2000-2003).

Reste à savoir le poids de l'armée dans ce choix politique. Selon l’ancien officier des services de renseignement Mohamed Chafik Mesbah, son influence reste toute relative. "L'institution militaire et les services de renseignement ne sont plus en mesure d'imposer un candidat déterminé, explique-t-il. Je ne pense pas que ce soit dans leur intérêt ou même leur objectif. Le but est de choisir une personnalité consensuelle. Beaucoup de scénarios sont encore possibles". Y compris le recours à un ancien président : le nom de Liamine Zeroual (1994-1999) est évoqué par la classe politique.

Première publication : 11/06/2013

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