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FRANCE

François Hollande rend hommage à Pierre Mauroy, cet "enfant du peuple"

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 11/06/2013

Aux Invalides, le président François Hollande, ainsi que les responsables du Parti socialiste, ont rendu un hommage national à l'ancien Premier ministre Pierre Mauroy, disparu le 7 juin à l'âge de 84 ans.

Le gouvernement et la famille socialiste, François Hollande en tête, ont rendu un hommage national mardi à Paris à l'ancien Premier ministre Pierre Mauroy, un "enfant du peuple" pour qui "réformer ce n'était pas renoncer, c'était réussir", selon les mots du président de la République.

L'ancien maire de Lille qui fut le premier chef de gouvernement de François Mitterrand (1981-84) est mort vendredi à l'âge de 84 ans, vingt mois après avoir quitté la scène politique en lâchant son mandat de sénateur en 2011.

Première étape de cérémonies prévues sur 48 heures à Lille, un hommage national lui était rendu dans la cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides, devant son cercueil recouvert du drapeau tricolore.

"Peu d'hommes, même éminents, peuvent s'enorgueillir d'avoir fait l'Histoire de leur pays. Pierre Mauroy est incontestablement de ceux-là", a commencé François Hollande, en saluant l'"enfant du peuple" - il était fils d'instituteur - "entré dans l'Histoire pour avoir été l'artisan de grandes conquêtes sociales et de libertés nouvelles".

"Ce destin exceptionnel, rien ne le disposait à l'accomplir, mais tout le conduisait à en rêver", a-t-il ajouté.

Avant de se retrouver pour la plupart au siège du PS, rue de Solférino, le chef du gouvernement Jean-Marc Ayrault, ministres, anciens ministres de l'ère Mitterrand, élus nordistes, entouraient aux Invalides sa veuve, Gilberte Mauroy, son fils Fabien et les petits-enfants de l'ex-Premier ministre. Les présidents de l'UMP Jean-François Copé, de l'UDI Jean-Louis Borloo et du MoDem François Bayrou étaient aussi présents.

"Il lui fallut assumer"

Evoquant la mémoire de l'artisan de l'union de la gauche, qui a orchestré le changement de 1981 avec des réformes emblématiques (retraite à 60 ans, 39 heures de travail hebdomadaire, abolition de la peine de mort, nationalisations, etc.), François Hollande y a vu "des choix essentiels dont nous sommes les uns les autres, quelle que soit notre place dans la vie politique, les héritiers".

"Les choix du réformisme d'abord. Pour Pierre Mauroy, réformer ce n'était pas renoncer, c'était réussir (...) se défaire de l'illusion des mots pour passer à la réalité des actes. Réformer ce n'était pas céder à la réalité, c'était la saisir à la gorge pour la transformer".

Face aux difficultés, "il lui fallut assumer". Et le chef de l'Etat de citer "le sérieux budgétaire, le blocage des prix et des salaires, les restructurations industrielles".

Ces décisions, à peine deux ans après l'arrivée de François Mitterrand au pouvoir, lui "coûtèrent", "mais il sut prendre ces décisions parce qu'il les savait non pas inévitables, mais nécessaires pour reconvertir, redresser et repartir".

Un éloge qui pouvait résonner dans la bouche de François Hollande comme une défense de son action, alors que l'exécutif est attaqué par la gauche de la gauche sur l'austérité imposée à ses yeux par Bruxelles.

Le président a salué en Pierre Mauroy celui qui avait "compris que le destin de la France passait pas l'Europe, que faire cavalier seul pouvait finir en une cavalcade sans lendemain".

"Par facilité ou commodité de langage, on désigna cette orientation d'un même mot: la rigueur. (...) La rigueur, c'était la condition pour poursuivre la réforme, le changement", a-t-il dit aussi.

Interrogée par France 2, la veuve de Pierre Mauroy a assuré que son époux vivait "pour la grandeur de son pays".

Autour d'elle et de sa descendance se tenaient notamment les anciens Premiers ministres Michel Rocard, Lionel Jospin, Jean-Pierre Raffarin, Dominique de Villepin et Edith Cresson. La maire de Lille Martine Aubry, qui avait succédé en 2001 à Pierre Mauroy, en poste depuis 1973, se tenait à côté de son père Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne et ministre des Finances de M. Mauroy. Plusieurs anciens ministres de M. Mitterrand, comme Jack Lang, Robert Badinter ou Michel Charasse, ainsi que l'écrivain Alain Decaux, le chef d'orchestre Jean-Claude Casadesus étaient là également.

Après les hommages parisiens, le corps de Pierre Mauroy devait être transporté à l'Hôtel de ville de Lille pour que ses anciens administrés puissent se recueillir devant le cercueil de mardi 18H00 jusqu'à mercredi 18H00, nuit y compris.

Les funérailles seront célébrées à 14H30 à la cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille par l'archevêque de Lille, Mgr Laurent Ulrich. L'inhumation au cimetière de l'Est "se fera dans la plus stricte intimité", selon la mairie de Lille.

AFP

Première publication : 11/06/2013

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