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Législatives albanaises : le pouvoir et l'opposition revendiquent la victoire

© AFP

Texte par Dépêche

Dernière modification : 23/06/2013

Alors que la Commission électorale a autorisé une prolongation du vote en raison de la forte affluence, la coalition de droite du Premier ministre et celle de l'opposition ont d'ores et déjà revendiqué chacune la victoire des législatives.

La coalition de droite du Premier ministre Sali Berisha et celle de l'opposition du socialiste Edi Rama ont revendiqué chacune la victoire aux législatives de dimanche en Albanie alors que les résultats ne sont attendus que lundi.

Par ailleurs, alors que les bureaux de vote devaient fermer à 17H00 GMT, la Commission électorale centrale (CEC) a annoncé avoir autorisé la prolongation du scrutin autant que nécessaire en raison d'un nombre important d'électeurs qui faisaient toujours la queue pour voter.

"La +Renaissance+ (ndlr, nom de la coalition de l'opposition) a gagné", a déclaré le chef de la gauche Edi Rama au cours d'une conférence de presse à Tirana devant de nombreux sympathisants qui scandaient "Victoire".

"Je suis convaincu de notre grande victoire", a affirmé de son côté le Premier ministre sortant et chef de la coalition de droite Sali Berisha.

La mort d'un militant d'opposition et des divergences au sein de la commission électorale ont entaché le déroulement des législatives en Albanie et risquent de doucher ses espoirs de rapprochement avec l'Union européenne.

Trois personnes, dont un candidat du parti de M. Berisha, ont été blessées dans cet incident qui a eu lieu dans la matinée à Laç, à 40 kilomètres au nord de Tirana.

M. Rama, 48 ans, qui s'était rendu sur place, avait dénoncé "un grave incident politique (...) visant à intimider les électeurs".

Après avoir voté à Tirana, sans commenter cet incident, M. Berisha a dit vouloir "assurer les citoyens que leurs suffrages seraient respectés" et a qualifié d'"inacceptable, toute forme d'intimidation".

A 15H00 GMT, le taux de participation était de 43%, supérieur de 3% par rapport à celui enregistré à la même heure au scrutin précédent de 2009.

Ces élections sont surveillées de près par Bruxelles qui a déjà, à deux reprises, refusé d'octroyer le statut de candidat à l'adhésion à l'UE à ce pays où, depuis la chute du régime communiste en 1990, les résultats des élections ont été systématiquement contestés.

A la suite de différends entre le pouvoir et l'opposition, trois des sept membres de la Commission électorale ont démissionné en avril, laissant cette institution sans la majorité nécessaire de cinq voix pour proclamer les résultats du scrutin.

Lors des précédentes législatives, l'opposition avait refusé de reconnaître les résultats estimant que le scrutin avait été émaillé d'irrégularités. Un climat de méfiance règne depuis entre le pouvoir et l'opposition qui avait finalement accepté de siéger au Parlement.

Les principaux rivaux - la coalition de M. Berisha et celle de M. Rama -, prônent unanimement l'adhésion à l'Union européenne ainsi que le redressement d'une économie sinistrée.

Dans ce pays de 2,8 millions d'habitants où les sondages d'opinion sont peu crédibles, les deux camps ont assuré leurs sympathisants de remporter ce scrutin.

Au total 140 députés seront élus à la proportionnelle, pour un mandat de quatre ans, parmi plus de 7.000 candidats.

"J'ai fini des études de droit avec d'excellents résultats mais je n'ai pas réussi à trouver un emploi. Les portes du système sont verrouillées à cause de la corruption", a dit Flori Lika, 28 ans assurant qu'elle allait voter pour l'opposition.

Mais pour Luljeta Konomi, une économiste d'une quarantaine d'années, M. Berisha "a changé le visage de l'Albanie et il sera le seul à pouvoir faire entrer l'Albanie dans la grande famille européenne", après son adhésion à l'Otan en 2009.

Pendant la campagne, M. Berisha, 69 ans, qui domine la scène politique depuis plus de 20 ans, s'est employé à séduire les électeurs en promettant une augmentation de 6% des salaires et des retraites.

Le chômage touche 14% de la population, mais, selon l'opposition, le taux est supérieur à 40% dans les régions les plus déshéritées du Nord de ce pays pauvre.

La dette de l'Albanie atteint 62% du PIB et la croissance économique en 2012 a atteint 1,5%.

Les bureaux de vote ont ouvert à 05H00 GMT et fermeront à 17H00 GMT. Les premiers résultats non officiels devraient être communiqués lundi.

AFP

Première publication : 23/06/2013

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