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Dilma Rousseff se dit à l'écoute de la rue et promet des réformes

© Capture d'écran | La présidente brésilienne Dilma Rousseff, vendredi soir

Vidéo par Georges LAEDERICH

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 22/06/2013

Dans un discours diffusé vendredi soir à la télévision, la présidente brésilienne a annoncé qu'elle allait recevoir les représentants du mouvement qui ébranle le pays. Elle a promis d'agir pour les services publics et contre la corruption.

Confrontée à une fronde sociale historique, la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, s’est dite à l’écoute de la rue, dans une allocution solennelle à la nation diffusée vendredi soir. "Je veux répéter que mon gouvernement écoute les voix démocratiques qui réclament le changement", a déclaré Mme Rousseff, 24 heures après les manifestations émaillées de violences qui ont déversé 1,2 million de Brésiliens dans les rues, au cours d'une intervention de 10 minutes retransmise par les radios et télévisions du pays.

"Je vais inviter les gouverneurs, les maires des principales villes, à former un grand pacte autour de l'amélioration des services publics", a dit la présidente. Elle a cité des "transports en commun" de qualité à des tarifs justes", la santé, et l'éducation, en faveur de laquelle elle a réitéré son souhait de consacrer 100% des recettes pétrolières du pays, un projet paralysé par de forts blocages politiques. La présidente brésilienne a annoncé qu'elle recevrait "les leaders des manifestations pacifiques, les représentants des organisations de jeunes, des syndicats, des mouvements de travailleurs, des associations populaires". "Nous avons besoin de leur contribution (...) de leur énergie et créativité, de leur pari sur l'avenir et de leur capacité à remettre en question les erreurs du passé et du présent", a-t-elle souligné. Mais elle a averti qu'elle ne tolèrerait pas qu'une "minorité violente et autoritaire salisse un mouvement démocratique et pacifique", en détruisant "le patrimoine public et privé".

"Combattre la corruption"

Dilma Rousseff a estimé que le Brésil avait besoin d'"oxygéner" son "système politique" pour le rendre "plus perméable à l'influence de la société" et de trouver des "moyens plus efficaces pour combattre la corruption". Promettant que le Brésil allait réussir "une grande coupe du Monde de football, elle a répondu aux critiques des manifestants sur les dépenses colossales engagées pour l'organisation du Mondial l'an prochain. "Je veux clarifier que l'argent dépensé pour les stades par le gouvernement sera dûment remboursé par les entreprises et les gouvernements des Etats qui les exploiteront" dans l'avenir, a-t-elle dit. "Je ne permettrai jamais que les deniers du gouvernement fédéral (...) négligent les secteurs prioritaires comme la santé et l'éducation", a-t-elle assuré.

Les manifestations se poursuivent

Alors que la présidente s’exprimait, de nouvelles manifestations, bien moindres que celles de jeudi où plus d'un million de personnes avaient été recensées, se déroulaient dans une trentaine de villes. Mais à Rio, Sao Paulo et Porto Alegre, des groupes de manifestants ont bloqué d'importants axes urbains à l'heure de pointe, provoquant des embouteillages monstres. A Rio, des manifestants étaient massés devant le domicile du gouverneur de l'Etat, dans le quartier chic de Leblon. A Valparaiso de Goias (centre), au moins dix autobus ont été brûlés et des heurts ont éclaté avec la police. Le chef de cabinet de la présidence, Gilberto Carvalho, a indiqué que les autorités se préparaient à l'éventualité d'une poursuite des manifestations pendant les Journées mondiales de la Jeunesse catholique (JMJ) et la visite du pape François, fin juillet à Rio de Janeiro.

La Coupe des confédérations ternie

Les manifestations ont terni la Coupe des Confédérations de football - considérée comme la répétition générale en miniature du Mondial- qui se dispute dans le pays jusqu'au 30 juin. "La Coupe des Confédérations se déroule au Brésil et la Coupe du Monde de football doit avoir lieu au Brésil", a réaffirmé vendredi à Rio le secrétaire général de la Fifa, Jérôme Valcke, alors que des médias brésiliens relayaient des rumeurs sur une possible annulation. "Il n'y a pas de plan B", a-t-il déclaré à des journalistes brésiliens, soulignant que la Fifa n'avait rien à voir avec les problèmes sociaux du pays et qu'elle était donc une "mauvaise cible". Le Mouvement Passe Livre (MPL, pour la gratuité des transports en commun) à Sao Paulo, l'un des fers de lance de la fronde sociale, a annoncé qu'il cessait d'appeler à manifester dans la mégapole, après la baisse du prix des transports publics. "L'objectif final a été conclu", a dit l'un des leaders, Lucas Monteiro à la télévision. Mais d'autres groupes continuaient à lancer des appels à manifester sur les réseaux sociaux.

Avec dépêches

Première publication : 22/06/2013

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