Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

SUR LE NET

Brésil : une cyber-présidentielle sous tension

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Nicolas Sarkozy annonce son retour sur Facebook

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Une semaine dans le monde - 19 septembre (Partie 2)

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Une semaine dans le monde - 19 septembre (Partie 1)

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

La gauche en difficulté

En savoir plus

L'INVITÉ DE L'ÉCO

Stéphane Distinguin, PDG de FaberNovel et président de Cap Digital

En savoir plus

L'INVITÉ DE L'ÉCO

Bernard Maris, chroniqueur à Charlie Hebdo et auteur de "Houellebecq, économiste"

En savoir plus

TECH 24

Organisation de l'État islamique : la nouvelle bataille d'Anonymous

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Jérôme Bel ou la danse minimale

En savoir plus

  • Nicolas Sarkozy a "envie" mais surtout "pas le choix" de revenir en politique

    En savoir plus

  • Des milliers de pacifistes manifestent à Moscou contre la guerre en Ukraine

    En savoir plus

  • De Paris à New York, les défenseurs du climat se mobilisent

    En savoir plus

  • Pas de zone tampon sans respect du cessez-le-feu, exige l’armée ukrainienne

    En savoir plus

  • Ligue 1 : au Parc des Princes, Lyon tient tête au Paris-SG

    En savoir plus

  • En Albanie, le pape François prône la tolérance religieuse et fustige les jihadistes

    En savoir plus

  • Ashraf Ghani succède à Hamid Karzaï à la présidence afghane

    En savoir plus

  • Air France prévoit d'assurer 41% des vols lundi

    En savoir plus

  • Mondial de volley : la France échoue au pied du podium

    En savoir plus

  • Attentat à la bombe près du ministère des Affaires étrangères au Caire

    En savoir plus

  • Vidéo : la Turquie "débordée" par l’afflux de réfugiés kurdes de Syrie

    En savoir plus

  • Grand Prix de Singapour : Hamilton reprend les commandes de la F1

    En savoir plus

  • Filière jihadiste lyonnaise : cinq personnes mises en examen et écrouées

    En savoir plus

  • L’opposant Mikhaïl Khodorkovski envisage de gouverner la Russie

    En savoir plus

  • Sanaa instaure un couvre-feu, l'ONU annonce un accord de sortie de crise

    En savoir plus

  • Journées du patrimoine : visite guidée du théâtre de l’Opéra Comique

    En savoir plus

  • Bruxelles déjoue un projet d'attentat jihadiste à la Commission européenne

    En savoir plus

  • Le Front Al-Nosra a exécuté un soldat libanais qu'il détenait en captivité

    En savoir plus

  • Assaut mortel de Boko Haram à Mainok dans le nord du Nigeria

    En savoir plus

  • Les prisonniers des colonies, objets de propagande allemande

    En savoir plus

  • Après 47 ans d'attente, le Cameroun accueillera la CAN en 2019

    En savoir plus

Moyen-orient

À Saïda, "la crédibilité de l'armée libanaise est en jeu"

© AFP

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 24/06/2013

Alors que le conflit syrien déborde au pays du cèdre, des combats opposent depuis dimanche des miliciens salafistes à l’armée dans la banlieue de Saïda, dans le sud du Liban. L'analyse de Khattar Abou Diab, politologue spécialiste du Moyen-Orient.

Ahmad al-Assir, un cheikh salafiste qui s’est fait connaître par ses prises de position véhémentes contre le Hezbollah chiite, est devenu l’ennemi public numéro un de l’armée libanaise. Les combats qui opposent depuis hier ses miliciens à l’armée près de sa mosquée à Abra, une banlieue de Saïda, la plus grande ville du sud du Liban, étaient toujours en cours lundi

Au moins 12 soldats ont été tués dans les affrontements selon le dernier bilan communiqué par l’armée. Signe de la violence des combats, il s'agit des pertes militaires les plus lourdes enregistrées, en moins de 24 heures, depuis la guerre contre les islamistes du Fatah el-Islam en 2007. Selon plusieurs médias libanais, le bastion d’Ahmad al-Assir est cerné par l’armée, et celle-ci aurait même pénétré dans l'enceinte de la mosquée.
 
Pour comprendre ce qui se joue actuellement au Liban, FRANCE 24 a interrogé Khattar Abou Diab, politologue spécialiste du Moyen-Orient et professeur à l’université Paris-XI.
 
