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FRANCE

Otages au Niger : les familles se mobilisent pour les 1 000 jours de détention

© AFP

Vidéo par France 2

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 22/06/2013

Les proches des quatre otages détenus depuis 1 000 jours au Sahel se sont rassemblés samedi dans plusieurs villes de France pour faire entendre leur cause. Les familles dénoncent l'immobilisme du gouvernement.

Pour marquer les 1 000 jours de détention des quatre otages français détenus au Sahel, les proches se sont rassemblés samedi 22 juin simultanément dans plusieurs villes de France. Ils déplorent le silence et "l'inaction" des autorités. Thierry Dol, Daniel Larribe, Pierre Legrand et Marc Féret ont été enlevés le 16 septembre 2010 au Niger par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

"Un cap insoutenable"

"Mille jours, c'est un cap insoutenable [...] mais l'espoir est toujours là de les retrouver vivants", a déclaré Aurélien Pigeat, neveu de Daniel Larribe, parmi les 150 à 200 personnes réunies devant l'Hôtel de Ville de Paris. Une telle durée "donne tort à la stratégie du silence", a-t-il poursuivi, pointant du doigt ce qu'il estime être une forme d'inaction des pouvoirs publics.

L'épouse de Daniel Larribe, Françoise, capturée en même temps que lui mais libérée en février 2011, était présente au rassemblement parisien. D'autres se sont tenus à Nîmes (300 personnes), Nantes (plusieurs centaines) et Orléans avec une "chaîne de solidarité de 300 personnes".

À Saint-Céré (Lot), dont est originaire Daniel Larribe, un millier de personnes se sont réunies devant la mairie de ce village de 3 500 habitants. Claude Larribe, le frère de Daniel, a assuré que la "discrétion" des pouvoirs publics "cachait une profonde inaction". Et de poursuivre, "tous les États, même les plus fermes, trouvent toujours, quand ils l'ont décidé, des voies de dialogue et de négociation. Il faut que le président de la République le décide vite: il peut et doit le faire", a-t-il estimé.

Témoignage de Pascale Robert, la mère de Pierre Legrand



Une plainte controversée

La mobilisation intervient au lendemain de la plainte de la famille de Pierre Legrand pour dénoncer de possibles manquements à la sécurité de leur employeur au Niger et obtenir des informations sur sa détention. L’initiative n’est pas au goût de tous.

Plus tôt dans la matinée de samedi, Me Olivier Morice, avocat du père et du frère de Pierre Legrand, Alain et Clément Legrand, avait souligné lors d'une conférence de presse que leur plainte, déposée la veille, constituait une "étape supplémentaire, qui permettra de conduire à la désignation de magistrats instructeurs qui deviendront les interlocuteurs des familles". Elle marque aussi l'"exaspération de la famille Legrand face à l'inertie des pouvoirs publics", a renchéri l’avocat.

Lors de la conférence de presse, Alain Legrand a quant à lui lâché : "Au bout de 1 000 jours, on ne sait rien mais on veut comprendre, on veut savoir la vérité, s'il y a eu des fautes [sur la sécurité, ndlr] et qui a fauté".

Même à l'intérieur de la famille, le dépôt de plainte n'a pas fait l'unanimité. "La priorité est de les sortir, je ne sais pas si cette plainte va aider", disait ainsi lors du rassemblement à Paris Pascale Robert, la mère de Pierre Legrand. À Nantes, René Robert, le grand-père de Pierre Legrand, a lui aussi déclaré : "C'est une démarche que je n'aurais pas faite, parce que la priorité est à la libération des otages".

"Silence assourdissant"

Interrogé par l'AFP, Frédéric Cauhapé, beau-frère de Marc Féret, a assuré que les "autres familles sont mobilisées actuellement uniquement pour les ramener", ajoutant : "On verra plus tard pour établir les responsabilités", sans toutefois condamner la démarche de la famille Legrand.

Me Olivier Morice a concédé qu'il "pouvait y avoir des sensibilités différentes" entre les proches, mais "qu'il y avait une souffrance très forte des familles par rapport au silence assourdissant" des autorités. "La seule réponse officielle, a-t-il poursuivi, a été de dire qu'aucune rançon ne sera versée."

Le président français, François Hollande, avait expliqué le 19 avril que la France ne versait pas de rançons pour la libération de ses otages, ajoutant que la France "ne cède pas sur les principes" et que "c'est en étant le plus discrets possible que nous pouvons être le plus efficaces".

Avec dépêches

Première publication : 22/06/2013

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