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Economie

Hollande au Qatar : par l’odeur des dollars alléché

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 21/06/2013

Le déplacement du président François Hollande au Qatar, ce week-end, devrait être l’occasion pour les patrons qui accompagnent le chef de l’État de décrocher des contrats avec l’un des pays les plus riches au monde.

Le Qatar, un allié “normal” ? C’est le message que le président François Hollande voudrait faire passer alors qu’il doit se rendre dans l’émirat pour la première fois, un déplacement officiel de deux jours, samedi 22 et dimanche 23 juin.

Pourtant, cet émirat riche à milliards grâce à ses énormes réserves de gaz naturel cadre mal avec l’image que certains peuvent se faire de la normalité. Son rôle diplomatique entretenu à coup de dollars, aussi bien durant les Printemps arabes, qu’en Libye et aussi au Mali en fait un partenaire stratégique pour la France. Nul doute d’ailleurs que le dossier malien et celui du soutien à l’opposition au régime syrien de Bachar al-Assad seront au menu des discussions entre le président français et l’émir Hamad ben Khalifa al-Thani.

Mais ce n'est pas par hasard que François Hollande arrive accompagné d'une forte délégation de patrons français dans ses valises. Paris espère bien que la France restera, avant tout, une destination privilégiée pour les investissements qataris, comme ce fut le cas sous l’ère Sarkozy. L’ancien président avait fait bénéficier au Qatar d’un régime fiscal très accommodant pour inciter les investissements en provenance de Doha.

"En cinq ans, le Qatar a vraisemblablement investi, de manière directe ou indirecte, environ 15 milliards de dollars [11 milliards d'euros]", explique le ministère des Affaires étrangères à propos de ce pays de 1,7 million d'habitants dont seulement 10 % sont des nationaux et qui compte 29 000 millionnaires. Des investissements qui n’ont pas manqué de susciter des crispations autour de supposées motivations politiques prêtées à l’émirat, réputé proche du mouvement islamiste des Frères musulmans. “Il y a eu un certain nombre de polémiques à la fois sur la présence du Qatar en France et sur sa politique étrangère. Le but de la visite du président de la République c'est de ramener un peu de sérénité dans tout cela", assure un des conseillers de François Hollande.

Rafale, métro et tramway

Les sommes investies en France sont impressionnantes. Pourtant, l’Hexagone n’est que le quatrième partenaire commercial du Qatar derrière l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Italie. Il y a donc encore une marge de progression, et le gouvernement français aimerait profiter du voyage présidentiel pour convaincre ses interlocuteurs de ne pas s’intéresser qu’aux placements dits de prestige. À côté du PSG, racheté en 2011 par le cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, "ils veulent de l'immobilier, ils adorent l'immobilier, ils aiment encore l'immobilier et ils veulent encore plus d'immobilier", a déclaré à l’agence de presse Reuters un homme d'affaires qui travaille avec l’émirat.

Le Qatar a, cependant, aussi investi au fil des ans dans Total, Vinci, Lagardère et même dans des PME comme le maroquinier Le Tanneur. C'est ce type de partenariats plus productifs que la délégation française devrait essayer de promouvoir à Doha. Le plat de résistance des discussions commerciales concerne le renouvellement de la flotte aérienne militaire du Qatar. L’avionneur Dassault espère profiter de l’occasion pour revendre des Rafale à l’émirat.

D’autres dossiers, comme le métro de Doha, sur lequel lorgne le géant du BTP Vinci, ou un chantier de tramway dans la banlieue de la ville, qui intéresse Alstom, autre mastodonte français de l’énergie et du transport, devraient également être négociés. Enfin, les patrons français qui accompagnent François Hollande espèrent aussi profiter autant que possible des grands appels d’offres lancés par le Qatar pour les travaux préparatifs à la Coupe du monde de football de 2022.

Première publication : 21/06/2013

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