 
Khattar Abou Diab, docteur en sciences politiques
Quel est l’enjeu des affrontements qui opposent l’armée libanaise aux partisans du cheikh salafiste Ahmad al-Assir ?
 
Khattar Abou Diab : Ahmad al-Assir a franchit plusieurs lignes rouges, à savoir ouvrir le feu contre des militaires et appeler les soldats sunnites à faire défection. Un jeu dangereux car si à la longue cet appel est entendu, il pourrait remettre en cause l’unité des rangs de l’armée libanaise qui compte un très grand nombre de soldats sunnites. En réponse, les militaires se doivent d’envoyer un message fort et surtout ils se doivent de gagner cette bataille, et c’est ce qui est en train de se passer, afin de démontrer que l’armée reste capable, dans un pays sans gouvernement [le nouveau Premier ministre Tammam Salam, nommé début avril, peine à former un cabinet, NDLR], de garantir la sécurité dans le pays.
 
Sa crédibilité est en jeu, d’autant plus qu’elle est soupçonnée par une partie de la communauté sunnite, comme par exemple par le courant d’Ahmad al-Assir, d’être de mèche avec le Hezbollah. Il lui est notamment reproché de se garder de s’en prendre au parti chiite, en ne l’empêchant pas, par exemple, de franchir la frontière à sa guise pour aller combattre en Syrie. Elle se soit donc d’agir autant avec fermeté qu’avec sagesse car déjà à Tripoli, la grande ville sunnite du nord où le courant salafiste est très présent, la tension monte [ce lundi, des hommes masqués et armés ont coupé la circulation sur les grands axes routiers de la ville pour exprimer leur solidarité au cheikh Assir, NDLR]. En éteignant un incendie à Saïda, on risque d’en allumer un autre à Tripoli.
 
Comment expliquez-vous l’ascension de cet imam radical, méconnu il y a encore deux ans ?
 
K.A.D. : Ahmad al-Assir doit son ascension sur la scène libanaise à la crise en Syrie, qui lui offert une cause à défendre. Et son discours résolument hostile au Hezbollah l’a imposé comme l’un des principaux détracteurs du parti chiite. Ces postures l’ont popularisé auprès d’une partie de la communauté sunnite. Intrigués par ce salafiste caricatural qui fait du ski avec ses partisans et qui n’hésite pas à menacer Hassan Nasrallah, le puissant chef du Hezbollah, les médias lui ont accordé de plus en plus de place sur leurs antennes.
 
Toutefois, il n’a pas tardé à montrer son vrai visage, en se transformant en phénomène milicien et en paradant avec des hommes armés dans son pré carré constitué de sa mosquée et ses alentours. Et ce, à l’image du Hezbollah qui fait régner, grâce à son arsenal, sa loi dans ses bastions du Sud-Liban et dans la banlieue sud de Beyrouth.
 
Le cheikh salafiste Ahmad al-Assir
© © AFP
Le scénario actuel joue-t-il en faveur du Hezbollah, qui affirme se battre en Syrie pour contrer le salafisme dans la région ?
 
K.A.D. : Le parti chiite n’est pas étranger à la montée des courants salafistes au Liban, dont celui d’al-Assir. Car en imposant ses volontés au pouvoir, en se comportant en vainqueur et en s’impliquant directement dans la crise syrienne aux côtés du régime de Damas, il a nourri les frustrations de la rue sunnite libanaise, qui soutient majoritairement la rébellion syrienne. En outre, en l’absence de leadership sunnite, puisque l’ancien Premier ministre Saad Hariri est hors du Liban depuis plusieurs années, les courants salafistes en profitent pour se présenter comme le rempart de cette communauté.
 
À terme, si la violence s’étend, le Liban pourrait faire face à une irakisation, c'est-à-dire à un conflit intercommunautaire sunnito-chiite généralisé, sur fond de crise syrienne, qui est à l’origine de cette affaire. N’oubliez pas que c’est de Saïda, grande ville sunnite d’un Sud-Liban majoritairement chiite, que sont partis les germes de la guerre du Liban, après l’assassinat de l'ancien député Maarouf Saad en 1975.

Première publication : 24/06/2013

  • LIBAN

    Combats meurtriers entre l'armée et des sunnites radicaux à Saïda

    En savoir plus

  • LIBAN

    Liban : la ville côtière de Saïda, nouveau foyer de tensions sunnito-chiites

    En savoir plus

  • MOYEN-ORIENT

    Le Liban pris en étau entre tensions confessionnelles et crise politique

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)