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Economie

Le co-fondateur de Deezer revient pour bousculer le "cloud"

© Stream Nation

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 25/06/2013

Si Stream Nation, le nouveau service de stockage en ligne de Jonathan Benassay - co-fondateur du site de streaming musical Deezer - ressemble à ses concurrents, il apporte du sang neuf, notamment en matière de respect de la vie privée.

Il n’avait pas fait parler de lui depuis son départ du site de streaming musical Deezer en 2010. Jonathan Benassaya, co-fondateur de ce fleuron du Net français, revient avec un nouveau service en ligne. Cet entrepreneur installé aux États-Unis décide de s’attaquer à à l’une des technologies les plus en vogue actuellement, le “cloud” (stockage des données en ligne). Si son nouveau site, Stream Nation*, peut paraître anodin, le projet est en fait au carrefour de toutes les grandes tendances qui agitent actuellement le Web et la net-économie.

En débarquant sur le marché du “cloud”, Jonathan Benassaya s’attaque à des acteurs plus qu’établis. Preuve que le secteur est porteur, Google (Drive), Apple (iCloud) ou encore Microsoft (Skydrive) et Dropbox offrent déjà des solutions pour stocker ses fichiers en ligne. Des services qui permettent ainsi de ne pas encombrer son disque dur.

Mais Stream Nation cherche à s’y faire une place en se différenciant au maximum. Tout d’abord, le site ne sert qu’à heberger des photos et des vidéos sans se soucier de la musique ou de documents texte contrairement à l’ensemble de ses concurrents. Ensuite, la présentation n’a rien à voir avec celle très austère proposée par Google Drive ou Dropbox. “Nous voulons un service familial facile à utiliser par tout le monde”, explique Jonathan Benassaya. Au lieu d’une interface commune à la plupart des services de stockage en ligne, qui ressemble à une arborescence de fichiers, Stream Nation présente les photos et les vidéos comme dans un album. Ce nouveau service cherche donc à faire sortir le “cloud” de l’univers geek pour le mettre à portée de tous.

La vie privée avant tout

L’autre ambition de ce nouveau service réside dans la volonté de faire un “cloud” aussi privé que possible. “Aucune des photos et des vidéos mises en ligne ne pourra être indexée par Google afin d’éviter qu’une image de son enfant ne se retrouve visible par tous”, martelle Jonathan Benassaya. Les fichiers partagés avec d’autres membres de Stream Nation ne pourront pas non plus être téléchargés par eux.

Une obsession du contrôle laissé à l’utilisateur qui a poussé Jonathan Benassaya à refuser la tentation “réseau social” pour Stream Nation. Les polémiques actuelles autour du programme de surveillance Prism de la NSA ou du respect de la vie privée sur Facebook pourraient, à cet égard, représenter une sacré aubaine pour Jonathan Benassaya. Convaincu que “le respect de la vie privée est le nouveau secteur porteur de l’Internet”, l’entrepreneur assure que tout est fait pour que personne ne sache ce que les utilisateurs stockent sur les serveurs de Stream Nation. De quoi rassurer tous ceux échaudés par les révélations sur les tendances cyber-fouineuses des services de renseignement. Seul hic et non des moindres : certains pourraient également y trouver un nouveau havre pour stocker du matériel illégal, comme des films piratés ou des images pédopornographiques. “Nous ne saurons en effet pas ce que les utilisateurs mettent en ligne”, reconnaît Jonathan Benassaya.

Luxembourg, mon amour ?

Au-delà du service en lui-même, le projet illustre également la mondialisation de la net-économie. Mise à part la nationalité de l’entrepreneur, rien ou presque ne rattache le projet à la France. La société-mère de Stream Nation est aux États-Unis où il est plus facile de lever des fonds (un fonds d’investissement américain a ainsi mis 4 millions de dollars dans le projet). La filiale européenne Digital Nation est basée au Luxembourg pour des raisons fiscales. Le Grand Duché propose en effet certaines exonérations particulièrement intéressantes pour les start-up.

À l’heure où Google et Apple se font épingler pour leur optimisation fiscale très poussée, Jonathan Benassaya assume parfaitement sa préférence pour un paradis fiscal. “À partir du moment où c’est légal, il serait idiot de s’en priver”, assure-t-il. Il trouve que le procès fait aux géants du Net est hors-sujet : “Vu le nombre d’emplois créés par un groupe comme Apple, je ne pense pas qu’il soit justifié de s’en prendre à ses pratiques fiscales”.

Jonathan Benassaya espère que son nouveau bébé atteindra le point d’équilibre financier d’ici un an. Pour ce faire, il faudrait qu’entre 25 et 30 000 personnes souscrivent à son "cloud".

*Le stockage est gratuit jusqu’à 10 gigabytes puis coûte entre 4 dollars par mois (100 gigabytes) et 19 dollars par mois (espace illimité).

Première publication : 25/06/2013

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